Le
pommier sauvage g. Malus sieversii, l’ancêtre vivant de
toutes les pommes cultivées, est endémique dans les montagnes d'Asie centrale
est transnationale, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en
Chine.
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En 1793 le
naturaliste allemand Johann August Carl Sievers
décrit les premiers specimens qu’il avait repéré dans les montagnes de l'Altaï
et qu’il nomme Pyrus sieversii,
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Dès 1929,
le russe Nicolaï Vavilov repère aussi ces pommiers dans la région du Tian shan 天山, émet l’hypotèse que cette région est le
centre de l’origine de la pomme consommée mondialement, et son disciple Aymak
Djangaliev recense les pommiers les différentes variétés de Malus sieversii,
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En 1989 le
généticien Herb Aldwinckle redécouvre au Kazakhstan les immenses forêts de
pommiers sauvages,
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En 2002
généticien Barrie Juniper confirme que Malus sieversii est à l’origine de
toutes les pommes cultivées,
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Fin 2009,
une équipe européenne dirigée par Velasco établit le séquençage du génome
complet de la pomme. `
Alma,
le nom de la pomme en langue kazakhe et Kirghize, a donné son nom à l'ancienne
capitale, Almaty (avec le sens de ‘riche en pommes’) et qui fut aussi appelée
entre 1921 et 1993 Alma-Ata (avec le sens ‘grand-père des pommes’).
Les
vastes forêts de pommiers kazakhs s’étalent dans des milieux très variés et
comportent une grande diversité génétique qui produit des fruits, les pommes de
taille, de couleur et de goût très variables :
- de
petites de quelques millimètres à des plus grosses de 200 g,
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des rouges, des vertes, des jaunes, plus ou moins zébrées,
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acides, astringentes ou plus gourmandes voire sucrées.
L’aire
de répartition de ces forêts est large s’étalent en bord de steppe dans les
piémonts jusqu’ à une altitude de 2400 m, tout autour de la rivière Ili,
coincée entre la Chine et le Kirghizistan avec au nord dans le massif de l'Altaï
et au sud le massif du Tian shan 天山 et qui s’écoule
d’est en ouest vers le lac Balkhash. Elles sont clairsemées sur les crêtes
arides et denses dans les vallées sur les berges humides des rivières où les
pommiers peuvent mesurer s’élever jusqu’à plus de 30 mètres et vivre plus de
trois cents ans.
Les
pommiers sauvages s’adaptent à toute sorte de sol, riches ou plus arides.
Ils
résistent à des températures assez extrêmes, lors des hivers froids rigoureux
jusqu’à -40°C dans le nord et lors des étés secs jusqu’à +40 °C ...
Leur
biotope rassemble d’autres plantes comestibles :
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des arbres : aubépine, sorbier, érable, chêne, tilleul, peuplier, figuier,
prunier, poirier, cerisier, amandier, abricotier ;
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des arbustes : argousier, berbéris, framboisier, mûre, rhamnus ;
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des lianes : houblon, chèvrefeuille, vigne ;
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des buissons : rosier, cotonéaster, groseillier ;
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des plantes herbacées : graminées, géranium, mauve, fraisier, tulipe et
rhubarbe.
Et
avec ces associations naturelles de plantes comestibles, ce biotope ressemble
davantage à un verger qu’à une forêt sauvage. Cette riche symbiose explique
peut-être la haute résistance des pommiers aux parasites et aux maladies
fréquentes dans nos vergers (la tavelure l’oïdium et le feu bactérien). Les
insectes associés au biotope, protègent les pommiers, les fraisiers et les
framboisiers, des psylles et des pucerons.
Les
ours ont participé à l’extension des pommiers sauvages. En effet ils repèrent
les arbres aux fruits les plus sucrés, les croquent et n’oublient pas de
revenir chaque automne se régaler des pommes. Ils propagent les graines qui
transitent intactes dans leur tube digestif et qui sont dispersées avec leurs
excréments. Ils permettent ainsi aux variétés avec les fruits les plus sucrés,
gouteux et charnus de se répandre selon leur déplacement.
pomus « fruit » en
latin
Malus domestica a été ‘domestiqué’
par l’homme qui a sélectionné certains arbres donnant de grosses pommes de l’espèce
sauvage Malus
sieviersii endémique dans les montagnes du Tian Shan.
L’invention de la greffe, il y a environ quatre
mille ans, a permis de stabiliser les génotypes sélectionnés au fil des
croisements et surtout permis de les multiplier les variétés.
Les routes de la soie ont permis l’extension de la
culture de ces variétés, de proche en proche, au Moyen-Orient, en Grèce et en
Europe. Le pommier sauvage européen Malus sylvestris s’est ainsi trouvé supplanté,
sauf pour faire le cidre.
Au XIXe siècle de très nombreuses variétés
savoureuses ont été sélectionnées. Cinq cent vingt-sept variétés de pommes sont
décrites dans le Dictionnaire de pomologie par le pépiniériste André Leroy en 1873,
qui fait encore référence aujourd’hui. Puis cette diversité a décliné au cours
du XXe siècle, quelques variétés mieux adaptées aux cultures extensives ont été
largement commercialisées au détriment de nombreuses variétés anciennes laissées
dans l’oubli, pour répondre à des standards assez uniformes et peu variés de la
grande distribution.
Sources :