- L'amer pour rentrer au port -

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jeudi 31 octobre 2019

samedi 26 octobre 2019

Nudge

Nudge, mais diantre quèsaco ?

Un nudge est une incitation douce ou coup de pouce donné à un individu ou consommateur pour modifier son comportement. Les nudges sont une réponse au manque de rationalité constaté des individus qui s’explique par de nombreux biais identifiés dans le cadre de l’économie comportementale.

… et R.O.I. ? c'est l'acronyme anglais « Return On Investment » très souvent utilisé en français pour Retour sur Investissement …
Les acronymes sont déjà souvent abscons 😵, alors si on utilise ceux des autres langues, cela va devenir de plus en plus compliqué de retrouver la piste du sens des lettres qui mène à ses origines ! 

mercredi 23 octobre 2019

Zététique

« Zététique » vient de l’adjectif grec ζητητικός, zētētikós « qui aime chercher ». Ce mot du XVIIième tombé en désuétude a été réactualisé au XXième par l'emprunt au mot anglophone « zetetics ». Le terme Zététique est utilisé pour désigner la pensée scientifique qui avec ordre et méthode, cherche à s'échapper des dogmes, croyances, préjugés et idées reçues. La zététique cherche à dézinguer les hoax, les infox, les bobards. 

Dissolution des certitudes identitaires

Régine Robin :

« En fait, le monde connaît deux grands mouvements en sens contraire aujourd'hui. D'une part, la mondialisation de plus en plus grande des économies et des cultures, voire des ensembles géopolitiques: multiples interdépendances économiques, règne des multinationales, intégrations politiques comme le grand marché européen de 1993, nivellement opéré par la culture de masse américaine et occidentale qui, de l'architecture internationale postmoderne des shopping centers à l'omniprésence des Mc Donald's, des feuilletons télévisés aux dernières superproductions cinématographiques, envahit littéralement le monde, si bien qu'on peut voir le même film avec quelques mois de décalage dans un gros bourg des Andes, à Buenos Aires, à New York, à Paris ou à New Delhi. En sens inverse, la crise, les crises (aujourd'hui en 1994 on sait même qu'une nouvelle guerre est pensable et possible), l'écroulement d'un certain nombre d'utopies sociales, le désenchantement quant aux valeurs entraînent des phénomènes de replis, de reterritorialisations fictives avec du localisme, du régionalisme, des nationalismes, des ethnicismes, des culturalismes, avec comme corollaires les fondamentalismes (Iran, Israël) et le retour des religions sur le devant de la scène. Ce repli est une recherche de sécurisation dans un monde instable et difficile, impossible même à supporter dans le tiers monde, un retour au sein maternel, un marquage de l'identité. Cette double conjoncture (mondialisation culturelle, d'une part, et repli ethniciste, culturaliste, d'autre part) ne frappe pas de la même façon les diverses sociétés, car chacune a son histoire, sa périodicité, et chacune a cristallisé à sa façon son propre roman mémoriel. J'appelle ici « roman mémoriel » les diverses formes d'appropriation collective du passé, depuis la mémoire officielle jusqu'à la mémoire fictionnalisante de la littérature, depuis la mémoire savante, élaborée par les historiens, jusqu'aux mémoires de groupes minoritaires et générationnels. Chaque culture a développé une base discursive par rapport à son passé, à ses origines et donc à son identité, et c'est sur cette base que le double mouvement de la conjoncture va jouer. »

Julien Green

Julien Green écrit à 20 ans, le 25 mars 1920, dans son journal ce passage non censuré :

« Multiplicité. Nous ne sommes pas simples, ni doubles, ni triples : nous sommes une infinité de gens. Je ne parle pas ici des personnages que nous jouons vis-à-vis du monde et selon les exigences de notre vie quotidienne, car nous ne sommes pas ces personnages ou nous le sommes imparfaitement : nous avons des masques que nous mettons et ôtons pour adapter notre visage à l’esprit de celui qui nous entretient. Un homme bien élevé dispose d’un très grand nombre de masques et il s’en sert avec d’autant plus de facilité qu’il a de science du monde. Un homme médiocrement élevé dispose d’un assez petit nombre de masques et n’en use que maladroitement : celui-là ne sait pas dissimuler son vrai caractère et le mettre en accord de la personne avec qui il parle.
[…]
L’homme mal élevé s’expose aux regards de tous dans un état de nudité morale ; il présente au monde un seul visage qui est le sien et qu’il ne sait pas masquer.
[…]
Les personnages que nous sommes vraiment naissent de notre solitude. Plus notre vie est profonde, et plus leur nombre est grand. Une vie dans laquelle il n’y a pas de solitude est une vie sans force et sans intérêt. En somme, la solitude est le lieu le moins solitaire qui soit. »
Julien Green Journal intégral t.1, 1919-1940 
Edition établie par Guillaume Fau, Alexandre de Vitry, Tristan de Lafond. «Bouquins» 
Robert Laffont, 1 352 pp., 32 €

Je trouve excellente cette observation de Green à propos de l'homme en société qui s'affuble de masques différents selon les situations. Elle me plait. Introspectivement et rétrospectivement, sans doute ai-je toujours essayé de trouver le masque 'le plus naturel' pour m'adapter à mes interlocuteurs.

