- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 9 mai 2020

Chant des partisan

Il parait que Maurice Druon disait que le Chant des partisans n’appartient à personne mais que cette chanson « appartient à tous ceux qui l’ont chantée ».
Il est étrange que tant d'émotion surgisse quand on l'entend et qu'on la chante !
La « première version de la chanson est en russe et s’appelle la Marche des partisans. Elle la jouera plusieurs fois sur scène ou à la BBC, où elle remporte un franc succès. En 1942, elle joue sa chanson lors d’une soirée en présence d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, écrivain et journaliste qui a réussi à gagner l’Angleterre en passant par l’Espagne. Celui-ci est tout de suite séduit par la chanson et la propose à André Gillois, résistant et animateur de radio, qui cherche un indicatif pour son émission Honneur et Patrie, diffusée par la BBC entre 1940 et 1944.
Il se trouve que la mélodie sifflée de cette Marche des résistants permet d’être tout de suite identifiable sur les ondes, et ce malgré le brouillage allemand. Constatant le potentiel de la chanson, d’Astier de la Vigerie, met par la suite en relation Anna Marly avec Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon, tous deux écrivains et fraîchement arrivés à Londres pour s’engager dans la résistance.  
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu´on enchaîne? 

Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c´est l´alarme.
Ce soir l´ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. 


Montez de la mine, descendez des collines, camarades!
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle ou au couteau, tuez vite!
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C´est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu´il veut, ce qu´il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...


Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaine ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Après quelques modifications apportées au texte, Emmanuel d’Astier de la Vigerie l'emmène avec lui en France où il atterrit clandestinement en juillet 1943. En septembre, le texte est imprimé dans le premier numéro de la revue clandestine les Cahiers de Libération. Aucune mention n’est faite d’Anna Marly, ni de Kessel ou de Druon. C’était la volonté d’Astier de la Vigerie : rendre anonyme la chanson pour que tout le monde puisse se l'approprier. Mais à cette époque, peu de gens ont accès à la revue et malgré la présence de la mélodie à la radio et l’impression des paroles sur des tracts lancés par la Royal Air Force, le Chant des partisans demeure peu connu. Il faut attendre la Libération et la fin de la guerre pour que la chanson s’impose et devienne très populaire ».

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