- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 24 juillet 2010

Le goût des pépins de pomme

J'ai beaucoup aimé le roman de Katharina Hagena "Le goût des pépins de pomme".

Située dans en Allemagne septentrionale, la maison de Bertha devient un des personnages centraux du roman. Son évocation devient presqu'exotique à travers la description d'Iris, le personnage narrateur. Grâce à des artifices originaux et ingénieux, les groseilles endeuillées à l'éclat blanc ou les Boscops qui mûrissent en été, elle nous transporte étrangement dans un monde allègre et délicat chargé de souvenirs banaux et domestiques. La mémoire et les souvenirs, peu à peu, deviennent le thème fort de ce roman.
J'aime ces trouvailles au goût de maxime évidente :
"Lorsqu'on perd la mémoire, le temps passe d'abord beaucoup trop vite, ensuite plus du tout." (p.83)
"J'en déduisis que l'oubli n'est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l'oubli" (p.178)
"La vérité est proche parente de l'oubli, ..." (p.203)
Nous nous acharnons tout au long de notre vie à faire en sorte que l'étincelle de notre vision de notre monde, semble aussi puissante et pérenne que les plus grands soleils de l'Univers. Et pourtant toute cette manigance sombre toujours dans les failles de l'oubli. L'écriture peut paraître un moyen d'échapper à la règle. Je voudrais tant écrire ... et ne rien oublier! Pour l'instant, ma page demeure blanche! Pour toujours? ... Le monde des écrivains me semble si inaccessible.
Vivent les écrivains.

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