- L'amer pour rentrer au port -

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vendredi 25 avril 2025

Bonheur de Rien

Le bonheur de rien...
Danser libre comme le vent, 
Rire aux éclats comme le soleil 
Se blottir dans les bras de l’être chéri…

Laurent Fauvel

vendredi 3 avril 2020

Garten

Wenn die roten Rosen blühen,
Die goldene Sonne scheint,
Die hungrigen Bienen summen,
Die fröhlichen Vögel singen
Und der Gärtner hinter der Scheune
Versinkt immer mehr durch seinen Diener.
Warten Sie, bis ich komme !

mercredi 27 septembre 2017

Henry Longfellow

Je viens d'ouvrir un blog sur la géographie de langue portugaise. Je découvre dans un post, le premier numéro du National Geographic qui parle du Great Storm de mars 1988. Je m'arrête sur un poème qui sonne tout de suite merveilleusement bien à mes oreilles.
   ...
    I see the patient mother read,
    With aching heart, of wrecks that float
    Disabled on those seas remote,
    Or of some great heroic deed
    On battle-fields, where thousands bleed
    To lift one hero into fame.
    Anxious she bends her graceful head
    Above these chronicles of pain,
    And trembles with a secret dread
    Lest there among the drowned or slain
    She find the one beloved name.
 
   ...
William de Leftwich Dodge
Surf Under Red Skies
About 1906-20
Mais que veut dire wrecks, lest, drowned, slain ... épave, de peur que, noyé, tué ... voilà de nouveaux mots peu utilisés.
Il est dommage que ce poète ne soit pas mieux connu en France. J'apprends que son poème intitulé The Song of Hiawatha aurait inspiré les 2e et 3e mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonín Dvořák.

samedi 13 mai 2017

Thiou


Un sandwich au bord du Thiou, le temps s'étale en nonchalance, le soleil encore timide joue des clins d'œil sur l'eau verte et froide qui a fui les crêtes fraîchement reverdies.

La pluie


La pluie s’est installée doucement,

Jusqu’à la fête des très rares Servais …

Mon cairn de galets, luisant, devient palais,

La rose, tendre et discrète, exhale son chant,

Lourde, la marguerite hésite, et s’incline,

Dressé, l’iris résiste, et en conquérant domine.


Laurent Fauvel
LF170502

dimanche 25 janvier 2015

静夜思

床前明月光
疑是地上霜
举头望明月
低头思故乡

LI BAI 李太白 Lǐ Táibái 701-762 
Traduction libre
Pensées nocturnes et poétiques

Devant ma chambrée, le clair de lune éclatant
Magnifie ma terre, ou n'est-ce que le givre ?
Mon regard tendu parcourt l’horizon, je cherche l’astre lunaire,
Mais mon front entre mes doigts, je pense à mon village natal.
jìng yèsī 
chuáng qián míng yué guāng
yí shì dì shàng shuāng17 
 jǔ9 tóu wàng11 míng yuè 
dī tóu5 sī gù xiāng

samedi 5 octobre 2013

Apollinaris

lundi 15 juillet 2013

A Thing of Beauty

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make '
Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
All lovely tales that we have heard or read:
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.
Un joli poème de John KEATS
Je propose une traduction libre pour les premiers vers, et une photo ...
Un brin de beauté, toujours génère du bonheur,
Plus sa beauté est grande, plus il pérenne.
Le néant s’efface devant sa vive présence,
Son havre paisible alors propice aux songes
Nous offre de doux rêves calmes et salvateurs.
Ainsi, chaque jours et sans fin, tresserons-nous
Une étole de fleurs pour nous lier à la terre,
Malgré le désespoir, l'inhumaine incurie
En nobles créatures, surgies des sombres jours,
Vainqueurs des mille miasmes des chemins ténébreux.
Oui, hormis tout, continuons notre quête,
Soudain la beauté prend corps et jette son voile
Sur nos esprits en deuil. Le soleil ou la lune,
Animeront les ombres d'arbres de tout âge,
Où bêlent des brebis, tapies dans les jonquilles
Des vertes prairies où l'onde de clairs ruisseaux
Coule tranquille sous leur fraîche frondaison.
A l'heur estival, le parfum musqué des roses
Envoûte le monde des essarts, des bosquets.
Telle la grandeur de tous les tristes destins
Imaginés, chantés pour nos vieux héros morts;
Des sagas, des récits merveilleux du passé :
Source intarissable de l'ambroisie des dieux,
Qui coule pour nous seuls, aux confins des cieux.


