Une jolie animation en cliquant sur le site de nespresso
Il était une fois, un peu plus loin vers les monts Malabar ... °
C'est étrange, l'exotisme des saveurs et les mots charmeurs, me font plonger dans les souvenirs gustatifs de mon enfance:
Tiens, tiens!... Malabar! Malabar* en 1969 je m'en rappelle, le malabar valait 10 centimes (de nouveau franc), c'est à dire deux fois plus cher que le Carambar* ... il était plus costaud. Ce sont les deux seuls prix de cette époque dont je me souvienne! C'était bien là mes seuls achats. J'en achetais quelques fois à la gare routière de Senlis en attendant le car. Moi, je préférais les carambars, mon frère, lui, était fou de malabars, il pouvait faire de super grosses bulles qui claquaient au grand dégoût des grands, avec une odeur dingue, complètement neuve. En bonus, il y avait des tatouages! Je n'avais pas encore bu du Coca-Cola* que j'ai découvert à 13 ans! Mais ce que je préférais le plus, c'était les bonbons Kréma*, je les avais découverts plus tôt, tout en en ayant que de rares joies. La toute première fois, Jean-Claude (Mon Oncle) m'en avait régalé lors d'un viron en voiture, en Bretagne. J'avais peut-être 9 ans et j'étais parti avec lui, tout seul. J'étais fier d'être avec un grand pas vieux! Et Ah! la découverte de ce goût de réglisse et de cette consistance était magique, unique car personne d'autre (les grands vieux...) n'achetait jamais de tels bonbons en sachet. C'était aussi précieux que les délicieux et rares Mazapans recouverts de chocolat noir que maman m'achetait aux Nouvelles Galeries du Havre. Ils étaient emballés dans un papier métallisé doré recouvert d'un film en celluloïd bruyant lorsqu'on l'ouvrait. Ah! je raffolais de cette douce odeur d'amande.
Et voilà que je rebondis sur un souvenir gustatif plus ancien. J'avais 7 ans, nous habitions rue Georges Heuillard au havre. Une petite épicerie nous permettait de nous ravitailler pas très loin de l'appartement. J'ai dû avoir le droit d'y aller acheter, seul, quelques emplettes de temps à autres. A cette occasion, j'avais l'immense bonheur de pouvoir ajouter aux achats une boite... pas n'importe laquelle... métallique et cylindrique d'une dizaine de cm sur huit... se décapsulant par le dessus et libérant une phénoménale et exotique odeur de cacahuètes salées. Aucune autre marque n'égalait ni son croquant, ni son goût.
Dans la boité aux trésors gustatifs de mon enfance, le chocolat occupe aussi une grande part. La petite boite de chocolat Poulain en poudre qui accompagnait le rituel du goûter chez mamy Henriette. C'était bon! mais ce délicieux goût chocolaté avec une pointe de banane n'était rien à côté d'une découverte qui fit exploser mes papilles: Le chocolat préparé par madame Varland. Celui que mon institutrice de classe préparatoire, m'avait concocté, à moi tout seul, pour étancher mes larmes après que j'eus attendu très longtemps qu'on vienne me chercher (une heure ou des heures... je ne m'en souviens plus du tout). Elle avait préparé avec patience et méticulosité le breuvage consistant et fort. Magique, j'étais redevenu serein, oubliant l'intempérie de l'attente. Ma nounou, Brigitte, n'était pas venue me chercher à la sortie de l'école croyant que maman me ramènerait elle-même à la maison après la sortie de ses cours. La mésentente m'avait paru une abominable disgrâce. Mais comme toute médaille a son revers, la consolation avec les puissants arômes du chocolat noir VanHoutten fut un bonheur inoubliable.
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Un peu plus tard, j'eus une institutrice d'origine indienne. C'est peut-être le seul pédago que je n'ai jamais aimé. Elle était grosse et impressionnante. Et une foi, elle fit une erreur de correction sur un de mes cahiers; mon père en fit la remarque gentiment au crayon; lorsqu'elle vit la mention (mon père avait dû prendre des précautions pour les termes utilisés); elle entra dans une colère furieuse en jetant violemment tel un frisbee au fonde de la salle de classe; j'étais penaud, ahuri d'avoir oser défier l'autorité, triste, colère tout à la fois. Depuis les Indes sont toujours restées non seulement exotiques, mais mystérieuses et surtout inquiétantes.
Et pourtant, cette épreuve m'a je crois à tout jamais guéri de la crainte de l'Autorité car elle pouvait toujours être bravée à bon escient!
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La langue française utilise de nombreux mots exotiques d'origine indienne via la langue anglaise, arabe ou portugaise:
communs à plusieurs langues indiennes:
bouddha, nirvana, karma, yoga, bodhisattva, punch (cinq), tapioca, veranda,
hindî:
ananas, bétel, châle (persan via hindî), chintz, jungle, pyjama, shampoing,
hindoustanî:
bungalow,
marâthî:
tank,
sanscrit:
avatar, camphre, sucre (via l'arabe),
singhalais:
anaconda,
tamoul:
cari, catamaran, pagode, paria, patchouli, vétiver,
etc...