Temps \ Argent
On répète souvent, le temps c'est de l'argent.... avec comme corollaire que lorsque l'on perd son temps, c'est de l'argent qu'on perd. Haro sur l'improductif. Être oisif est socialement très mal considéré, immoral en soi...
En ce temps de confinement, le système productif est à l'arrêt (plus ou moins selon les secteurs). Et nous tous ne mesurons plus le temps de la même façon… dans un espace clos, en enfermement. Le lien entre le temps et l'argent ne peut plus être maintenu comme au par avant. Et la richesse ne peut plus être estimée de la même façon. Nous sommes obligés de nous recentrer sur une liste plus étroite d'aspiration. Et des choses plus anodines deviennent subitement perçues comme plus génératrice de satisfaction que d'autres. Les petites bonheurs changent.
Les pessimistes et malheureux le restent. Les optimistes goûtent la satisfaction en re-étalonnant sa source. Plutôt que des objets de satisfaction, ce sont des interactions, des échanges, des sentiments... des instants qui deviennent la source du contentement, d'une sensation de bien-être, le début d'un petit bonheur.
Il faut vivre l'instant encore plus intensément que d'habitude !
Je viens de lire dans un article du Monde sur le bouleversement économique que provoque la pandémie Covid19 en 202, une citation poétique de Jorge Luis Borges pour comprendre que la définition de la monnaie pourrait être différente de celle qui est usuelle. Je n'en garde qu'une partie :
« … L’argent est abstrait, ... l’argent est du temps à venir. »
Quand on est vivant, le temps a du sens, l'argent dont nous pouvons disposé est bien le résultat de nos efforts ou de l'effort de nos parents qui nous l'ont transmit. Face à la mort, le temps sombre sans avenir, l'argent devient inutile. Il peut aider ceux qui nous survivent.
Aidons dès l'instant que nous le pouvons.
Certes sans effondrer ses réserves de protection pour le temps à venir que l'on espère, ceux que l'on apprécie et qui en ont besoin. Mais il est étrange que cette réserve nécessaire soit estimée si différemment. Moins on possède, moins il doit sembler que l'on puisse posséder et plus on est généreux du peu que l'on a. Et tristement plus l'on possède, plus l'appétit de davantage posséder augmente sans même être repu.


























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