Marées vertes de 'la Salade'
Les algues vertes sont apparues dans la baie 'fermée' de Saint-Michel-en-Grève quand j'étais adolescent; mon grand-père disait qu'il n'avait jamais connu cette 'étrangère' dans son enfance... et je m'étais imaginé qu'elle devait venir au moins du Japon! Ces algues vertes, comestibles, étaient des ulves, souvent appelées "laitues de mer", avec nos cousins nous étions plus lapidaires, entre nous, nous l'appelions : 'la salade'...alias g.Ulva armoricana - Chlorophycées (algues "vertes"). Dès que l'eau devenait 'chaude', on la retrouvait aussi mais moins nombreuse dans la baie de Locquirec, car heureusement le flux du Douron (la rivière qui sépare les Côtes d'Armor du Finistère) emportait ces algues et évitait qu'elles s'accumulent au 'Fond de baie' de Locquirec.
Leurs 'feuilles' dansaient un peu lourdement dans le courant sans être collées au fond de l'eau "Leur densité voisine de celle de l'eau de mer".
Leurs 'feuilles' dansaient un peu lourdement dans le courant sans être collées au fond de l'eau "Leur densité voisine de celle de l'eau de mer".Depuis les algues nitrophiles fraîches ont été ratissées avec des tractopelles pour dégager les plages, mais leurs amas en décomposition et putréfiés, à l'odeur pestilentielle, restaient encombrants! Hélas, la situation a complètement dégénéré dans les Côtes d'Armor, les algues sont devenues si nombreuses que le tapis malodorant qu'elles forment, étouffe le biotope des baies envahies de Lanion et de Saint-Brieuc notamment dans les zones vaseuses inaccessibles pour le ramassage! Tant et si bien que le mois dernier, l'accumulation de ces algues a engendré la production d'hydrogène sulfuré à une extrême concentration. A un niveau si élevé qu'il est devenu létal, et a causé la mort d'un cheval le 28 juillet et provoqué un sévère malaise chez son jeune cavalier en promenade sur une plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor.
Haro sur 'la Salade' et depuis, le premier ministre François Fillon a annoncé un plan d'action pour lutter contre leur prolifération et que l’État allait "prendre à sa charge le nettoyage des plages les plus touchées, celles qui présentent des dangers de santé publique".
Les prélèvements d'air effectués sur les amas d'algues vertes en décomposition, par l'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris) et le Centre de valorisation des algues (Ceva), confirme de fortes concentrations qui provoquent d'abord des irritations oculaires, bronchiques et des maux de tête. Les niveaux les plus élevés (parfois 1.000 ppm)entraînent une détresse respiratoire avec œdème, voir une perte de conscience avec amnésie. Les méfaits peuvent vite devenir irréversibles et provoquer la mort... Un être humain ne peut résister plus d'une minute, s'il traverse une zone riche en hydrogène sulfuré à 1.700 parties par million (ppm). Le seuil maximum en milieu confiné… dans les usines ou les raffineries, est réglementairement fixé à 5 ppm!
Les épandages des lisiers des élevages porcins et les nitrates des fertilisants agricoles sont pointés du doigt! Les pratiques agricoles développées depuis trente ans, sont mises en cause. Et l'Etat a été jugé responsable du développement des algues sur le littoral breton. En 2007, le tribunal administratif de Rennes l'a condamné l'Etat à verser 2.000 euros de dommages et intérêts à une association de Bretagne. Mais l'Etat a fait appel, la cour administrative de Nantes n'a pas encore rendu sa décision.
De toute façon, il faudra réduire les pollutions azotées.
Je propose simplement de prôner des règles de labourage! et obliger les cultivateurs a tracer des sillons parallèles aux lignes de terrain plutôt que perpendiculaires afin d'éviter le ravinement!
quelques références :
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