- L'amer pour rentrer au port -

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dimanche 20 février 2022

Les leçons du Héron et du Rat ....

J’ai eu pendant très longtemps avec moi d’abord dans ma chambre puis dans 3 appart’ un héron cendré empaillé. Je l’avais acheté dans une salle des ventes avec ma mère… C’était très original. Et je me rappelais toujours la fable de La Fontaine que j’avais apprise étant petit… Moi Héron que je fasse…

Ne jamais rien dédaigner !
... Et surtout apprécier ce que l'on a !

Avec Voltaire et son Candide, je crois que ce sont là les 2 ouvrages qui m’ont beaucoup marqué. Peut-être le plus car j’étais jeune. J’y pense toujours comme si c’était hier 😊 Je viens d'écrire à Jean en Nouvelle-Zélande ces quelques mots pour le remercier des très photos qu'il vient de m'envoyer.


Le Héron
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre ;
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit.
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments l'appétit vint : l'oiseau
S'approchant du bord vit sur l'eau
Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le rat du bon Horace*.
Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?
La Tanche rebutée il trouva du goujon.
Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit, il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants ce sont les plus habiles :
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner ;
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris ; ce n'est pas aux Hérons
Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ;
Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.
Jean de LA FONTAINE
1621 - 1695

* Le rat du bon Horace fait référence poète latin Horace qui avait raconté la visite du rat de ville chez le rat des champs bien avant que La Fontaine en fit une fable avec une version différente.

Le Rat des villes et le Rat des champs

Un jour, un rat des champs reçut, dit-on, dans son pauvre trou un rat de ville : vieil ami il recevait un vieil hôte. Dur à lui-même et ménager de son bien, il savait toutefois se relâcher de ses habitudes étroites les jours d'hospitalité. Bref, il ne refusa ni les pois mis en réserve, ni l'avoine effilée; il apportait à la bouche le raisin sec, donnait des rogatons de lard quelque peu rongé, voulait par la variété des mets triompher des dégoûts d'un convive qui ne touchait à tout que du bout des dents ; et lui, l'amphitryon, étendu sur de la paille fraîche, il se contentait de grains de blé ou d'orge, et laissait à son hôte le meilleur des plats. Le citadin qui n'y tient plus :
« Quel plaisir trouves-tu, mon ami, à vivre si tristement sur le dos de ce bois escarpé ? Pourquoi ne pas préférer les hommes et la ville à cette forêt sauvage ? Crois-moi, viens avec moi. Puisque tout ce qui respire sur la terre n'a qu'une existence mortelle, puisque grands et petits ne sauraient échapper à la mort, profite du temps qui t'est accordé, mon cher; donne-toi du plaisir, sois heureux ; songe, hélas, songe à la brièveté de la vie. »
Ce discours ébranle notre campagnard, qui, d'un saut léger, s'élance déjà hors de son gîte. Les voilà tous deux trottant de concert vers la ville; ils veulent profiter de la nuit pour se glisser sous les murs. La nuit avait déjà parcouru la moitié de sa course céleste lorsque nos gens arrivent; ils vont s'installer dans une maison opulente où sur des lits d'ivoire brillaient des étoffes écarlates, où s'étalaient les restes abondants du magnifique souper de la veille, où l'on voyait dans un coin cent corbeilles amoncelées. Notre citadin a bientôt établi le campagnard sur un tapis de pourpre, et lui, bel et bien troussé, il va, vient, fait succéder les plats aux plats; attentif, alerte comme un valet de bonne maison, et goûtant le premier tout ce qu'il apporte. L'autre, mollement étendu, se loue fort de cet heureux changement de fortune, et, se voyant à pareille fête, se conduit en joyeux convive. Mais voilà que tout à coup un grand bruit de portes fait sauter notre couple en bas du lit. Et de courir, éperdus, par toute la chambre, pendant que du haut en bas la maison retentit des aboiements d'affreux molosses. Alors le campagnard :
« - Merci, dit-il, ce n'est pas là la vie qu'il me faut. Adieu, ma forêt et mon trou, où j'ai la sécurité, me consoleront de mes pauvres lentilles. »
Horace 
Satire, II, VI, 80-117

Source :  Horace. (cosmovisions.com)

Une autre belle leçon de conduite venue du passé mais toujours d'actualité. 

lundi 14 février 2022

Locution latine

“A bove ante, 

ab asino retro, 
a stulto undique caveto”

