Dans l'antiquité, les tessères étaient des tablettes, des dés ou des jetons qui faisaient office de billet de spectacles.
Lorsque l'on complète le mur du qualificatif spintrienne, l'objet devenait plus coquin....
Aleria - la numismatique romaine
Spintria

Le sexe mène le monde. Rome, et son fondateur mythique Romulus, n'ont pu se développer que par le rapt et le viol des Sabines.
Plus tard, pour contenir les désordres, les Romains ont toléré l'ouverture des lupanars. Les prostituées (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) y vendaient leurs relations consenties en échange d’une rémunération mais, pour éviter qu'elles ne manipulent de l'argent, des jetons monétaires étaient prévus à cet effet, sans valeur officielle hors de la maison qui les acceptaient.
Les plus anciens spintriae furent émis sous l’Empire. Il semblerait que leur création s’explique de par l’interdiction d’introduire des monnaies à l’effigie de l’empereur au sein des lieux de débauche.
Ces spintriae (singulier : spintria) ou spintriennes ou plus exactement tessères spintriennes principalement en bronze sont symboliquement ornés de scènes explicites sur l'avers. Les positions sexuelles figurées devaient être considérées comme une sorte de catalogue des spécialités proposées. Le revers porte un chiffre allant de I à XXI.
La prostitution y était assez florissante et sous de multiples formes. Les lupanars étaient signalés par des lampes à huile allumées durant toute l'ouverture nocturne de la maison. Mais le plus vieux métier du monde se pratiquait également dans certaines auberges, dans des loges, ou même dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d’où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles.
Selon un principe qui était toujours en vigueur au début du XXe siècle (jusqu'à la loi Marthe Richard), le client échangeait ses spintriae, contre une faveur sexuelle spécifique.
Toutes ces tessères ne possèdent pas un caractère érotique, des experts leur supposent un autre usage. La fréquence d’une couronne de laurier (la "corona triumphalis") incite à les imaginer dans un contexte militaire. Sachant que les soldats romains s'adonnaient aux jeux de table, il est possible de supposer que les spintriae étaient les pions d’un jeu qui nous est inconnu, peut-être le "duodecim scripta", dont les règles s’apparentent à celles du backgamon.
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