lundi 14 octobre 2019

émulsionner le beurre

L’amidon de la farine est formé notamment de molécules d’amylose. Or ces molécules piègent des composés odorants et nuisent ainsi au parfum des émulsions.
Nous consommons très souvent des émulsions, qui se forment à la moindre agitation mécanique là où de l’eau, composant majoritaire de la plupart des ingrédients culinaires, est réuni à de l’huile ou une autre matière grasse.
Dans ces émulsions, la matière grasse liquide est dispersée dans la phase aqueuse sous la forme de gouttelettes. La dispersion nécessite des composés tels que protéines ou phospholipides, qui se placent aux interfaces eau-huile et réduisent ainsi l’énergie nécessaire à la création de celles-ci. C’est, par exemple, le cas pour la mayonnaise, où l’huile est émulsionnée grâce aux protéines du jaune d’œuf. Mais en observant une telle émulsion avec un simple microscope optique, on ne voit que deux phases, l’interface eau-huile étant bien trop mince.
La mayonnaise dérive de la rémoulade qui, elle, contient de la moutarde… Or avec de tels ingrédients, on passe des émulsions simples à des émulsions plus complexes, nommées émulsions de Ramsden, où l’interface eau-huile est tapissée de particules visibles au microscope. Ces systèmes contiennent d’innombrables composés susceptibles d’interagir avec les espèces diffusantes, notamment les composés odorants. Or Xiaolu Pu, à l’université de Nottingham, et ses collègues viennent de publier les résultats d’études d’émulsions modèles, pour lesquelles ils ont déterminé la libération de composés odorants. Ils ont comparé des solutions aqueuses, des émulsions d’huile dans de l’eau, et des émulsions d’eau dans de l’huile elles-mêmes émulsionnées dans l’eau (ces dernières sont de plus en plus utilisées par l’industrie alimentaire pour ralentir la diffusion des composés odorants, réduire la teneur en matière grasse ou favoriser la perception du sel, ce qui permet d’en réduire la teneur).
Les chercheurs ont placé dans ces systèmes des composés ayant des affinités variées pour l’eau ou l’huile, et ont ajouté des polymères variés aux émulsions afin d’en modifier la viscosité, comme le font l’industrie alimentaire… et les cuisiniers : gomme xanthane (un polysaccharide produit par la bactérie Xanthomonas campestris) ou amidon. Les gaz surmontant les émulsions étaient analysés en continu, pendant plusieurs jours.
Dans l’hypothèse d’une simple diffusion des composés odorants ajoutés à une solution aqueuse, à une émulsion ou à une double émulsion, un composé tel que le diacétyle (odeur beurrée) aurait dû se dégager de moins en moins aisément dans l’ordre des systèmes énoncés ici, et la tendance aurait dû être inverse pour le 3-pentanone (odeur du dissolvant pour vernis à ongle). Or ce n’est pas ce qui a été observé, pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, le crémage des émulsions fait venir en surface principalement les gouttelettes les plus grosses, ce qui perturbe les transferts des composés odorants. Avec la gomme xanthane, des interactions supplémentaires ont été observées avec le diacétyle, mais pas avec le 3-pentanone. Mais avec l’amidon, c’était l’inverse.
Ces résultats éclairent un débat culinaire ancien, à propos de l’usage de la farine dans les sauces, certains l’accusant de réduire le goût. Effectivement, l’amylose de l’amidon est un polymère hérissé de groupes hydroxyle (OH), qui s’enroule en hélice quand il est placé dans l’eau. Ces hélices piègent alors de petits composés odorants tels que la 3-pentanone.
Moralité : il ne faut pas rouler les dégustateurs dans la farine !
La recette
Faire tremper six feuilles de gélatine.
Cuire deux échalotes émincées avec du vinaigre de vin.
Quand le liquide est presque évaporé, ajouter 20 centilitres de vin rouge, un clou de girofle, deux baies de genièvre, un peu de piment, du poivre et du sel. Porter à ébullition et passer.
Ajouter la gélatine (qui confère de l’onctuosité et évite la farine) au liquide passé, et chauffer pour la dissoudre.
Ajouter 200 grammes de beurre et chauffer pour émulsionner le beurre.
En fin de cuisson, ajouter une cuillerée à soupe de vin qui ne cuira pas.

mercredi 9 octobre 2019

Dépénaliser ?

Le Portugal a décidé, en 2001, de dépénaliser l'usage de toutes les drogues. Une décision qui a conduit à la baisse drastique du nombre de toxicomanes car elle a permis, en cessant de les considérer comme des criminels, à les replacer dans des logiques d'accompagnement et de soin.
Source : 

dimanche 6 octobre 2019

" Ne pleure pas parce que c'est fini
... Sourit parce que ça a eu lieu
" 
selon les mots de Juliette

Baiser

Les Romains, eux, en avaient trois. Selon Wikipédia, il faudrait distinguer l’osculum (littéralement « petite bouche »), qui est le baiser lèvres fermées que l’on échange entre membres d’une même corporation ou d’un même ordre social, le basium (« baiser »), qui est le baiser sur la bouche de la tendresse amoureuse qu’on se donne entre époux ou entre membres d’une même famille, et le suavium, qui est le baiser sexuel, érotique, profond (avec intromission de la langue), qu’on donne à une courtisane.
https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2019/10/06/le-baiser-c-est-vraiment-du-sexe_6014396_4497916.html

samedi 5 octobre 2019

Passé sombre

En 1866 le biologiste allemand Ernst Haeckel avance le terme « ökologie » pour désigner la science qui étudie les rapports entre les organismes et le milieu où ils vivent.
Mais comme il propose aussi une classification des races humaines et fait la promotion du darwinisme social, il semblerait que ses idées ont alimenter les délires eugéniste du nazisme… serait-ce pour cela que je n'ai jamais entendu parlé de lui ?
Je n'ai jamais entendu parler ni de Ernst Moritz Arndt ni de Wilhelm Heinrich Riehl qui ont inspiré les pensées du mouvement pangermaniste. L'oubli était sans doute une façon de réduire à néant leur possible 'influence'. Mais l'on finit toujours par buter sur les non-dits et l'ignorance fait le lit de des tyrans.
Je n'ai jamais entendu parler du mouvement völkisch (traduisible par « populaire » ou « ethnique ») qui insiste sur le caractère spécifique du peuple allemand et le maintien de ses traditions…
Je n'ai pas plus eu connaissance de Krisis, bienque j'ai entendu parlé du Grece (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) sans savoir vraiment que c'était noyauté par l'extrême droite française.
Taire l'histoire n'est pas la bonne manière d'éviter le fascisme, et plus précisément de l'« écofasciste » que je ne connaissais pas non plus et qui me révolte.
Ne pas donner de l'importance ou laisser la parole démocratiquement à des individus indélicats comme ce Hervé Juvin qui aurait dit début avril, sur BFM-TV que « tout écologue sait bien qu’un système vivant complexe ne survit pas à des espèces invasives » selon l'aticle.
Il est compliqué de choisir pour résister à l'autoritarisme.
L'allusion au film Soleil vert (1973) de l’Américain Richard Fleischer, le scenario se passe en 2022, me fait froid dans le dos !


mardi 3 septembre 2019

Kaa

Aie confiance crois en moi      
Que je puisse veillez sur toi     
Fais un somme sans méfiance
Je suis là, aie confiance            
Le silence propice te berce     
Souris et sois complice            
Laisse tes sens glisser            
Vers ces délices tentatrices ... 
🎵🎵🎵
Pourquoi avons-nous tant de mal à changer d’avis ? Et autres tours que nous joue notre cerveau…

Dans le flot des livres qui sortent sur le cerveau, avec leurs ressorts parfois très idéologiques, quelques-uns dénotent par leur justesse. C’est le cas du très classique L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau d’Oliver Sacks, ou encore l’indispensable Incognito, les vies secrètes du cerveau, de David Eagleman. Dans le genre, j’ai récemment dévoré l’ouvrage d’Albert Moukheiber – déjà interviewé ici – intitulé « Votre cerveau vous joue des tours ». Ce coup-ci, le docteur en neurosciences et psychologue clinicien attaque avec finesse la question des biais cognitifs, ces déviations du jugement qui sont au coeur du fonctionnement de notre cerveau, et dont les effets ambivalents sur la vie publique sont ici parfaitement décrits et illustrés. Moukheiber articule études scientifiques, cas cliniques, anecdotes personnelles et nous explique pourquoi nous changeons si difficilement d’avis même quand nous savons que nous avons tort. Le psychologue termine sur quelques pistes ouvertes pour nous aider à prendre suffisamment de distance par rapport à nos biais, notamment dans le but de gagner en qualité dans des discussions personnelles, et à l’échelle de nos sociétés démocratiques.

Moukheiber nous prend par la main de ses premiers chapitres et rappelle à quel point notre cerveau déforme – ou plutôt re-forme la réalité afin d’en tirer du sens en permanence. Quelques expériences visuelles (comme celle de la danseuse, déjà exposée dans sa dernière interview) viennent démontrer que nous filtrons et interprétons le monde qui nous entoure afin d’en dégager une vision globale et cohérente. Ainsi, notre cerveau est capable de combler les vides, en quelque sorte. Si vous lisez la phrase suivante : « C’35t cmmoe ca qu3 v0u5 3t2s enrtian de l1r3 c3tt3 l1gn3 » ? vous créez quelque chose de compréhensible à partir d’un non sens, si l’on s’en tient à la stricte réalité de l’extrait (un assemblage plus ou moins hasardeux de chiffres et de lettres). Pour le dire simplement : nous ne supportons pas le flou, le cerveau a toujours besoin de nous raconter une histoire, c’est la « réduction de l’ambiguïté ». C’est le même mécanisme qui, il y a quelques années, a divisé les internautes à propos de la couleur de la fameuse « robe infernale » (bleue ou blanche, selon les cerveaux), les deux groupes avaient en réalité raison, mais n’ont pas réduit l’ambiguïté de la même manière. Comme le dit la formule : « nous ne voyons pas le monde tel qu’il est mais plutôt tel que nous sommes ».
Ce monde que nous recréons en permanence nous permet d’être « en cohérence avec nous-mêmes » et de réduire certains conflits, ou dissonance cognitive.
Certaines maladies neurologiques sont à ce titre très illustratives, certains patients inventent littéralement des choses pour réduire l’ambiguïté, c’est la confabulation. En 2007, un enfant devenu aveugle et qui se cognait partout expliquait qu’il faisait cela pour jouer. L’explication est la suivante : il était atteint d’une agnosie visuelle, c’est-à-dire que sa cécité était localisée au niveau cortical et non rétinien, il était aveugle « du cerveau » et toujours persuadé qu’il voyait correctement. En jouant sur ces mécanismes – de façon moins extrême – les scientifiques Loftus (voir sa conférence Ted) et Palmer ont réussi à modifier des souvenirs d’étudiants à qui on avait montré un accident de voiture. Ils devaient dire si les vitres de la voiture avaient été brisées ou non lors de l’impact. Ceux à qui on posait la question avec le mot « smash » plutôt qu’avec le mot « hit » étaient beaucoup plus enclin à affirmer que ce fût le cas. En réalité, la vidéo ne montrait pas de vitres brisées. Elizabeth Loftus a utilisé des techniques de suggestion équivalentes et a réussi à convaincre 25 % de cobayes qu’ils s’étaient perdus dans un centre commercial lorsqu’ils étaient petits. On peut donc modifier des souvenirs avec des mots.
Le gaslighting est une autre forme détournement cognitif qui s’appuie sur une manipulation de la mémoire : « il s’agit de faire douter sa victime de sa mémoire ou carrément de sa santé mentale en présentant certains faits de façon tronquée, en modifiant quelques éléments du souvenir initial en lui disant qu’elle a tout inventé, ou qu’elle perd la raison. » Albert Moukheiber  nous raconte également l’expérience de Petter Johansson (voir sa conférence Ted) dans laquelle on demande aux cobayes de choisir la plus jolie de deux femmes sur photo, on leur présente ensuite l’image qu’ils n’ont pas retenue. La majorité des personnes testées justifie ce choix bec et ongles, par la forme du visage, le sourire, etc. Ce phénomène, la « cécité au choix », montre que nous sommes capables de justifier a posteriori des choix que nous n’avons pas fait. Autre exemple : de nombreuses entreprises utilisent pour recruter le test de personnalité MBTI, dont on sait pourtant qu’il n’est absolument pas fiable. Mais il y a eu tellement d’investissement qui ont contribué à faire croire que ce test marchait, qu’un retour en arrière est difficile…
Ces petits exemples entrent tous dans la catégories des biais cognitifs, sur lesquels Albert s’attarde : la biais d’ancrage par exemple, fait que dans un énoncé, nous avons tendance à retenir la première information qui nous est livrée. On jugera mieux une personne « sympathique et un peu colérique » qu’une personne « un peu colérique et sympathique »… La preuve par l’anecdotique intervient quand nous justifions un raisonnement par un exemple anecdotique (« je connais quelqu’un qui… », etc.), le biais de confirmation fait que nous avons tendance à préférer les informations qui nous confortent dans nos croyances et renforcent nos opinions (ce biais a été notamment au centre de beaucoup de questions concernant le mécanisme de bulles de filtre des réseaux sociaux comme Facebook). Bref, il existe des centaines de biais, qui ne sont ni bons ni mauvais en soi, ils font partie de notre mode de fonctionnement. Les choses deviennent réellement intéressantes lorsqu’on en constate les effets à une échelle plus vaste.
C’est là un autre apport intéressant du livre de Moukheiber qui entre de plein pied dans des questions de société, comme celle du dérèglement climatique. Dans sa partie « Ce sur quoi j’ai prise et ce qui m’échappe », le docteur explique que d’une part, nous avons énormément de mal à traiter ce genre de problématiques lointaines, car notre cerveau n’y est pas spécialement préparé. C’est un peu le même mécanisme qui sévit chez les fumeurs : « Si nous n’avions ne serait-ce qu’une « chance » sur dix de développer un cancer trente minutes après avoir fumé une cigarette, il n’y aurait probablement pas de fumeurs dans le monde. » Le chercheur expose ensuite la théorie de Julian Rotter selon laquelle il existe schématiquement deux types de personnes : « ceux qui croient que les événements ne dépendent que d’eux » et « ceux qui pensent que ces événements sont le fait de facteurs extérieurs ». La première catégorie a ce qu’on appelle un locus de contrôle interne (LCI), les autres ont un locus de contrôle externe (LCE). Selon qu’on penche d’un côté ou de l’autre, on se sent plus ou moins impuissant ou en capacité d’agir face à un problème. De même, on se permet de plus ou moins juger les autres en fonction de son propre locus. Albert résume : « Croire que nous n’avons pas prise sur notre environnement et sombrer dans l’inaction, voire dans l’apathie est un piège. Croire que nous sommes omnipotents et que tout dépend de notre seule volonté est aussi un piège. »
Un autre phénomène longuement décrit est « l’illusion de la connaissance » : nous sommes toujours persuadés de mieux comprendre le monde que nous ne le comprenons vraiment. Quand nous abordons un sujet nouveau, nous passons souvent en premier lieu par un pic de confiance, avant de réaliser – ou non – que nos connaissances sont extrêmement limitées et que toute information supplémentaires complexifie le sujet. Ce parcours cognitif s’appelle l’effet Dunning-Kruger et peut se schématiser selon le graphique qui suit :
Les effets sur la société sont palpables. Ce genre de biais explique pourquoi, très schématiquement, les gens qui ont confiance en eux sont souvent promus alors qu’ils sont incompétents. A l’inverse, certaines personnes surdouées ont tendance à se sous-estimer. Combinés, ces deux effets donnent lieu à des absurdités : « des personnes sous-compétentes dirigent des personnes sur-compétentes. » ! Albert Moukheiber va jusqu’à mettre le Brexit ou certaines critiques anti-OGM sur le compte de ces biais. Au lendemain du Brexit, la requête numéro 1 sur Google était : « Qu’est-ce que le Brexit ? », et la numéro 2 « Qu’est-ce que l’Union européenne ? ». Quant aux OGM, aucune étude scientifique ne vient prouver qu’ils sont néfastes pour la santé. Mais le fond du propos de Moukheiber est plus prudent : il rappelle justement qu’il ne faut surtout pas renvoyer les individus à leurs biais. A cet effet, il critique la mode du « débiaisage » qui sévit à l’échelle des Etats ou de la banque mondiale et écrit : « les biais cognitifs ne sont pas immuables, ils ne sont pas absolument positifs ou négatifs mais dépendent de plusieurs facteurs : ils sont contextuels. Il serait plus intéressant d’apprendre pourquoi certains biais émergent dans certaines situations que de les combattre à tout prix. »
C’est là un point très important, me semble-t-il. En effet, le buzz des biais cognitifs a tendance à obstruer la juste analyse des origines de certains problèmes (individuels et/ou collectif), ce qui donne lieu à des solutions inappropriées, comme le fameux débiaisage. Il est malheureusement devenu commun de renvoyer un adversaire idéologique à ses biais cognitifs, juste pour le discréditer. C’est une forme d’essentialisation à l’intérieur de laquelle deux dangers couvent : le premier consiste à croire qu’une personne biaisée a tort par principe, et que sa voix politique est juste le reflet d’un manque de compréhension de la situation. A l’inverse, on pourrait tout aussi bien avancer que ces biais et perceptions réduites dénotent un vécu et un quotidien qui demandent à être exprimés et écoutés plutôt que rejetés. Si on s’arrête aux simples biais, on est vite tenté d’affirmer qu’il suffira de faire plus de pédagogie pour que les gens comprennent ce qu’il faut comprendre et votent « correctement ». C’est le fameux : « cette réforme n’est pas acceptée car elle n’est pas comprise, donc il faut faire de la pédagogie ». Le second danger consiste à reporter sur l’individu et son cerveau ce qui relève de vastes problèmes de sociétés. Or les électeurs ne votent pas Trump ou pour le Brexit parce qu’ils sont biaisés, mais parce qu’il y a une envie d’en découdre, parce que les richesses sont mal réparties, parce qu’ils ont le sentiment de ne pas bénéficier du progrès, et pour tout un tas d’autres raisons. Les activistes anti-OGM de leur côté, n’ont pas comme seul argument dans leur besace les questions sanitaires, mais aussi une critique plus globale de certains modes de production. A trop se focaliser sur les biais, on en oublierait presque le contexte.
Albert Moukheiber revient justement sur cette question essentielle dans la suite de son ouvrage. Il rappelle à juste titre que le fonctionnement de notre cerveau et la façon dont nous percevons la réalité varient énormément en fonction du contexte. Nos prises de décision sont liées à nos états psychologiques, au temps qu’il fait ou encore à l’heure de la journée. Le fait d’être pressé par exemple, nous pousse à être beaucoup moins empathique, à ne plus s’arrêter dans la rue pour secourir quelqu’un. Le fait que nous soyons seul ou plusieurs influence aussi notre comportement : une expérience de simulation d’une crise d’épilepsie dans un lieu public a montré que « 85 % des passants aident la victime s’ils sont seuls sur les lieux de l’accident, 62 % s’ils sont avec une autre personne et 31% seulement s’il y a plus de quatre autres témoins. Plus les témoins sont nombreux, moins ils agissent car ils ne se sentent pas aussi responsables que s’ils étaient seuls et que tout ne dépendait que d’eux. » Ce phénomène, c’est celui de la diffusion de la responsabilité. Dans d’autres circonstances, on a prouvé que nous sommes meilleurs pour répondre à des questions de culture générale quand nous sommes par petits groupes de cinq. Individuellement ou dans des groupes plus vastes, nous sommes moins précis. Ce sont là des arguments massue pour tempérer certains discours du moment qui expliquent tout par le quotient intellectuel ou la génétique : les humains ne sont pas des monades isolées, nous vivons en commun dans un monde qui bouge et qui nous influence énormément. Au regard de ce qu’Albert Moukheiber explique, on comprend que le fait d’être intelligent – suivant les critères très discutables du QI – n’assure en rien que nous prendrons les meilleures décisions. Une évidence toujours bonne à rappeler.
Il existe bien sûr, à titre individuel, des façons de se prémunir de certains biais. Comme le dit l’adage, si nous ne sommes pas responsables de ce que nous ressentons, nous pouvons agir sur ce que nous faisons de ce que l’on ressent. C’est la conclusion du chercheur qui donne dans ces dernières pages quelques pistes intéressantes pour agir sur ce que nous pensons (c’est la méta-cognition). Nous pouvons par exemple attribuer à nos croyances un pourcentage de fiabilité : « Le but de ces indices de confiance est de savoir à quel moment douter, et à quel moment nous faire confiance en adoptant un mode de pensée graduel (j’en sais beaucoup / j’en sais peu) plutôt que binaire (je sais / je ne sais pas). » Moukheiber nous invite également à nous méfier des procédés fallacieux comme la preuve anecdotique, les arguments d’autorité, ou encore les fausses équivalences : « ce n’est pas parce qu’un homme politique a commis des exactions qu’il faudra soutenir que toutes les figures d’autorité politique sont « pourries ». Moukheiber plébiscite un doute constructif, tourné vers soi et non pas seulement vers les autres. D’ailleurs, la lecture de cet ouvrage – que je recommande vivement – ne vous servira strictement à rien si vous n’êtes pas disposé à changer d’avis et à remettre en cause certaines de vos croyances.
Je ne fais ici que retracer quelques éléments de ce bouquin qui fourmille de bonnes petites idées. Après l’excellent Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon et le non moins agréable Petit traite de manipulation a l’usage des honnêtes gens, de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, « Votre cerveau vous joue des tours » est un génial petit manuel qui nous aide à mieux nous connaître et à douter sainement. A ajouter sans aucune hésitation à votre bibliothèque.
Irénée Régnauld
Source : http://maisouvaleweb.fr/avons-tant-de-mal-a-changer-davis-autres-tours-joue-cerveau/

lundi 2 septembre 2019

Le Secrétaire Roentgens

Et vlan ! passe moi l'éponges

Les éponges permettent de piéger la silice dans les fonds marins ...

jeudi 29 août 2019

Jean Cavaillès

Jean Cavaillès a été arrêté par la Gestapo en août 1943 et fusillé par les Nazis au printemps 1944. Il venait d’avoir quarante ans. Il a été enterré avec onze autres corps dans les douves de la Citadelle d’Arras sans leurs noms dans un but de damnatio memoriae. Mais il repose maintenant dans la Chapelle de la Sorbonne.
Major du concours d’entrée à l’Ecole Normale en 1923 qu'il avait préparé seul, c'était un philosophe mathématicien qui appréciait l'engagement, la radicalité et la logique. L'émission de France Culture nous dit qu'il considérait que :
«  ... la tâche de la philosophie est de substituer 
au primat de la conscience 
le primat du concept. »
Dernier ouvrage :
Source : 

Infuseur d'idée

Je partage le commentaire que j'ai fait sur le post d'un article partagé par un ami sur Linkedin et que je t'ai joint. 


Le lâcher prise, l'escalade vous l'enseigne, ne soulage que lorsque l'on garde toujours 3 prises... sinon c'est la chute ! 
Il faut donc choisir ses prises... et ne pas s'acharner sur ce qui ne peut être changer (une très mauvaise prise). 
Lorsque l'on s'applique à l'exercice quotidien de l'Optimiste, l'envie d'innovation et le dynamisme permettent de s'échapper des contraintes douloureuses et d'obtenir la récompense salvatrice du travail bien fait.

Un petit clin d'oeil 😉 bien sûr. 
J'ajoute que la nouvelle génération pratique beaucoup plus l'escalade. Elle saura s'adapter au monde complexe d'aujourd'hui... encore de l'optimisme. 


Au delà d’un repos souvent nécessaire, les vacances peuvent permettre de se recentrer sur soi et sur ses aspirations, tant personnelles que professionnelles ; soit prendre le recul nécessaire pour mieux sauter. Identifier ce que l’on prend tant de plaisir à y faire pour le transposer dans la vie active permet de s’engager positivement dans une nouvelle année en se donnant des objectifs motivants.

1 - Prolonger le bien-être estival
Si faire le marché, aller à la piscine ou lire un livre en terrasse est pour beaucoup synonyme de vacances, ce sont autant d’habitudes qu’il est tout à fait possible d’intégrer à notre vie quotidienne. Qui ne se sent pas en vacances en bronzant dans un parc ou en découvrant une ville, y compris la sienne, avec un guide touristique ? De retour à la vie active, il n’en est pas moins possible de poursuivre ces activités pour prolonger ce sentiment de bien-être. Alors, assis dans votre transat, pourquoi ne pas lister toutes ces petites activités, ces petits moments de plaisir qui vous permettront de survivre à la rentrée ?

2 - Se rendre acteur de son projet
Les vacances sont bien sûr utiles pour déconnecter complètement du travail. Mais c’est également le parfait timing pour prendre un peu de recul et penser sereinement à son projet professionnel dans sa globalité. C’est une excellente occasion de prendre un peu de temps pour soi et identifier ce qui nous fait plaisir, ce qui nous motive, nous fait rêver, ce qui a du sens pour nous. Structurer sa pensée permet d’y voir plus clair et de revenir à la rentrée avec des objectifs clairs à atteindre. On peut par exemple commencer très simplement en répondant à la question : « si tout était possible, qu’est-ce que j’aimerais faire d’ici 2 ans ? ». Mais attention, la révolution totale n’est pas forcément de rigueur ! Développer une compétence, explorer une opportunité, observer de nouveaux métiers peut s’avérer très utile pour déterminer un avenir professionnel qui nous convient.
Cela permet de faire de la rentrée un vrai point de départ dynamique et optimiste et non pas seulement un retour à la monotonie.

3 - Créer des conditions de travail agréables
« Qu’est-ce qui m’épanouit au travail ? » Voilà une bonne question qui pose les bases d’un retour au travail réussi. En faisant l’inventaire de tous les éléments qui m’ont plu au travail l’an passé – moments partagés avec son équipe, situations particulières, relations de qualité, nouvelles responsabilités, il est plus facile de mieux connaître mes goûts et de les approfondir. Participer à la vie de l’entreprise est également un bon moyen d’améliorer l’ambiance générale, en aidant les nouveaux venus à s’intégrer ou en créant de nouveaux rituels, les opportunités de créer du lien sont innombrables.

4 - Faire place à la découverte
Pas toujours facile de sortir de sa routine. C’est pourtant la meilleure façon de se stimuler intellectuellement. Au cours des vacances, en s’interrogeant sur sa vie et ses envies, on peut découvrir que l’on souhaite « créer » de la place à la découverte et aux rencontres. La bonne façon de le mettre en application à la rentrée peut être de se lancer dans de nouvelles activités ou de rencontrer de nouvelles personnes. Une bonne initiative peut, par exemple, être de se donner pour objectif de déjeuner une fois par semaine avec un collègue différent. Si cette démarche demande une certaine organisation, elle ne peut qu’être enrichissante à la fois pour soi-même et pour la personne que l’on aura gagné à connaître. La question à garder à l’esprit est « Qu’est-ce que je peux faire différemment pour apprendre et découvrir au quotidien ? ». 

5 - Ne pas s’acharner contre ce qui ne peut pas être changé
La vie professionnelle demande une grande capacité d’adaptation, c’est pourquoi la « stamina », ou endurance, est une aptitude déterminante qu’il convient de renforcer. Et quelle meilleure période que les vacances pour le faire ? Pour affronter le stress des défis de la vie active, il faut mettre à profit cette période pour se recentrer sur son identité et ses désirs profonds. Avoir une conscience accrue de son identité est un excellent moyen de connaître les limites de son investissement et de préserver un équilibre sain entre vie personnelle et professionnelle. Bien se connaître permet d’être plus serein, mais également de communiquer clairement aux autres nos contraintes, limites ou besoins.

C’est aussi l’occasion de distinguer ce qui dépend de notre volonté et ce qui n’en dépend pas, afin de ne pas s’acharner contre ce qui ne peut pas être changé, et se concentrer sur ce que l’on peut impacter. Cela n’est pas nouveau, le stoïcien Sénèque y encourageait déjà dans ses Lettres à Lucilius un jeune patricien qui lui demandait des conseils pour mener une vie meilleure.

Au-delà de se reposer et de récupérer, les vacances servent aussi à (se) construire. Elles permettent de s’aligner — revenir à ce que l’on est profondément, savoir ce que l’on veut faire et ce que l’on aime faire — pour renforcer sa colonne vertébrale et être solide tout au long de l’année. Il s’agit donc de tirer parti de cette période pour se muscler émotionnellement afin d’être capable, par la suite, de faire face aux difficultés et de prendre les bonnes décisions.

Thomas d’Hauteville est cofondateur 
« Qu’est-ce qui m’épanouit au travail ? » Voilà une bonne question qui pose les bases d’un retour au travail réussi. En faisant l’inventaire de tous les éléments qui m’ont plu au travail l’an passé – moments partagés avec son équipe, situations particulières, relations de qualité, nouvelles responsabilités, il est plus facile de mieux connaître mes goûts et de les approfondir. Participer à la vie de l’entreprise est également un bon moyen d’améliorer l’ambiance générale, en aidant les nouveaux venus à s’intégrer ou en créant de nouveaux rituels, les opportunités de créer du lien sont innombrables.

4 - Faire place à la découverte
Pas toujours facile de sortir de sa routine. C’est pourtant la meilleure façon de se stimuler intellectuellement. Au cours des vacances, en s’interrogeant sur sa vie et ses envies, on peut découvrir que l’on souhaite « créer » de la place à la découverte et aux rencontres. La bonne façon de le mettre en application à la rentrée peut être de se lancer dans de nouvelles activités ou de rencontrer de nouvelles personnes. Une bonne initiative peut, par exemple, être de se donner pour objectif de déjeuner une fois par semaine avec un collègue différent. Si cette démarche demande une certaine organisation, elle ne peut qu’être enrichissante à la fois pour soi-même et pour la personne que l’on aura gagné à connaître. La question à garder à l’esprit est « Qu’est-ce que je peux faire différemment pour apprendre et découvrir au quotidien ? ». 

