Birmanie - Voyage - 2 juin 2010
La route qui nous conduit à Kinpun Base Camp est assez belle car elle a été refaite, il y a peu, grâce aux dons des pélerins qui se rendent au rocher d'or. Il nous reste toutefois 1h30 d’ascension ... que l'on fera en 2 temps :
- à bord d'un camion de chantier transformé pour la circonstance en bus de fortune pendant 30 minutes,
- puis à pied sur un pente raide pendant 1 heure ... sous la chaleur!
Mya nous réserve des places à bord d'un camion de chantier aménagé en bus. Mais très vite, on est obligé de partager le peu d'espace avec des pélerins thaïlandais. On s'entasse au coude à coude, fesse contre fesse, à cheval sur de simples solives qui font fonction de banc. Nous ne partirons que quand le plein de pélerins aura été atteint! Le grand avantage, c'est que l'on est complètement calé, ce qui amorti vite les chocs du chemin chaotique! Mais les nuages gris deviennent noirs et denses menacent et couvrent l'horizon. La pluie tropicale nous surprend et en quelques secondes, nous sommes baptisés sous une douche chaude et diluvienne!
Et complètement trempés, nous gagnons le sommet lentement sous la touffeur tropicale, sans faire appel aux palanquins de fortune qui attendent le pélerin même pléthorique qui sera assez riche pour s'offrir leurs service. Mya engage un seul porteur pour la charge de notre petite valise.
Une légère asymétrie dans sa marche révèle une douleur à la cheville droite, mais qui ne freine pas sa progression . Bravement, il porte sa charge avec un grand sourire où ne se lit aucune abnégation mais une forte volonté de vivre. Il se sait chanceux, car les autres porteurs sont inoccupés, il y a si peu de pélerins en cette saison de mousson. Le gain de la course va lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille pendant plus d'un semaine. Nous apprenons que ses enfants sont scolarisés dans le secondaire, et bien qu'il vit chichement, il semble fier de pouvoir permettre à ses enfant d'étudier.
La plus part des échoppes sont fermées et bâchées pour se protéger de la pluie. Elle s'est arrêtée aussi rapidement qu'elle nous avait surpris. Beaucoup de 'médicaments' traditionnels sont exposés, ils me laissent perplexes.... Une femme patiemment prépare à la meule de la farine de riz. La vie quotidienne s'expose sans pudeur, simplement. Les très nombreux autels pour les nats, les boites à donation ,témoignent de la ferveur des pélerins. Mais en tout insouciance, les enfants rentrent de l'école et la gaité de leurs jeux rend l'ambiance hospitalière.
– Kyaik Htiyo - le Rocher d'or est un bloc de granit qui selon la légende est retenu par la paire de cheveu de Bouddha que renferme le pagodon construit à son sommet (les Môns appelaient les pagodes, les kyaiks). Il est recouvert des milliers de feuilles d'or, symbolisant les offrandes des pèlerins (seuls les hommes peuvent y accéder).
Une ombrelle de 7 kg d’or et 3.000 pierres précieuses dans le musée que nous ne visiterons pas … Après une douche et avoir alissé nos affaires humides au Mountain Top, notre hôtel, j'enfile comme un longgyi, mon paréo resté sec. Et mon style complètement inhabituel, attire les regards. Je m'en moque. Quelques visiteurs apprécient mon look et veulent se faire photographier avec moi! On devait visiter la pagode, perchée à 1000 m d'altitude, avec un beau coucher du soleil sur la plaine en contre-bas.
Râté! nous nous régalons des couleurs roses des nuages du couchant qui répondent aux éclairages violents sur les ors pompeux de l'esplanade.
feuilles d'or, clochettes, encens, concentration ...
Ce belvédère s'étend comme une large soucoupe ouverte vers le ciel pour le rocher d'or posé par magie sur son bord. Nous le parcourons en tous sens en essayant de faire abstraction de ses carreaux de faïence austères et vilains (mais commodes pour marcher pieds nus). Seul ilôt de nature en son centre, un petit temple dédié à Shwé Nan Kyin, la nat protectrice du site, se dresse au milieu des arbres.
Je pars à la recherche d'un longgyi digne de ce nom. Après de nombreuses discusions, j'en trouve finalement un que je rachète (6.500 k) à un jeune étudiant. Je ne vais plus le quitter pendant tout mon voyage.
Mythe des Six cheveux, trois ermites et un rocher





























































