Prends garde au bœuf par devant, 
à l'âne par derrière, 
à l'imbécile par tous les côtés

vendredi 11 février 2022

Bodytap

 

200 collégiens interprète le Boléro de Ravel en "bodytap" 

lundi 7 février 2022

Gaulois

La BNF nous fait une jolie présentation invitant sur Facebook à une conférence dédiée au gaulois dans le cycle « Archéologie des écritures »  :

Le gaulois est une langue méconnue, qui a pourtant laissé dans notre langue française beaucoup de mots comme la charrue, le béret, la glaise, la cervoise, la suie, ou encore la ruche. A l’approche de notre prochaine séance du cycle « Archéologie des écritures » dédiée au gaulois, nous vous emmenons à la découverte de cette langue.

Les linguistes classent le gaulois comme une langue celtique continentale. Il a été parlé et écrit principalement en Gaule. Jusque-là pas de surprise, direz-vous. Mais la Gaule est en fait une région qui couvre, dans sa plus grande étendue, la France moderne, la Belgique, le Luxembourg, la majeure partie de la Suisse, l'Italie du Nord et certaines parties des Pays-Bas et de l'Allemagne !

Pendant longtemps, on a pensé que les Gaulois n’écrivaient pas. L’explication vient en partie d'un passage de la « Guerre des Gaules » de César, dans lequel il explique que les druides ne consacrent pas leur apprentissage à l'écriture.
Les découvertes archéologiques ont rapidement démontré que les communautés de langue gauloise utilisaient plusieurs écritures, principalement latines et grecques, pour leur propre langue en Gaule, ainsi qu'une variante de l'écriture étrusque en Gaule cisalpine, et ibérique en Gaule du sud-ouest. Plusieurs centaines d'inscriptions en gaulois permettent aux chercheurs aujourd’hui de mieux comprendre cette écriture.
Pour aller plus loin dans sa découverte et sa compréhension, nous vous invitons à la séance du cycle « Archéologie des écritures » dédiée au gaulois.


Sources : 
Le « recueil informatisé des inscriptions gauloises » RIIG (huma-num.fr)

Seiche


Le mot Supion est pas employé dans le sud-est et Chipiron dans le sud-ouest, ailleurs on dit Calamar, Encornet ou Seiche our désigner différents taxons de l’espèce Loligo vulgaris

dimanche 6 février 2022

Ver tapis persan

Le ver tapis persan a un double pénis...
Une scène du documentaire "Planète animale, les jeux de l'amour", raconté par Alexandra Lamy

samedi 5 février 2022

Ski Courchevel

Encore une belle journée de ski
à Courchevel
avec Sylvie et Pierre W.

jeudi 3 février 2022

"Le projet REACHER"
Silvia Lasala cherche à exploiter le potentiel de l'exploitation de l'énergie chimique dans des cycles thermodynamiques pour les optimiser.



De façon classique, la combustion dans une centrale à charbon produit de la chaleur qui est absorbée par
des fluides de l’eau, du dioxyde de carbone ou encore de l’air. "Ces fluides absorbent la chaleur dans une chaudière et la convertissent en travail mécanique dans une turbine, qui fait tourner un alternateur pour produire de l’électricité. Aujourd’hui, lors de ces transformations énergétiques du fluide, les molécules qui le composent ne modifient pas leur structure moléculaire, mais, seulement, le niveau d’agitation des molécules".

Silvia Lasala et son équipe vont explorer une autre façon de voir les choses : "Dans ce projet, on va étudier et tenter de découvrir des fluides qui permettent d’utiliser leur énergie chimique, c’est-à-dire des molécules qui se dissocient et se réassocient rapidement et de manière réversible pendant ces transformations. Cela permettra d’exploiter, simultanément, l’énergie thermique et chimique de ces nouveaux vecteurs d’énergie.".
"C'est la première fois que l'on transforme, simultanément, deux formes d’énergie, l’énergie chimique et l'énergie thermique. On ne le fait jamais dans les procédés de conversion de l'énergie. On a toujours la transformation d'un type d'énergie vers un autre. Par exemple, on sait transformer de la chaleur en travail mécanique dans nos voitures et dans les centrales thermiques. On sait aussi transformer de l’énergie chimique en électricité comme dans des batteries. De la même manière, on sait transformer de l’énergie chimique en chaleur avec la combustion ; de l’énergie mécanique en électricité avec les alternateurs hydrauliques et éoliennes".