(Endymion)

lundi 27 août 2012

Le dieu Hêtre


Le dieu Hêtre

par José-Maria de Heredia
Le Garumne a bâti sa rustique maison
Sous un grand hêtre au tronc musculeux comme un torse
Dont la sève d'un Dieu gonfle la blanche écorce.
La forêt maternelle est tout son horizon.

Car l'homme libre y trouve, au gré de la saison,
Les faînes, le bois, l'ombre et les bêtes qu'il force
Avec l'arc ou l'épieu, le filet ou l'amorce,
Pour en manger la chair et vêtir leur toison.

Longtemps il a vécu riche, heureux et sans maître,
Et le soir, lorsqu'il rentre au logis, le vieux Hêtre
De ses bras familiers semble lui faire accueil ;

Et quand la Mort viendra courber sa tête franche,
Ses petits-fils auront pour tailler son cercueil
L'incorruptible coeur de la maîtresse branche.

samedi 25 août 2012

La Tortue et les deux canards


Jean de La Fontaine
Une Tortue était, à la tête légère,
Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays,
Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :
Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux Canards à qui la commère
Communiqua ce beau dessein,
Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :
Voyez-vous ce large chemin ?
Nous vous voiturerons, par l'air, en Amérique,
Vous verrez mainte République,
Maint Royaume, maint peuple, et vous profiterez
Des différentes mœurs que vous remarquerez.
Ulysse en fit autant. On ne s'attendait guère
De voir Ulysse en cette affaire.
La Tortue écouta la proposition.
Marché fait, les oiseaux forgent une machine
Pour transporter la pèlerine.
Dans la gueule en travers on lui passe un bâton.
Serrez bien, dirent-ils ; gardez de lâcher prise.
Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout.
La Tortue enlevée on s'étonne partout
De voir aller en cette guise
L'animal lent et sa maison,
Justement au milieu de l'un et l'autre Oison.
Miracle, criait-on. Venez voir dans les nues
Passer la Reine des Tortues.
– La Reine. Vraiment oui. Je la suis en effet ;
Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux fait
De passer son chemin sans dire aucune chose ;
Car lâchant le bâton en desserrant les dents,
Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants.
Son indiscrétion de sa perte fut cause.
Imprudence, babil, et sotte vanité,
Et vaine curiosité,
Ont ensemble étroit parentage.
Ce sont enfants tous d'un lignage.

vendredi 6 janvier 2012

Tour d'ivoire

on père utilisait souvent cette expression «tour d’ivoire» à mon propos. Je ne savais pas que c'était Sainte-Beuve qui inventa l’expression, pour parler de Vigny qui aimait se réfugier dans son beau manoir flanqué de deux tours d’un blanc gris en Charente... J'adore le poète depuis que j'ai appris :
J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille
...
Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
-
Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.
...

samedi 5 novembre 2011

Le chat et l’oiseau

Un village écoute désolé Le chant d’un oiseau blessé C’est le seul oiseau du village Et c’est le seul chat du village Qui l’a à moitié dévoré Et l’oiseau cesse de chanter Le chat cesse de ronronner Et de se lécher le museau Et le village fait à l’oiseau De merveilleuses funérailles Et le chat qui est invité Marche derrière le petit cercueil de paille Où l’oiseau mort est allongé Porté par une petite fille Qui n’arrête pas de pleurer Si j’avais su que cela te fasse tant de peine Lui dit le chat Je l’aurais mangé tout entier Et puis je t’aurais raconté Que je l’avais vu s’envoler S’envoler jusqu’au bout du monde Là-bas où c’est tellement loin Que jamais on n’en revient Tu aurais eu moins de chagrin Simplement de la tristesse et des regrets Il ne faut jamais faire les choses à moitié.

Jacques PRÉVERT « Histoires » (Gallimard)

