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jeudi 17 novembre 2016

Pomus

Le pommier sauvage g. Malus sieversii, l’ancêtre vivant de toutes les pommes cultivées, est endémique dans les montagnes d'Asie centrale est transnationale, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en Chine.
-          En 1793 le naturaliste allemand Johann August Carl Sievers décrit les premiers specimens qu’il avait repéré dans les montagnes de l'Altaï et qu’il nomme Pyrus sieversii,
-          Dès 1929, le russe Nicolaï Vavilov repère aussi ces pommiers dans la région du Tian shan 天山, émet l’hypotèse que cette région est le centre de l’origine de la pomme consommée mondialement, et son disciple Aymak Djangaliev recense les pommiers les différentes variétés de Malus sieversii,
-          En 1989 le généticien Herb Aldwinckle redécouvre au Kazakhstan les immenses forêts de pommiers sauvages,
-          En 2002 généticien Barrie Juniper confirme que Malus sieversii est à l’origine de toutes les pommes cultivées,
-          Fin 2009, une équipe européenne dirigée par Velasco établit le séquençage du génome complet de la pomme. `
Alma, le nom de la pomme en langue kazakhe et Kirghize, a donné son nom à l'ancienne capitale, Almaty (avec le sens de ‘riche en pommes’) et qui fut aussi appelée entre 1921 et 1993 Alma-Ata (avec le sens ‘grand-père des pommes’).
Les vastes forêts de pommiers kazakhs s’étalent dans des milieux très variés et comportent une grande diversité génétique qui produit des fruits, les pommes de taille, de couleur et de goût très variables :
- de petites de quelques millimètres à des plus grosses de 200 g,
- des rouges, des vertes, des jaunes, plus ou moins zébrées,
- acides, astringentes ou plus gourmandes voire sucrées.
L’aire de répartition de ces forêts est large s’étalent en bord de steppe dans les piémonts jusqu’ à une altitude de 2400 m, tout autour de la rivière Ili, coincée entre la Chine et le Kirghizistan avec au nord dans le massif de l'Altaï et au sud le massif du Tian shan 天山 et qui s’écoule d’est en ouest vers le lac Balkhash. Elles sont clairsemées sur les crêtes arides et denses dans les vallées sur les berges humides des rivières où les pommiers peuvent mesurer s’élever jusqu’à plus de 30 mètres et vivre plus de trois cents ans.
Les pommiers sauvages s’adaptent à toute sorte de sol, riches ou plus arides.
Ils résistent à des températures assez extrêmes, lors des hivers froids rigoureux jusqu’à -40°C dans le nord et lors des étés secs jusqu’à +40 °C ...
Leur biotope rassemble d’autres plantes comestibles :
-        des arbres : aubépine, sorbier, érable, chêne, tilleul, peuplier, figuier, prunier, poirier, cerisier, amandier, abricotier ;
-        des arbustes : argousier, berbéris, framboisier, mûre, rhamnus ;
-        des lianes : houblon, chèvrefeuille, vigne ;
-        des buissons : rosier, cotonéaster, groseillier ;
-        des plantes herbacées : graminées, géranium, mauve, fraisier, tulipe et rhubarbe.
Et avec ces associations naturelles de plantes comestibles, ce biotope ressemble davantage à un verger qu’à une forêt sauvage. Cette riche symbiose explique peut-être la haute résistance des pommiers aux parasites et aux maladies fréquentes dans nos vergers (la tavelure l’oïdium et le feu bactérien). Les insectes associés au biotope, protègent les pommiers, les fraisiers et les framboisiers, des psylles et des pucerons.
Les ours ont participé à l’extension des pommiers sauvages. En effet ils repèrent les arbres aux fruits les plus sucrés, les croquent et n’oublient pas de revenir chaque automne se régaler des pommes. Ils propagent les graines qui transitent intactes dans leur tube digestif et qui sont dispersées avec leurs excréments. Ils permettent ainsi aux variétés avec les fruits les plus sucrés, gouteux et charnus de se répandre selon leur déplacement.


pomus « fruit » en latin

Malus domestica a été ‘domestiqué’ par l’homme qui a sélectionné certains arbres donnant de grosses pommes de l’espèce sauvage Malus sieviersii endémique dans les montagnes du Tian Shan.
L’invention de la greffe, il y a environ quatre mille ans, a permis de stabiliser les génotypes sélectionnés au fil des croisements et surtout permis de les multiplier les variétés.
  
Les routes de la soie ont permis l’extension de la culture de ces variétés, de proche en proche, au Moyen-Orient, en Grèce et en Europe. Le pommier sauvage européen Malus sylvestris s’est ainsi trouvé supplanté, sauf pour faire le cidre.
Au XIXe siècle de très nombreuses variétés savoureuses ont été sélectionnées. Cinq cent vingt-sept variétés de pommes sont décrites dans le Dictionnaire de pomologie par le pépiniériste André Leroy en 1873, qui fait encore référence aujourd’hui. Puis cette diversité a décliné au cours du XXe siècle, quelques variétés mieux adaptées aux cultures extensives ont été largement commercialisées au détriment de nombreuses variétés anciennes laissées dans l’oubli, pour répondre à des standards assez uniformes et peu variés de la grande distribution.

Sources :

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