L'année 2008 sera l'année la moins chaude depuis 1999 dans le monde, a affirmé, mardi 11 novembre, Phil Jones, directeur de l'unité en recherche climatique de l'université britannique d'East Anglia. 2008 se classera cependant au dixième rang des années les plus chaudes depuis 1850, précise ce spécialiste du climat, selon lequel la communauté internationale sous-estime le réchauffement climatique. 1998 reste l'année la plus chaude depuis que les mesures de température existent, suivie par 2005 et 2003. Phil Jones explique ce relatif " ralentissement " dans le réchauffement par l'influence exceptionnelle, cette année, du phénomène de refroidissement naturel dans l'océan Pacifique connu sous le nom de la Niña. - (Reuters.)
L'expression El Niño ("l'Enfant Jésus" en espagnol) était utilisé pour désigner les courants océaniques chauds le long des côtes sud américaines (Équateur, Pérou). Ils apparaissent au moment de Noël et durent quelques mois. Comme les poissons sont alors moins abondants, les pêcheurs peuvent rester avec leurs familles pour les fêtes. 
L'expression a été ensuite utilisée pour désigner les intervalles exceptionnellement chauds du sud-pacifique, notamment en 1982-1983 qui provoquent des répercussions climatiques à l'échelle de la planète. Les Alizés, vents d'est en ouest de surface, sont plus faibles et ne tempèrent plus aussi efficacement les îles à l'ouest. Ils s'inversent et provoquent un temps orageux à l'est. La flore et la faune marines des Îles Galápagos comme de tous les autres biotopes spécifiques sont affectées. Les sardines se déplacent vers les eaux plus froides chiliennes. Plus vers l'ouest, les typhons se sont formés sur des routes inhabituelles en remontant jusqu'à Hawaii ou Tahiti. Ces anomalies ont aussi déplacé les pluies des Moussons, laissant la sécheresse s'étaler en Indonésie et en Australie et en favorisant de gigantesques feux de forêt. Tandis que des orages déferlent sur la Californie et je m'en souviens très bien.

Sir Gilbert Walker a fourni un élément important à la compréhension d'El Niño quand il découvrit que les pressions au niveau de la mer dans le Pacifique sud oscillaient entre deux états distincts. Pendant une phase d'indice haut de ce que Walker a dénommé “Oscillation Australe” (en haut, pour novembre 1988), la pression est plus élevée (rouge sombre) près et à l'est de Tahiti que plus à l'ouest de Darwin. ce gradient de pression le long de l'équateur entraîne l'air vers l'ouest (flèche longue). Quand l'atmosphère bascule dans une phase d'indice bas (en bas, pour novembre 1982), les baromètres sont à la hausse dans l'ouest et à la baisse dans l'est, signalant une réduction, voire une inversion, de la différence de pression entre Darwin et Tahiti. L'aplatissement de cette structure de pression provoque l'affaiblissement des alizés de surface, et leur retrait vers l'est. On sait que cette phase d'indice bas est habituellement accompagnée de conditions El Niño.
La Niña (la petite fille en espagnol) fait référence à El Niño. Les phénomènes maritimes et climatiques engendrés par La Niña sont globalement inverses de ceux d'El Niño. La Niña concerne les eaux équatoriales de surface (~10m) de l'océan Pacifique qui deviennet anormalement basses. Mais, ces 2 phénomènes ne semblent pas nécessairement induits l'un par l'autre.
Le refroidissement des eaux au large de l'Amérique du Sud survient tous les quatre à sept ans. La circulation atmosphérique équatoriale se trouve renforcée et favorise les précipitations. Cette année ce phénomène a touché l'Afrique subsaharienne a ainsi reçu de fortes précipitations.