mercredi 19 octobre 2011

Urashima Tarō

En recherchant qui était le personnage fabuleux de Kappa dans la mythologie japonaise, j'ai découvert la belle histoire de Urashima Tarō. Voici le conte raconté à ma manière : Il était une fois l'histoire du jeune Urashima Tarō qui survint bien heureusement quand trois enfants turbulents malmenaient une petite tortue échouée sur le rivage. Aussitôt Urashima réprimanda les garnements. La tortue était sauvée et pouvait regagner l'océan. Le lendemain Urashima vit surgir une gigantesque tortue. Quelle apparition surprenante ! Etait-ce Kappa le diablotin ? Urashima ne l'avait jamais vu mais il savait qu'il avait l'aspect d'une tortue échevelée et qu'il aimait jouer des vilains tours aux pêcheurs. Aussi à son approche, Urashima resta méfiant sans pour autant avoir peur, car il avait un corps athlétique et pourrait se défendre. Il fut donc surpris d'entendre et comprendre la tortue lui parler. Elle lui annonçait une récompense. Le Roi de l'océan voulait l'inviter à des festivités dans son royaume sous-marin de Ryūgū-jō, pour le remercier d'avoir sauvé la veille sa fille, la petite tortue. La tortue l'emportait au plus profond de l'océan sans qu'il en suffoquat. Urashima était ravi de découvrir les merveilles du monde sous-marin qu'il ne parcourait qu'en surface sur son solide bateau. Dans son palais de Ryūjin, le Roi lui réservait une plus grande surprise encore. La tortue sauvée, sa fille, s'était transformée en jolie princesse ! Aussitôt Urashima succomba à son charme. Il resta de longs et tendres moments en compagnie de la princesse Otohime ... Trois jours et trois nuits. Il était invité à séjourner pour toute sa vie riche de délices infinies. Mais le bonheur semble toujours incomplet et sous le mal du pays, Urashima obtint de la princesse la permission de retourner un peu chez lui. Avant son départ la princesse lui offrit un viatique de voyage, un coffret incrustés de joyaux, mais avec cependant l'impérative recommandation de ne jamais l'ouvrir. Mais une terrible surprise attendait Urashima à son retour chez lui ... Plus de trois cents ans s'étaient écoulés depuis son départ ! Le choc était violent. Son port natal abritaient des constructions qu'il ne connaissait pas. Les lieux avaient perdu l'hospitalité protectrice de son enfance. Personne se souvenait ni de lui, ni de sa famille. Et pourtant, il lui avait semblé n'être parti que l'espace d'un instant. Urashima pleura l'absence des êtres chers qu'il avait laissés. Même ses voisins contemporains lui manquaient. Cet oubli vertigineux lui pesait intensément. Un triste et amère sentiment de solitude l'envahit et le plongea dans un brutal désarroi. Tout déprimé Urashima retourna sur la plage, abandonné. Il y retrouva le coffret que la princesse lui avait offert. Et sans tenir compte des recommandations qu'elle lui avait faites, il l'ouvrit machinalement. Aussitôt un nuage de fumée blanche s'en échappa. Subitement, il se mit à vieillir de façon accélérée et mourut.
Le coffret contenait son âge réel.

vendredi 5 août 2011

les Zutistes

Dans le Fig Littéraire, j'ai découvert que Rimbaud, Verlaine, Charles Cros, Camille Pelletan, Cabaner et Léon Valade (je ne connaissais que les 3 premiers) formaient le Cercle des Zutistes en 1871, parce qu'ils avaient décidé de dire : «Zut!» dans la pagaille d'un album «foutoir» obscène (publié seulement en 196 par Bernard Teyssèdre) diamétralement opposé aux canons poétiques 'officiels et bourgeois' suivis par Coppée et Leconte de Lisle ...
Et flûte, j'aime les 3 premiers et les 2 derniers !

mardi 8 mars 2011

L'Argent

L'Or ou l'Argent sont bien peu de chose ...

Il peut acheter une maison Mais pas un foyer Il peut acheter un lit Mais pas le sommeil Il peut acheter une horloge Mais pas le temps Il peut acheter un livre Mais pas la connaissance Il peut acheter une position Mais pas le respect Il peut payer le médecin Mais pas la santé Il peut acheter du sang Mais pas la vie Il peut acheter du sexe Mais pas de l'amour
Voilà un joli poème présenté comme un PRÉCEPTE CHINOIS que je viens de recevoir d'Annie L.

mardi 11 janvier 2011

Matin du Lac

................

Au lac, la nuit calme sous la lumière s’éteint, Dans l’écrin de brume légère, le matin Surgit, tendre et gris, à l’éclat du platine Ouvre tel un trésor, sa face adamantine.

L.F. 2011

mardi 4 janvier 2011

Paul Verlaine

Chair (1896) Les Méfaits de la lune Sur mon front, mille fois solitaire, Puisque je dois dormir loin de toi, La lune déjà maligne en soi, Ce soir jette un regard délétère. Il dit ce regard — pût-il se taire ! Mais il ne prétend pas rester coi, — Qu’il n’est pas sans toi de paix pour moi ; Je le sais bien, pourquoi ce mystère, Pourquoi ce regard, oui, lui, pourquoi ? Qu’ont de commun la lune et la terre ? Bah, reviens vite, assez de mystère ! Toi, c’est le soleil, luis clair sur moi !

