La molaire d'Hatchepsout
Une énigme vieille de trois millénaires et demi, semblerait être résolue. La momie d'Hatchepsout aurait été identifiée par ... une molaire!
A l'aide d'un fragment de dent retrouvée dans un 'vase canope' à son nom, les archéologues ont pu identifier la bonne momie dans la tombe numérotée KV 60 (King Valley n° 60 retrouvée par Howard Carter dans les années 1910). Elle était en compagnie d'une autre momie féminine dite de la 'nourrice'. Celle-ci avait été transportée au Musée du Caire tandis que 'la bonne' dépouille avait été laissée dans la tombe... c'était la momie d'une femme obèse d'une cinquantaine d'années et à laquelle manquait une molaire. Hatshepsout était la fille unique et l'héritière de Thoutmosis Ier. Elle avait épousé son demi-frère Thoutmosis II et ell était la belle-mère de Thoutmosis III dont elle assuma la régence. Après 7 ans de règne, elle se proclame pharaon. Hatshepsout régna de 1479 à 1457 avant J.-C. dans les premiers temps du Nouvel Empire en transformant sa régence en monarchie personnelle pendant vingt-deux ans... après laquelle elle finalement passa le sceptre du haut et bas empire à son neveu et pupille. Elle ne se trouvait pas dans son tombeau.
Rien que trois tombeaux !
D'abord, Hatshepsout, en tant que Grande Épouse de Thoutmosis II, avait choisi à Sikkat-Taquet-ez-Zeïd, une faille de rocher située à 28 mètres de hauteur pour y faire creuser sa tombe.
Une fois régente, elle en avait commandé une autre dans la Vallée des Rois (KV 20) avec un tombeau de quartzite rose. Mais finalement, elle y fit transporter le corps de son père, Thoutmosis Ier.
Son troisième tombeau, également en quartzite, fut retrouvé vide par Carter.
Il y a plus d'un siècle, Belzoni a découvert la cachette royale de Deir-el-Bahari. Un pharaon de la XXIe dynastie y avait fait entasser toutes les dépouilles royales pour leur épargner des pillages. Cette cache contenait le vase canope marqué de la titulature d'Hatshepsout et contenant sa rate et le fragment de molaire.
Mais, certains archéologues prudents préfèrent attendre le résultat de recherches ADN pour valider cette identification. Certains pensent que Thoutmosis III se serait vengé de sa belle-mère dès son accession au pouvoir, en faisant marteler ses effigies sur les monuments, disparaître son nom pour effacer sa mémoire et en cachant les obelisques sacrés de Karnak (la reine, après le décès de son époux, avait chargé Sénènmout, son intendant, de terminer le projet du défunt d'ériger une paire d'obélisques en l'honneur d'Amon)... Se serait-elle fait inhumer en se faisant passer pour sa nourrice pour éviter le sacrilège de son tombeau? D'autres pensent qu'il n'avait aucune de raison de lui en vouloir puisqu'elle l'avait toujours associée au trône. Les martelages aurait eu lieu vingt ans plus tard, à la suite d'un événement politique non connu.


























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