mercredi 2 février 2022

Irak en juin 2021

Romain Miot qui est déjà à Wallis, était l'invité de "Déjà debout" sur les ondes de Radio
Je vais bientôt l'y rejoindre, le 3 avril pour une troisième mission en tant que pharmacien remplaçant j'ai hâte de retrouver les ilots autour du lagon et plonger dans l'eau à 30°C...
Je partage ce post avec vous car Romain parle dans l'émission du beau voyage que nous avons fait avec Stephane en juin 2021 en Irak.
Après ma seconde mission à Wallis à notre retour dans l'avion, je lui avais demandé 3 jours de réflexion pour me décider à le suivre dans ce voyage hautement improbable pour la plus part des personnes que nous connaissons. J'ai eu raison de faire confiance à Romain car il avait très bien préparé ce Middle-East Trip avec Haval. Je n'ai jamais ressenti d'insécurité au cours du voyage. A 64 ans j'y ai même fait mon premier tour dans une grande roue ! impensable, non ?
Nous n'avions que peu communiqué sur les réseaux sociaux durant le voyage dans un souci de sécurité. Il nous reste donc beaucoup à raconter. A contre-temps, c'était un peu compliqué, je vais donc profiter de cette occasion pour évoquer quelques souvenirs et dire l'émotion qui nous colle encore à la mémoire.
J'ai adoré aussi ce voyage en Irak et où j'ai apprécié l'accueil chaleureux des habitants ... Ils étaient si surpris de nous rencontrer. Ils se demandaient bien d'où l'on venait et ce que l'on venait faire... des touristes venus admirer leur pays, ils n Je vais bientôt l'y rejoindre, le 3 avril pour une troisième mission en tant que pharmacien remplaçant
j'ai hâte de retrouver les ilots autour du lagon et plonger dans l'eau à 30°C...
Je partage ce p'en revenaient pas ! Cela donnait encore davantage de sens à notre voyage. Ils étaient surpris de rencontrer des Firenzé ... des Français... et l'accueil était encore plus joyeux. Tous voulaient se prendre avec nous en selfies.
Non seulement les sites historiques de Babylone, Ur et d'Uruk, les fabuleuses premières cités états, m'ont époustouflé, subjugué et ravi de découvrir ce que j'avais envie de 'voir' en vrai après m'être promené au Louvre avec ma mère quand j'avais 12 ans mais aussi j'ai été submergé d'émotion en étant le témoin oculaire des destructions récentes comme à Mossoul.
Les Irakiens ne se découragent pas, c’est visible ! Les jeunes ingénieurs et architectes irakiens pour la rénovation du minaret de la Grande Mosquée al-Nouri à pied d’œuvre nous ont communiqué leur bel enthousiasme. Il reste beaucoup à faire pour restaurer la vieille ville, l’Unesco a démarré un programme pour « faire revivre l’esprit » de la ville de Mossoul.
L'envie de vie est belle à voir, de repartir et reconstruire avec une avidité enthousiaste de modernité tout en respectant et en conservant les traditions de constructions. J’ai été fasciné par la beauté des constructions sur les îlots aux bords de l'Euphrate… avec des arches de roseau comme à l'époque sumérienne. La force de la précontrainte d'une étonnante "modernité" architecturale en l’absence de bois de coupe pour les poutres.
Tout près de Bassora nous avons plongé par 50°C à l’ombre dans l’Euphrate au sens propre ! … mais aussi au sens figuré avec les 3.000 km que nous avons parcourus dans le cœur de ce beau pays et avec les rencontres des habitants, au Café des Poètes de Bagdad avec un vieil habitant francophone qui m’a déclamé Verlaine avec une sincérité incroyable « Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville … » ou quand mon bras droit suivait le rythme et me plongeait dans l’émotion collective et fervente lors de Latmiya emmené par un récitateur (appelé « radoud ») à Karbala, suivi par l’invitation inattendue et généreuse à partager le repas de commémoration donné dans la rue aux habitants du quartier en l’honneur d’un disparu…

Il m’a semblé que les Irakiens aspirent sincèrement à la paix. Elle leur a été si impossible et inaccessible pendant 2 générations, tant et si bien qu’elle pourrait maintenant encore paraître impossible à atteindre