samedi 27 novembre 2010

BaiDu

Je viens de lire dans le Figaro que les 420 millions d'internautes chinois avaient fait la fortune de Robin Li [ 李彦宏 Li Yanhong né en 1968 à Yangquan - Province du Shanxi] qui a créé en 1999 avec son ami Eric Xu le moteur de recherche Baidu 百度 qui est devenu depuis très célèbre et incontournable comme Google. Sa fortune, 7,2 milliard de dollars, est certes époustouflante mais c'est le sens de BAIDU et la poésie qui ont retenues mon attention et sont à l'origine de ce billet.
"Baidu" a été retenu par les créateurs du moteur de recherche en écho à un poème composé sous la dynastie Song, par Xin Qiji (1140-1207) qui raconte la Recherche d'un amour perdu dans la foule.
Baidu signifie littéralement "cent fois", mais l'expression est maintenant associée avec le mot 'recherche'. Et parmi plus de cent réponses, on peut espérer trouver la bonne réponse ! J'ai repris les informations recueillies sur le billet de Candide que je remercie vivement ici. Tes infos sont très complètes et nous permettent de bien comprendre le slogan associé au moteur de recherche :
baidu yi xia, ni jiu zhi dao
Recherche donc et tu auras la réponse...
青玉案 东风夜放花千树。 更吹落,星如雨。 宝马雕车香满路。 凤箫声动,玉壶光转,一夜鱼龙舞。 蛾儿雪柳黄金缕,笑语盈盈暗香去。 众里寻她千百度,——蓦然回首,那人却在,灯火阑珊处。

dōng fēng yè fàng huā qiān shù gēng chuī là xīng rú yǔ bǎo mǎ diāo chē xiāng mǎ lù

fēng xiāo shēng dòng yù hú guāng zhuǎi yī yè yú long wǔ é'r xuě lǐu huáng jīn lǔ xiào yǔ yíng àn xiāng qù zhòng lǐ xún tā qiān bǎi dù mò rán huí shǒu nā rén què zài dēnghuǒ lán shān chǔ

+ traduction proposée par Candide - un grand Merci à lui -

La nuit de la fête des Lanternes (sur l'air de La Table de jade vert) La nuit, le vent d'Est agite les fleurs des arbres par milliers, Là-haut, les étoiles tombent comme la pluie, Les chevaux et leurs attelages avancent parés dans la rue emplie de parfums. On entend les flûtes de Phénix, les pots de jade étincellent, les poissons-dragons dansent dans la nuit. Les papillons de nuit volent comme des flocons d'or dans les saules, Rires et paroles en abondance, dans l'obscurité qui se retire. Au milieu de la foule, je la cherche cent et mille fois, Quand soudain - elle tourne la tête, et je la trouve là, éclairée par les lanternes à l'éclat de corail.

mardi 6 juillet 2010

Etoile lointaine

L'IDÉAL
A Paul Sédille.
La lune est grande, le ciel clair Et plein d'astres, la terre est blême, Et l'âme du monde est dans l'air. Je rêve à l'étoile suprême, A celle qu'on n'aperçoit pas, Mais dont la lumière voyage Et doit venir jusqu'ici-bas Enchanter les yeux d'un autre âge. Quand luira cette étoile, un jour, La plus belle et la plus lointaine, Dites-lui qu'elle eut mon amour, O derniers de la race humaine !
1839 -1907
Ces stances sont simples, efficaces et surtout visionnaires! Elles me plaisent. Mais je ne résiste pas à ajouter un autre poème, un de ses plus célèbres.
Le Vase brisé
Le vase où meurt cette verveine D'un coup d'éventail fut fêlé ; Le coup dut l'effleurer à peine : Aucun bruit ne l'a révélé. Mais la légère meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D'une marche invisible et sûre, En a fait lentement le tour. Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s'est épuisé ; Personne encore ne s'en doute, N'y touchez pas, il est brisé. Souvent aussi la main qu'on aime, Effleurant le cœur, le meurtrit ; Puis le cœur se fend de lui-même, La fleur de son amour périt ; Toujours intact aux yeux du monde, Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde ; Il est brisé, n'y touchez pas.
Je viens de me rendre compte que mon exemplaire de l'édition de ses Poésie 1865-1866 acheté il y a quelques années, était dédicacé ( le 17 janvier 1918 par un certain Aimée à son amie Antonia ... qui sont-ils?) avec un très joli et délicat quatrain choisi de Sully Prudhomme. Cela rend cet exemplaire particulièrement attachant.
Si j'étais dieu, pour toi, celle que j'aime,
Je déploierais un ciel toujours frais toujours bleu,
Mais je te laisserais, ô mon ange, la même,
Si j'étais Dieu -