- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 26 mars 2022

Incarcération

Je suis entré hier en confinement stricte dans l'hôtel Mocambo à Nouméa. Il est tout à côté du Mirage Plaza où j’avais mon studio, ma base arrière quand j’étais en Nouvelle-Calédonie et que j’ai pu louer pour ces derniers jours lors de mon troisième séjour néo-calédonien.

Avant-hier j’avais fait le test PCR exigé par Wallis… à 6 heure du mat’. C’était tôt et j’avais donc dû raccourcir mon circuit en brousse par l’est et par le nord, Koné, Poindimié, Touho, Ouégoa, Voh.
Bien que je n’aie pu plonger dimanche à Poindimié à cause des pluies et de l’alerte orange qui bloquait la sortie du club… (et le lundi j’étais tout seul à vouloir plonger, donc pas de sortie non plus 😟) j’ai pu saluer la plupart de mes amis. C’était bien.

Test pcr négatif ! J’ai bouclé mes valises et suis allé les porter à l’hôtel. Gentiment la nana de la réception Maka m’a conseillé d’aller acheter quelques friandises pour ‘tenir’ durant l’isolement. J’ai suivi ses conseils.

J’avais repéré à une station-service Shell, toute bellement refaite à côté du Cinécity, un chocolat noir néo-zélandais avec du caramel au beurre salé à l’intérieur (les stations sont des points stratégiques qui servent d’épicerie ici…). J’étais plutôt content et joyeux.

Le seul confinement que j'avais fait, c’était le premier et improbable en mars 2020, c’était un auto-confinement de 15 jours. Et même si c'était stressant, la menace de l'épidémie inconnue était très étrange et inquiétante, j'avais changé 4 fois de lieu d'habitation, et quand bien même nous ne pouvions sortir que pour une course ou s’aérer qu’avec l’attestation, je n'étais pas enfermé avec des caméras de contrôle, dans un espace ad-hoc tout bouclé...

Et moi, je déteste être enfermé !

Si bien que vers 16 heures quand je suis revenu signer les papiers de mon entrée en confinement stricte dans l'hôtel Mocambo, j’ai eu une grande crise de stress. C'est devenu horrible. Ce n'est pas moi qui m’étais auto-enfermé... comme la première fois. J’ai réalisé que j’étais comme dans une prison améliorée... je subissais l'enfermement. Le choc de l’incarcération (sur le coup je n’ai pas pensé à ce mot, mais c’était bien ça !)

Je me suis senti très, vraiment très mal quand je suis rentré dans la chambre 104. Pour tout dire je n'avais qu’une seule envie, tout claquer et rentrer chez moi pour quitter cet espace impersonnel et non accueillant : une belle crise d'anxiété énorme à pleurer et tout balancer, après être entré dans cette put' de chambre !

La sensation d'être pris dans une nasse, tombé dans une souricière, m'a perturbé vraiment violemment. J'ai été surpris de ma réaction. C'est tellement inattendu pour moi car en général je fais face aux situations de crise plutôt facilement.

Pour me soulager et améliorer cette très forte oppression, j’ai pensé aux ampoules de magnésium Mag2® (mon remède magique... 😉) que j’avais laissées dans ma voiture. J’ai donc voulu retourner les chercher. Or ils n’ont pas voulu me laisser ressortir… et pourtant l'heure stricte de l’entrée en confinement n'était pas encore atteinte ! La septaine officiellement commençait à 18h. C'était trop bête … c'était à 5 minutes. Ils sont fous me suis-je dit. Ça me rendait fou, et ajoutait une intensité supplémentaire à la sensation d'être pris au piège. C'était dingue, je n'aurai pas cru cela possible. Certes c’était un mal pour un bien (après je serais 4 mois sans avoir besoin de porter le masque ou de respecter les gestes barrières...) mais le cerveau est bizarrement fait.

Il ne restait qu’une seule aide possible, me faire déposer un paquet avant 18h.… après plus de contact et pas de colis... pendant 10 jours 🤯 7 à Nouméa et 3 jours supplémentaires à Wallis (ça va être pire). Ça va être très dur !

Une porte de prison c’était bien ça ! Devant mon sentiment d’impuissance et de quasi panique, j'ai appelé au secours, Marine ne répondait pas, Vincent était à Farino, heureusement Cécile était joignable et Matthieu pas très loin. Il m'a fait remettre du magnésium et du bromazépam. Ouf !

Le magnésium a été efficace. Je n'éprouve plus le besoin de prendre du bromazepam . Et j'ai pu prendre sur moi ensuite. Comme d'hab' 😊. Je vais essayer de me concentrer sur le tout petit bout de mer que je peux voir dans l'entrebâillement de la fenêtre à bascule... Ça va aller...

C'est dingue, j'ai été emporté dans le stress comme une botte de paille par une violente rafale de vent, une sorte d'ouragan intérieur irrésistible. C'est une surprise 🤷‍ pour moi qui m'adapte facilement en principe. Là j'étais au bord de la crise. Ouah ! Ce n'est pas un bon souvenir... 🤯

J'ai bien dormi 😴 Et maintenant ça va mieux. Je suis plus zen 🧘‍. La sortie sur le toit-terrasse, apporte aussi beaucoup de bien-être ! L'oubli d'un instant en plongeant son regard par delà les toits imbriqués et le vert luxuriant des palmes, vers l'horizon bleu à la recherche des voiles étarquées mais libres de jouer avec le vent.


En écrivant cette infortune, je croque un bout de pain avec une délicieuse pâte à tartinée maison de la ‘Chocolaterie’ qui est située juste au-dessous de mon studio du Mirage Plaza. J’aime bien y aller, tranquille, prendre un café en terrasse. La magie du chocolat et le goût délicat des noisettes de mon enfance, l'accord parfait. Tout l’art des Pensées Positives

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