- L'amer pour rentrer au port -

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dimanche 27 novembre 2011

Minorités et Marches

L'évolution de la diplomatie turque ne laisse présager rien de bon pour les minorités de Syrie. Le premier ministre turque pousse ses pions et n'hésite pas à interférer directement dans le rapport de force régional. En retour la Syrie a modifié sa position par rapport aux Kurdes.
Les ficelles de la coercition du passé vont elles être tirée de façon similaire ?
En 1939 la Turquie avait replacé sous sa souveraineté (c.a.d. tout simplement 'annexé' ... ) une province entière, celle du sandjak autonome d'Alexandrette créée par les Français et maintenant appelée «province du Hatay» où vivait une forte population turcophone, en faisant pression stratégique sur la France pour qu'elle accepte le transfert de souveraineté avant l'échéance du mandat international de la S.D.N. qu'elle avait depuis 1920 sur la Syrie et qui allait se terminer.
Laisser la Turquie dépitée hors de l'Europe, en électron libre, ne me semble décidément vraiment pas raisonnable avec des conséquences plus graves encore que les problèmes qui se poseraient avec sa pleine intégration. Et la lecture de l'éminent professeur Davutoğlu ne peut que valider ce point de vue. La Turquie est partagée entre aspirations, celle d'intégrer l'Europe et celle de devenir, sans se contenter de rester aux marches de l'Europe, un « État central » de l'Eurasie complexe et turbulente.
Les hommes politiques européens en s'opposant à l'entrée de la Turquie en Europe, avec finalement une position plus musulmanophobe que xénophobe, risquent tout simplement de faire le jeu des religieux extrémistes. Et leur veto risque indirectement d'être douloureux voire fatale pour les chrétiens du Levant qui constituent la minorité la plus vulnérable. Autrefois le traité de Lausanne avait remplacé celui de Sèvre en partie pour permettre aux minorités confessionnelles turques de pouvoir pratiquer leur culte, en vain !
Pour l'instant, face aux sunnites, les minorités druzes, chrétiennes, ismaéliennes, kurdes ne semblent pas encore avoir choisi de faire défaut à la minorité des alaouites qui dirigent le pays depuis 1961.
Il me semble que le plus grand danger pour le Levant, serait que la Turquie s'éloigne de la 'laïcité' et franchisse le cap de la politique de bon voisinage à "zéro problème" qu'elle s'imposait de tenir jusqu'alors en tant que membre de l'OTAN. L'obédience sunnite de la majorité des Turques pèserait alors lourd dans l'équilibre des forces religieuses dans une région où depuis longtemps l'Iran (et ses chiites) et l'Arabie, aiguillonnée actuellement par le Qatar, (et ses sunnites) s'opposent. Espérons ne pas avoir à retourner à la case départ avec Perses, Arabes et Hittites.

mercredi 9 novembre 2011

Un Peuples sans autre Pays que Des Frontières …

L'Histoire peut présenter de façon obstinée plusieurs fois le même plat, pas toujours avec la même cuisson !
L’infographie présentée dans Le Figaro du 11.11.08 doit être aussi lue autrement :
~ 48% des Kurdes résident en Turquie, 27 % en Iran, 18 % en Irak, 6 % en Syrie et un faible pourcentage en Arménie, en Azerbaïdjan et au Turkménistan … Les 30 millions sont à cheval sur 8 pays !
La création d'un état kurde indépendant avait été prévue en 1920 par le traité de Sèvre. Celui de Lausanne de 1923, cité dans l'article du Figaro, fit finalement passer à la trappe les précédents bonnes résolutions de Mustapha Kemal envers les Kurdes (dans la négociation, il était prévu que la République de Turquie accorderait l’accès au culte des différentes religions contre l’abandon de la création d’un Kurdistan qui n’a jamais vu le jour !).
J’ai recherché les périodes d’indépendance kurde. Toutes n’ont jamais été reconnues par des traités internationaux, concernaient de faible portion de territoire, et n’ont duré que très peu de temps : le XIXe siècle a vu surgir de brèves principautés kurdes indépendantes comme le minuscule Émirat Soran de 1816 à 1836 à cheval sur l’Irak et l’Iran et le XXe siècle a vu 4 épisode d’indépendance relative, le court Royaume du Kurdistan du cheikh Mahmud de Suleymania au nord de l’Irak entre 1922 et 1924, puis l’éphémère Royaume du Kurdistan (2ième du nom) dans l'est de la Turquie en 1925, la République d'Ararat autoproclamée entre 1927 à 1931 (située en Turquie actuelle), la brève République de Mahabad dans le nord-ouest de l’Iran en 1946.
La Crise en Syrie engendrerait-elle le nouvel embryon d'une entité autonome ? Sera-ce salvateur pour les Kurdes ? La faiblesse des uns permet le sursaut des autres de façon très classique. Bachar el-Assad en rétorsion contre l’abandon du soutien d’Erdogan, joue le jeu de ‘l’ennemi de mon ennemi devient mon ami’. Il a donc laissé rentrer d'exil Mohammed Saleh Mouslim, leader kurde du PYD version syrienne du PKK (interdit en Turquie) et permet maintenant des élections locales de Comités de citoyens, des écoles kurdes, l'enseignement en langue kurde, de chanter lors du lever du drapeau national kurde, l’hymne national kurde.
De forts signes régaliens ! Resteront-ils l’apanage d’uniquement quelques Kurdes, les 6 % de Syrie ? Non probablement, il sera difficile de cantonner les avantages. Déjà, une autonomie pour le quart des Kurdes, ceux d’Irak, avait ouvert la brèche. Elle devrait continuer à s’élargir. Mais comment?
Les Kurdes (j’utilise volontairement le K majuscule) sembleraient être seuls contre tous, sans véritables alliés. Les Kurdes habitent majoritairement dix des plus orientales provinces du plateau anatolien de la République de Turquie où on n’est pas vraiment libre de circuler. En Irak, les Kurdes vivent au nord dans la Région autonome du Kurdistan dirigée par un Gouvernement régional du Kurdistan mais les États-Unis ne vont plus garantir militairement la relative tranquillité à cette région, puisqu’ils rapatrient leurs troupes.
Pour l’instant seuls les 2 pays du sud, l’Irak et la Syrie, on fait bouger la donne qui concerne que le1/4 des Kurdes.
Aucune évolution n’est apparue au nord, la situation reste figée entre 2 états forts l’un sunnite la Turquie et l’autre chiite l’Iran. Les tensions démographiques y sont les plus fortes car c’est dans ces 2 pays que résident les 3/4 des Kurdes. Les Kurdes (le 1/5ème) qui résident en Iran, s’y sentent beaucoup plus minoritaires (10%) que les Kurdes (la 1/2 des Kurdes) qui résident en Turquie mais où ils représentent 20% de la population et sont majoritaires dans leur région.
Avec une logique imparable, les Kurdes vont continuer à chercher à se fédérer et davantage entre eux plutôt qu’avec une autre nation. Et comme il semble improbable qu’un état abandonne, gratis, une partie du sol qu’il revendique et qui a été entériné par des traités, l’existence du Kurdistan reste donc que très virtuelle et hypothétique, à moins d’une sécession unilatérale peu probable faute de soutien. Le conflit va rester larvé, perdurer et maintenir la région sous pression.
L’Occident au XXe siècle a failli, c’est un des défis géopolitiques que l’Orient et l’Occident au XXIe siècle devront résoudre. Le respect des nations à disposer d’elles mêmes, sans être lésées par d’autres nations ou par un tyran, est un droit majeur. Mais le Droit internationale n’a pas de solution prête à l’emploi dans ce cas précis. Une nation sans pays est en principe non représentée à l’O.N.U.
Une Résolution qui amènerait d’autres nations à ‘intervenir pour protéger des populations’ comme en Libye est peu probable. Les puissances de l’Orient échaudées lors de ce précédent historique, ne devraient pas vouloir jouer les cartes de la même façon !
L’Iran en tant que grande puissance régionale émancipée, n’admettra aucune ingérence comme les autres puissances régionales. La Russie parce qu’elle est encore liée à ‘je t’aime, moi non plus’ avec ses anciennes Républiques limitrophes ; l’Arabie occupée à protéger et à pérenniser son privilège rentier et tyrannique sur l’immatériel et le matériel : la Pierre noire, la Kaaba et l’Or noir, le pétrole ; la Chine parce qu’elle aurait alors des problèmes similaires à régler avec les Ouighours voir les Tibétains dont ‘la fédération’ avec les Hans n’a pas prise ; et l’Inde car elle-même revendique toujours la fraction du Ladhak, l’Aksai Chin, confisqué par la Chine il y a cinquante ans en 1962 quand en même temps l’Inde occupait l’Arunaschal Pradesh du Tibet que le Chine venait d’envahir ...
Je reviens au Tibet, un peu volontairement, car il est assez surprenant que l’empathie internationale de bon ton, aille différemment envers les Kurdes qu’envers les Tibétains. Il reste beaucoup de litiges à résoudre pour que l’Humanité puisse vivre en paix !

