- L'amer pour rentrer au port -

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lundi 18 novembre 2013

Peter

Saint-Pétersbourg pourrait n'être tout simplement qu'une destination touristique clinquante, vue et revue sur les catalogues des voyagistes, et qu'on visite comme un parc d'attraction. Non, dès que j'ai su qu'on pourrait faire partie de ce voyage, j'avais besoin d'autre chose, une saveur plus complexe et intellectuelle car mon âme vagabonde ricochait sur mes souvenirs littéraires et musicaux.
Comme tout à chacun, je me suis empressé non sans de nombreuses hésitations de choisir un guide. Et comme j'aime l'histoire et les plans, j'ai opté pour le rejeton de Gallimard qui de prime abord, m'a paru bien illustrer la vie artistique du XIXième. A l'évidence cette période de l'histoire de cette ville, serait au cœur de notre voyage. Son atmosphère surannée et idéalisée, animerait notre court passage dans ses rues et ses canaux. C'était un scénario, certes un peu cliché, mais ce devrait être sans aucun doute le meilleur moyen pour appréhender l'âme de la ville.
J'ai essayé de me remémorer le monde romanesque et complexe de Dostoïevski que j'ai adoré lire quand j'avais vingt ans. Ces souvenirs anciens qui avaient besoin d'être réanimés, revivent avec les airs de Tchaïkovski que j'aime maintenant jouer au piano.
Avant même le départ, mon imaginaire était riche avant même que mes yeux, mes sens ne puisse se nourrir de la réalité. Et pour capter au mieux ces multiples facettes, j'ai comme souvent préparé longuement mon propre petit guide, en rassemblant de nombreuses sources au travers de plusieurs lectures. Je recommande Les Romanov d'Hélène Carrère d'Encausse qui nous fait revivre l'histoire avec beaucoup de clarté.
Muni de mon petit guide et d'un plan trouvé sur le net que j'ai aussi patiemment complété, je me suis très facilement repéré dans la ville, comme si j'y étais déjà venu. Maintenant ces éléments vont m'aider à rédiger l'album de notre très belle escapade septentrionale, au moment des nuits blanches.
Saint-Pétersbourg, c'est une rencontre. Une rencontre avec une entité que l'on a envie de dire amie. « Mon ami, c’est Pétersbourg tout entier. » écrivait Dostoïevski dans les Nuits blanches. Et c'est bien un souvenir amical que m'a laissé la ville, là-haut sur les toits du Kempinski.

http://bibliotheque-russe-et-slave.com/index1.html

Ardéïdés

 ... Héron, Aigrette, Butor, Bithoreau !
aux abords du parc Altaïs
Clin d’œil à La Fontaine
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre ;
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit.
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments l'appétit vint : l'oiseau
S'approchant du bord vit sur l'eau
Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le rat du bon Horace.
Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?
La Tanche rebutée il trouva du goujon.
Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit, il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.
Ne soyons pas si difficiles :
   Les plus accommodants ce sont les plus habiles :
   On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
   Gardez-vous de rien dédaigner ;
   Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
   Bien des gens y sont pris ; ce n'est pas aux Hérons
   Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ;
   Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.

dimanche 17 novembre 2013

Close to you


Al Hoffman / C.Lampl et Jerry Livingston
Close to you
Close to you, I will always stay.
Close to you, though you're far away.

You'll always be near as though you were here by my side.
No matter where - in my dreams I'll find you there
Close to me, sharing you're caress.
Can't you see you're my happiness?

Wherever you go, my heart will go, too. 
What can I do?It only wants to be close to you.
                        ~~
Wherever you go, my heart will go, too.
What can I do?It only wants to be close to you.














Frank Sinatra & le Quatuor de Hollywood, le grand quatuor américain créé en 1939 par le chef d’orchestre et violoniste Felix Slatkin, et son épouse la violoncelliste Eleanor Aller.

CAPITOL 4969912

Programme musical :
  • Al Hoffman / Carl Lampl et Jerry Livingston
Close to you Frank Sinatra , Quatuor de Hollywood CAPITOL 4969912
  • Jerome Kern
Melodie Gordon Quartet
  • Joaquin Turina :
la oracion del toreo (la prière du torero), op. 34 Quatuor de Hollywood TESTAMENT SBT 1053
  • Johann Nepomuk  Hummel
2 premiers mvts du Quatuor en sol majeur opus 30 N°2 Quatuor de Hollywood TESTAMENT SBT 1085
  • Beethoven :
12ème Quatuor op. 127 en mi bémol majeur Quatuor de Hollywood TESTAMENT SBT 3082
  • Hugo Wolf :
Sérénade italienne en sol majeur Quatuor de Hollywood TESTAMENT 1081

521

Quelqu'un m'a parlé il y a peu de la demi-vie de l'ADN. Je suis resté sec sur le sujet, jusquà ce que je recherche sur la toile.
Source : 
rapportée par le magazine futura-sciences
+
le blog de David Bressan

En fait l’ADN qui constitue le patrimoine génétique, après la mort est dégradé progressivement par des enzymes et des micro-organismes en provoquant des ruptures des liens unissant es nucléotides.
Au mieux, sous une température de -5 °C, l’acide désoxyribonucléique se conserverait au maximum 6,8 millions d’années. .... il deviendrait illisible après environ 1,5 million d’années.
C'est ce qu'ont étudié Morten Allentoft de l’University of Copenhagen (Danemark) et Michael Bunce de la Murdoch University (Australie) En se repérant le taux de dégradation du matériel génétique sur de vieux os d' une même espèce contenant toujours de l’ADN, ils ont calculé une demi-vie sous des conditions de température et d'humidité similaires. 
Près de 158 os répondant aux critères de sélection ont été récupérés en Nouvelle-Zélande sur les sites de Pyramid Valley, Bell Hill Vineyard et Rosslea. Ils ont tous été conservés à une température de 13 °C. Ces ossements, vieux de 602 à 7.839 ans, appartenaient à trois espèces de moas, des oiseaux géants non volants de la famille des dinornithidés. Ces volatiles pouvant atteindre 3 m de haut auraient disparu voici 400 ans à la suite de l’arrivée des Maoris. 

La demi-vie de l’ADN 

calculée grâce à ces MOAS 

serait de 

521 ans 


Les 4 sœurs

Alain m'a raconté une bien bonne histoire avec 4 sœurs

  • Anne
  • Justine
  • Corinne
  • Germaine 
Hic !
'an 'tite goutte ?
just'in goutte ?
'core in'tite goutte ?
j'a'r met'ine 'tite goutte !

Musique antique

Source : Sciences et Avenir mars 2009 n° 745 
Quel était le plus grand compositeur grec au 4e siècle avant J.C ? 
Question saugrenue pour le commun des mortels,  mais pour Annie Bélis (directrice de recherche au CNRS, à l’Institut de Papyrologie de la Sorbonne, ancienne de l’École Française d’Athènes, et spécialiste de musique grecque antique) c'est tout évidemment :
« Timothée de Milet »
Des fragments musicaux de Timothée de Milet ont été étudiés, réédités et exploités pour faire resurgir la musique antique.
Mais lequel ? car il y en aurait deux ... l'aède ou l'aulète ?

  • Le premier, musicien et poète grec de la fin du Ve siècle avant J.-C. et de la première moitié du IVe, est l'auteur de plus de 200 vers connus sous le dithyrambe, appelés Les Perses qui étaient chantés et accompagné d'une cithare (par un aède ou citharède).
  • Le second est appelé par les spécialistes l'aulète thébain (joueur d'aulos, un instrument à vent utilisé de la Grèce antique, sorte de flûte double au son proche du hautbois).
Allez, je choisis la cithare, voilà un extrait surprenant :
Cithare, par l'ensemble Kerylos.
« IRHT. Un patrimoine rarissime que les scientifiques de l’Institut de recherche et d’histoire des Textes (IRHT) traquent, traduisent et transcrivent pour faire resurgir du fond des âges des mélodies composées par Euripide, Carcinos ou Timothée, des péans dédiés à Apollon datés du 2e siècle av.J.C, des hymnes à Lemnos ou des œuvres de Mésomède de Crète, le musicien préféré de l’Empereur Hadrien. PAPYRUS. Seule la Grèce nous a transmis des partitions musicales, via des papyrus mis au jour en Égypte. Mutilées, souvent incomplètes, une cinquantaine d’entre elles nous sont toutefois parvenues. Pendant près de mille ans, entre le VIe siècle avant J.-C et les invasions Barbares du Ve siècle de notre ère, la musique n’était transcrite qu’à la façon des Grecs.Que ce soit du temps d’Alexandre, en Égypte ptolémaïque ou dans l’Empire Romain, un système de double notation musicale « d’une complexité vertigineuse » accompagnait les textes. Petits symboles graphiques figurés à l’aplomb des syllabes, ces représentations dérivées de l’alphabet, représentaient des signes mélodiques et rythmiques. PRODIGE DANOIS. Comprendre le fonctionnement de ce système de notation n'a été possible que grâce à la traduction providentielle, en 1652, d’un traité de musique antique, par un prodige danois du nom de Marcus Meibom. Retrouvé au XVIIe siècle après avoir été transmis via différents manuscrits médiévaux, ce traité rédigé en 360 de notre ère par un certain Alypius, contenait les explications des symboles musicaux de l’Antiquité grecque ! Ainsi, à la fin du XIXe siècle, les papyrus musicaux commencèrent à être découverts, ils possédaient déjà leur pierre de Rosette. Grâce à cela, il nous est aujourd’hui possible, 2000 à 2500 ans plus tard, d’entendre les mélodies et chants qu’écoutaient Jules César ou encore Marc Aurèle. »
Péan : chez les Grecs, le péan est une œuvre en cinq temps qui célèbre les puissances divines, et en particulier Apollon.

vendredi 15 novembre 2013

Touche de peinture

Gustav Klimt - Lake Attersee, Claude Monet - Pluie à Belle-île 1886 (Musée de Morlaix), