- L'amer pour rentrer au port -

.
°.
° o.
.O . °
. ° . O . ¤ .

mercredi 2 juin 2010

Birmanie - Voyage - 2 juin 2010

Tout d'abord, je dois vous avouer que je n'ai jamais été très doué pour prendre les gens en photo. Donc habituellement je me cantonne dans les paysages, les monuments et les plantes... en choisissant mes premiers plans, l'équilibre et la composition, ce que j'arrive à faire souvent de façon habile. Mais notre programme, nous partons tôt le matin pour le village de Kimbum (ou Kin Pun à l'est 190 km est de Yangon) situé aux pieds du Rocher d’Or, va nous faire découvrir la campagne à bord d'un véhicule. J'ai donc pris beaucoup de photo à la volée, sans prendre le temps d'ajuster. Et de fil en aiguille, j'ai pris de plus en plus de scènes familières. Même si elles sont encore assez maladroites, elles vont nous permettre de garder en mémoire un des plus attachants aspects de notre voyage dont la grandeur inattendue est peut-être même plus belle encore que celles des clinquants monuments.
Scènes matinales de la vie quotidienne.
Le bouddhisme est omniprésent au Myanmar. Les moines en ocre, les bonzesses en rose-curcuma, en quête matinale de nourriture; les pagodes, les stupas et les monastères à tout bout de champs...
Les moines birmans ne peuvent ni produire, ni demander directement leur nourriture ou leurs vêtements. Car pour être méritoire, le don doit se faire sans avoir été sollicité. Les birmans laïcs multiplient les dons (10 % de leur revenus) aux moines ou pour construire ou entretenir un monastère, afin d'acquérir des mérites, "kutho". Ils s'améliorent ainsi et peuvent espérer obtenir leur propre salut sans l'aide de Dieu!...
La vie rurale (rurs, campagne) s'étale dans la rue ...
séchage du riz sur les bords de la route.
Traversée du fleuve Sittang
En char à boeufs, région de Bago, les
la fabrication des chaises en bambou, sans aucune pièce de fer
la casse de cailloux
Dans la famille g. Piper betel , le père, la mère et les enfants ...
et les feuilles de bétel
g. Hevea caoutchouc - tronc, latex, fruit, fleur, sous-bois avec ses ananas
toujours des pagodes
la culture traditionnelle du riz, repiquage et travaux à la charrue
un pont de fortune à cheval sur un canal d'irrigation
une ferme des canards, village sous l'ombre des ???

La route qui nous conduit à Kinpun Base Camp est assez belle car elle a été refaite, il y a peu, grâce aux dons des pélerins qui se rendent au rocher d'or. Il nous reste toutefois 1h30 d’ascension ... que l'on fera en 2 temps :

- à bord d'un camion de chantier transformé pour la circonstance en bus de fortune pendant 30 minutes,

- puis à pied sur un pente raide pendant 1 heure ... sous la chaleur!

Mya nous réserve des places à bord d'un camion de chantier aménagé en bus. Mais très vite, on est obligé de partager le peu d'espace avec des pélerins thaïlandais. On s'entasse au coude à coude, fesse contre fesse, à cheval sur de simples solives qui font fonction de banc. Nous ne partirons que quand le plein de pélerins aura été atteint! Le grand avantage, c'est que l'on est complètement calé, ce qui amorti vite les chocs du chemin chaotique! Mais les nuages gris deviennent noirs et denses menacent et couvrent l'horizon. La pluie tropicale nous surprend et en quelques secondes, nous sommes baptisés sous une douche chaude et diluvienne!

Et complètement trempés, nous gagnons le sommet lentement sous la touffeur tropicale, sans faire appel aux palanquins de fortune qui attendent le pélerin même pléthorique qui sera assez riche pour s'offrir leurs service. Mya engage un seul porteur pour la charge de notre petite valise.

Une légère asymétrie dans sa marche révèle une douleur à la cheville droite, mais qui ne freine pas sa progression . Bravement, il porte sa charge avec un grand sourire où ne se lit aucune abnégation mais une forte volonté de vivre. Il se sait chanceux, car les autres porteurs sont inoccupés, il y a si peu de pélerins en cette saison de mousson. Le gain de la course va lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille pendant plus d'un semaine. Nous apprenons que ses enfants sont scolarisés dans le secondaire, et bien qu'il vit chichement, il semble fier de pouvoir permettre à ses enfant d'étudier.

La plus part des échoppes sont fermées et bâchées pour se protéger de la pluie. Elle s'est arrêtée aussi rapidement qu'elle nous avait surpris. Beaucoup de 'médicaments' traditionnels sont exposés, ils me laissent perplexes.... Une femme patiemment prépare à la meule de la farine de riz. La vie quotidienne s'expose sans pudeur, simplement. Les très nombreux autels pour les nats, les boites à donation ,témoignent de la ferveur des pélerins. Mais en tout insouciance, les enfants rentrent de l'école et la gaité de leurs jeux rend l'ambiance hospitalière.

– Kyaik Htiyo - le Rocher d'or est un bloc de granit qui selon la légende est retenu par la paire de cheveu de Bouddha que renferme le pagodon construit à son sommet (les Môns appelaient les pagodes, les kyaiks). Il est recouvert des milliers de feuilles d'or, symbolisant les offrandes des pèlerins (seuls les hommes peuvent y accéder).

Une ombrelle de 7 kg d’or et 3.000 pierres précieuses dans le musée que nous ne visiterons pas … Après une douche et avoir alissé nos affaires humides au Mountain Top, notre hôtel, j'enfile comme un longgyi, mon paréo resté sec. Et mon style complètement inhabituel, attire les regards. Je m'en moque. Quelques visiteurs apprécient mon look et veulent se faire photographier avec moi! On devait visiter la pagode, perchée à 1000 m d'altitude, avec un beau coucher du soleil sur la plaine en contre-bas.

Râté! nous nous régalons des couleurs roses des nuages du couchant qui répondent aux éclairages violents sur les ors pompeux de l'esplanade.

feuilles d'or, clochettes, encens, concentration ...

Ce belvédère s'étend comme une large soucoupe ouverte vers le ciel pour le rocher d'or posé par magie sur son bord. Nous le parcourons en tous sens en essayant de faire abstraction de ses carreaux de faïence austères et vilains (mais commodes pour marcher pieds nus). Seul ilôt de nature en son centre, un petit temple dédié à Shwé Nan Kyin, la nat protectrice du site, se dresse au milieu des arbres.

Je pars à la recherche d'un longgyi digne de ce nom. Après de nombreuses discusions, j'en trouve finalement un que je rachète (6.500 k) à un jeune étudiant. Je ne vais plus le quitter pendant tout mon voyage.

Mythe des Six cheveux, trois ermites et un rocher
« Au temps du royaume môn de Thaton, deux ermites découvrirent un jour deux œufs sur la plage, qui donnèrent le jour à deux garçons, fruit des amours d'une dame serpent, une nagini et d’un alchimiste, un zawgyi. L’aîné, Tissa, devint roi de Thaton. Le cadet mourut précocement, mais renaquit dans la fa­mille d'un riche marchand, sous le nom de Shin Gavampati. Il entra dans la communauté des disciples du Bouddha et convainquit le maître de se rendre au royaume de Thaton, pour visiter les deux ermites, rejoints par un troisième.
Sakyamuni leur remit à chacun deux cheveux sur lesquels ils édifièrent un stupa, sauf le plus âgé, qui conserva les reliques dans son chignon. Il reçut la visite de Thagya Min et du roi Tissa, qui l'enjoignirent de bâtir un reliquaire à son tour.
Le vieil homme accepta, mais à une condition: le stupa devait être édifié sur un rocher ayant la forme de sa tête. Pendant les travaux, Tissa tomba amoureux de la jeune Shwé Nan Kyin, dont il fit sa reine. Mais à Thaton, la demoiselle fut troublée par l'esprit tutélaire de son village, à qui elle n'avait pas rendu hommage avant son départ. Elle implora son mari de la laisser retourner à Kyaik Htiyo afin d'apaiser le nat courroucé.
Elle y parvint après un ter­rible voyage, durant lequel sa suite fut peu à peu décimée par le nat vengeur. Arrivée seule au sommet, elle découvrit la pagode édifiée par son époux sur le rocher d'Or et mourut d'épuisement. »
la légende dit que Thagyamin (qui dans l’hindouisme est Indra le gardien des enseignements du Bouddha) descend sur terre portant deux parchemins un en or pour noter les noms des êtres bien et un en peau de chien pour noter ceux qui sont mauvais ».
Nuit en haut de la montagne.
histoire du coup de télphone Poivriers, cajoutiers, palmiers Nypa, Hévéa, jacquier, durion,

mardi 1 juin 2010

Birmanie - Voyage - 01.06.10

Avec le petit à-coup salvateur et sec de l'atterrissage en milieu tropical lorsque les pneus touchent le sol, nous voilà sur le tarmac gris de moisissure et encore humide. La chaleur nous saisit, l’humidité nous enveloppe, elles confirment que nous ne rêvons plus, nous y sommes ! Après 15 heures de vol et quelques autres de transit, Yangon n’est plus cette destination espérée mais une réalité perceptible. Nous franchissons la douane sans problème et avec le même contrôle, scannage du passeport et prise de photo, qu’en Thaïlande où nous avons transité longuement dans le gigantesque aéroport. Les gens sont un peu mornes et bourrus, peu importe mais nos bagages se apparaissent rapidement, ouf! ils n'ont eu de problème de transit à Paris ou Bangkok. Mya est là pour nous accueillir, le charme de son sourire est conquérant, et immédiatement nous savons que tout se passera bien ! Une panne d’électricité nous surprend déjà dans le hall. C’est le baptême pour nous mettre dans le bain, les pannes sont fréquentes et récurrentes…. Heureusement elle s’est produite après que nous ayons récupéré nos bagages. Quelle chance, nous savons qu’Olivier nous attend dans sa maison et nous avons hâte de l’y voir.
Notre chauffeur se montre très calme au volant, la circulation semble assez complexe, chacun évolue tranquillement en tenant compte des courbes de déplacements des autres véhicules plutôt que de la signalisation. On dépasse un nat protecteur du quartier, sa statue colorée est bien tranquillement installée dans une petite hutte approvisionnée en fleurs, encens, boisson et nourriture, au pied d'un banian.
Un coup de klaxonne nous annonce, le gardien nous ouvre le portail et nous franchissons le petit pont en dos d’âne qui enjambe le fossé et protège la maison en contrebas en cas de pluie intense exactement comme Olivier me l’avait décrit dans ses mails. Sa maison a beaucoup de charme. Je suis content de découvrir son environnement familier ainsi que de constater en franchissant le seuil qu’il a bien suivi mes conseils et l’a meublé d’objets chinés chez les antiquaires. Mya nous laisse à notre amical hôte et nous donne rendez-vous le lendemain pour notre première excursion.
C’est une bonne soirée qui commence assis confortablement dans les canapés en osier et autour de deux bonnes bouteilles de Bordeaux posées sur une massive et ancienne table en teck. La panne d'électricité se prolonge, les bougies ajoutent leur chaude lumière à la chaleur des retrouvailles. Le générateur du voisin qui alimente aussi la maison se met en marche et l'humble paka rotatif au plafond crée un doux courant d'air apprécié. Jean-Yves nous rejoint et nos deux compères, pendant un repas préparé par sa cuisinière perso, nous initient aux délices tropicales birmanes.
Nous faisons une escapade nocturne autour de Shwé Dagong qui est toujours éclairée même en cas de panne électrique, tant la ferveur bouddhique des birmans pour leur symbole national est forte.
D'autres monuments, Maha Wizaya - ou 'la pagode socialiste dite de Né Win mais construite avec des donations populaires -, la pagode Sulé - kilomètre 0 de toutes les routes birmanes - évitent à la ville d'être plongée dans le noir complet. Olivier et nous, allons jusqu'à l'hôtel Strand, une très ancienne institution britannique qui abrite, au milieu de routes défoncées et d'abords chaotiques, un luxe calme qu'ordonnance Regina. Cette expatriée suédo-allemande est très affable et loquace, le vin australien aidant, nous apprenons beaucoup sur la vie des européens au Myanmar...
Nous allons nous couchés ivres d'impatience pour les jours prochains, à la lumière d'une lampe tempête à accu, dans une chambre bien fraîche qui se réchauffera tout au long de la nuit puisque la climatisation ne fonctionne plus faute d'électricité.
Vol Air France & Thai Airways :
AF 2343 Genève - Paris CDG 17h00/18h10 le 31.05
AF 164 Paris - Bangkok 19h20/11h45
TG 305 Bangkok - Yangon 17h50/18h45