lundi 28 janvier 2008

L’hydre terroriste.

Voilà un article très intéressant sur les Violences au Liban dans

"... C'est chez nous que se règlent les comptes syro-saoudiens, que la Syrie véhicule ses messages aux Etats-Unis ..."
Heureusement l'article se referme sur une position, très optimiste et courageuse:
"... Ne désespérons donc pas, et l’histoire est là pour nous rassurer : à la barbarie succèdent toujours les lumières, et c’est de l’obscurantisme que naît inévitablement l’espoir.Grandeur, décadence, résurrection, un éternel recommencement. Mais pour nous il y a urgence : cela fait plus de trente ans que le malheur nous poursuit, nous tient compagnie !"

jeudi 3 août 2006

Liban, toujours

'Kali killed' Est-il besoin de blablatérer?
Tristesse, tristesse, tristesse ...

mardi 25 juillet 2006

Liban

Le conflit empire, sans qu'aucun Empire ne vienne à la rescousse.

dimanche 16 juillet 2006

Que vive le Liban

Capitale : Beyrouth Superficie : 10 000 km² Population (hab.) : 4,2 millions Densité : 420 hab./km² Monnaie : livre libanaise (0,0004980 €) Chef de l'Etat : Emile Lahoud Premier ministre : Fouad Siniora Gouvernement hétéroclite de coalition anti-syrienne (avec en son sein, des représentants du Hezbollah...).

Quatre marins israéliens ont péris dans l'atteinte d'une corvette [(SAAR 5), un des fleurons furtifs de la marine nationale israélienne], par un missile (de fabrication iranienne...). Et cette attaque fut annoncée quasiment en direct à la télévision par le leader du Hezbollah, le cheikh Nasrallah!
La riposte d'Israël est sévère: la marine et l'aviation israéliennes ont bombardé les ports de la capitale, de Jounyeh et de Tripoli afin de provoquer un blocus étanche ainsi que la destruction de ponts, routes et autres infrastructures. Cette offensive a fait de nombreuses victimes civiles et pousse les habitants du sud Liban à l'exode.
Quelle tristesse que de revoir des images de guerre dans un pays qui commençait timidement à se relever de tant d'années de conflit.
Pourvu que la pression internationale permette la mise en oeuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, ou tout du moins le désarmement des milices libanaises et la restauration de l'autorité gouvernementale démocratique libanaise pour que le Liban soit de nouveau souverain sur son territoire.
Mes amis libanais m'ont décrit le Liban, comme un pays de cocagne.
Quelle tristesse !
¨

Avec nostalgie, j'ouvre le roman d'Henry Bordeaux "Yamilé sous les cèdres" publié en 1923. Ces pages d'un autre temps... racontent une belle et poignante histoire d'amour. On peut y voir un symbole, celui des communautés qui ont coexisté autrefois avec un certain bonheur, mais ... c'est encore du passé!

Pourquoi citer cet écrivain suranné, élu à l’Académie française en 1919 au siège 20? Tous les jours, je passe dans une rue qui porte son nom! Il y a déjà quelques année, la curiosité m'avait fait découvrir un ce roman chez un brocanteur. Je n'ai pas oublié le charme de ce roman, écrit à la suite d'un voyage au Moyen-Orient.

Hélas, cet écrivain âgé en 1940(1870-1963), avec des valeurs morales traditionalistes et chrétiennes, prit position pour le maréchal Pétain ... Ensuite, il fut mis à l'écart par la nouvelle génération d'écrivains. On peut dire qu'il est actuellement oublié!