- L'amer pour rentrer au port -

.
°.
° o.
.O . °
. ° . O . ¤ .

mardi 21 avril 2020

Mirage

درخش ِ سبز  
deraxš-e sabz
rayon vert
Oh que oui ! j'aime l'eau, ses rivages, l'horizon et ses nuages...
Au bord du Pacifique
En Solo, sans nul autre espoir que d'entrapercevoir le rayon vert...
Avec pour seul et dernier refuge qu'un minuscule mirage,
Ma vie m’est apparue irréparablement creuse, si vide,
Le terrain même sur lequel j’avais longuement bâti un nid douillet
Avec une patience, générosité, sincérité et amour,
Sans plan, sans direction,
Sauf le souci d'harmonie et de douceur d'un toit protecteur,
Pas que pour moi, pour toi, pour elles,
Y-avait-il trop d'insouciance, de désirs, de rêves à gâter le ciment ?
Tout s’était effondré sous mes pieds…
Il ne reste plus rien.
Comme l'eau s'évanouit dans le sable,
Tout a disparu, s'est effacé, sans laisser de traces que quelques photos inertes,
Jusqu'à ma terrasse enchantée où je plantais les scènes des saisons entre les pommiers evereste,
L'Hiver arrivé, les merles acrobates ne pourront plus pu venir picorer les petites pommes après les gelées.
Ce jardin n'est plus le mien.
Il a fallut tout couper,
Brûler dans la douleurs,
Jeter dans l'indifférence,
Noyer dans l'oubli...
Dans la vacuité
Ne reste qu'une particule d'infini
Que je garde cachée.

Es ist ganz und gar nicht mehr ausgezeichnet !

⸙ Ma vie m’apparut irréparablement creuse, 
le terrain même sur lequel j’avais si négligemment bâti 
s’effondrait sous mes pieds. ⸙
Julien Gracq
Le Rivage des Syrtes (1951)

Aucun commentaire: