- L'amer pour rentrer au port -

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vendredi 2 janvier 2015

Illustres et sans médaille

Le Premier consul Napoléon Bonaparte lorsqu'il créa l’Ordre National de la Légion d’honneur, le 19 mai 1802 (29 floréal de l’an X), afin de récompenser « la bravoure militaire et le mérité civil » était bien conscient qu'il instituait un instrument de téléguidage politique, avec une organisation de 16 cohortes, administratives et territoriales.
Toute cette gloriole a un coût. Quel est-il ?
Je ne trouve aucun lien vers une étude comptable.
Et pourquoi pas maintenant, réduire le nombre d’impétrant et ne plus confier la mission et le titre de Grand Maître au Président de la République, mais au Président du Sénat, pour que cette carotte cesse d'être un instrument politique pour récompenser l’aréopage affriolé de pacotilles ou les intrigants des coursives des ministères et des Préfectures !
Il faut "être proposé par un ministre, après étude d'un dossier constitué à la demande d'une administration centrale, d'un préfet, d'une association, d'une personnalité politique (maire, député, etc.) ou d'un groupe d'au moins 50 personnes (au titre de l'initiative citoyenne )". 
De nombreux illustres ont refusé cette breloque, George Sand, Hector Berlioz (dans un premier temps ...) , Albert Camus, Guy de Maupassant, Claude Monet, Maurice Ravel, Georges Brassens, Jean-Paul Sartre, Antoine Pinay, Philippe Seguin, Léo Ferré, Pierre Curie, Bourvil ... On peut rester illustres et sans médaille ! Il n'y aurait que les anonymes qui auraient besoin d'une médaille. Car ce jeu pour l'obtenir en la demandant de façon interposée, est finalement assez puéril. Pour sûr, la vanité des vanités ...
Thomas Piketty , auteur de "Le Capital au XXIe siècle",
vient de refuser sa nomination pour la Légion d'honneur.
Bravo !
Il a raison, que le gouvernement consacre son temps (listes, intrigues, promulgation au j.o., remises etc.) et l'argent (ce temps administratif, c'est de l'argent dépensé et non productif sans vouloir faire un méchant euphémisme) de toute cette fanfaronnade à des choses plus sérieuses !

On pourrait imposer de réduire le nombre de promus. En le fixant de façon inversement proportionnelle à la manière dont la dette de l'Etat est laissée filée ! Quand tout va bien on peut se réjouir, quand ce n'est pas le cas, on se serre la ceinture !
De plus, le nombre de promus peut faire douter de la hauteur ou de l’honorabilité de certains mérites récompensés et ...
« ... a nomm(é)er trop de gens qui ne méritaient pas d'être nommés… on (a) bafou(é)e cette haute distinction en nommant n'importe qui »
Cette citation serait d'un ancien ministre, ancien sénateur et président du conseil général de l'Ardèche, Henri Torre, qui refusa la Légion d'honneur.

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