5 - Ne pas s’acharner contre ce qui ne peut pas être changé
La vie professionnelle demande une grande capacité d’adaptation, c’est pourquoi la « stamina », ou endurance, est une aptitude déterminante qu’il convient de renforcer. Et quelle meilleure période que les vacances pour le faire ? Pour affronter le stress des défis de la vie active, il faut mettre à profit cette période pour se recentrer sur son identité et ses désirs profonds. Avoir une conscience accrue de son identité est un excellent moyen de connaître les limites de son investissement et de préserver un équilibre sain entre vie personnelle et professionnelle. Bien se connaître permet d’être plus serein, mais également de communiquer clairement aux autres nos contraintes, limites ou besoins.

C’est aussi l’occasion de distinguer ce qui dépend de notre volonté et ce qui n’en dépend pas, afin de ne pas s’acharner contre ce qui ne peut pas être changé, et se concentrer sur ce que l’on peut impacter. Cela n’est pas nouveau, le stoïcien Sénèque y encourageait déjà dans ses Lettres à Lucilius un jeune patricien qui lui demandait des conseils pour mener une vie meilleure.

Au-delà de se reposer et de récupérer, les vacances servent aussi à (se) construire. Elles permettent de s’aligner — revenir à ce que l’on est profondément, savoir ce que l’on veut faire et ce que l’on aime faire — pour renforcer sa colonne vertébrale et être solide tout au long de l’année. Il s’agit donc de tirer parti de cette période pour se muscler émotionnellement afin d’être capable, par la suite, de faire face aux difficultés et de prendre les bonnes décisions.

Thomas d’Hauteville est cofondateur d’iNNERSHiP
Thomas d’Hauteville
Le 29-08-2019

Infuseur d'idée

Très intéressant : Albert Moukheiber

Je vais me procurer son livre...
Il me plait bien ce mec là !

mercredi 3 juillet 2019

« Mondes InfraVivants »

Il parait que le biologiste Thomas Heams rassemble dans son livre de nombreuses pistes à propos de la grande question - Qu’est-ce que la vie ? - à laquelle ni les philosophes ni les biologistes n'ont pu répondre. 
Il propose un nouveau concept, celui des « mondes infravivants » pour éclairer les frontières entre vivant et non-vivant en faisant un inventaire des entités étranges telles que :
Des minéraux qui croissent et se multiplient. Des molécules qui s’autoamplifient. Des réseaux de molécules qui se créent, se « nourrissent » les unes des autres… Des formes exotiques de cellules sans ADN, ou ARN (une forme complémentaire de l’ADN) pour se reproduire. Des vies sans carbone ou des ADN avec des ­bases nouvelles.... Des virus dans des virus, des bactéries dans des bactéries, des cellules dans des ­cellules. ... Des protocellules, des ­virocellules, des ultramicrobactéries…
Infravies. Le vivant sans frontières, de Thomas Heams (Seuil, 190 p., 20 €) semble donc bien un nouveau livre à lire ! 

samedi 22 juin 2019

Taret

La famille des Teredinidae regroupe les tarets qui sont des mollusques lamellibranches vermiformes. leur corps allongé explique leur nom composé avec le mot vers en anglais (shipworm) et aussi en allemand (schiffsbohrwurm).
Ce sont animaux marins le plus souvent.  Grâce à des bactéries symbiotiques ils peuvent 'manger' les bois immergés tels que les coques de bateaux, les pilotis, les quais ou les digues.
Le genre Kuphus polythalamia qui peut atteindre 1 mètre de longueur, lui se distingue en se nourrissant avec l'aide de ses bactéries symbiotiques du sulfure d'hydrogène des vases.
g. Lithoredo abatanica : a) un spécimen juvénile, b) un petit adulte et c) un grand adulte. 
La barre d’échelle mesure cinq millimètres.
L’indication In point l’intestin, MC, le collier de manteau, Pa, la palette, Si, le siphon et SV, la soupape à coquille. © Royal Society
Les tarets du genre Lithoredo abatanica sont épais et blancs. Ils vivent en eau douce, perforent les pierres.
Source : 
Je me souviens d'avoir vu des galets perforés de cette manière à Santa Barbara... 

samedi 15 juin 2019

Charlot croche


C'est dans ses courts-métrages tournés pour les studios Essanay et Mutual, entre 1915 et 1917, que Charlie Chaplin met au point, comme dans un laboratoire de recherche, les thèmes, le style et la dramaturgie qui feront, quelques années plus tard, de chacun de ses longs-métrages, un chef-d'œuvre.
Charlot à la plage ("By the Sea", 1915, 15min)
Charlot, dans une station balnéaire, entame une bagarre avec un homme suite à un mélange de chapeaux. Peau de banane, coups de pieds aux fesses, glaces renversées… comme une enfance de l'art burlesque se déploie sous nos yeux, avec ce court-métrage simple et efficace, dans lequel Chaplin incarne un promeneur pas encore tout à fait vagabond : ici Charlot ne cède rien à la poésie, et tout à l'énergie féroce des gags.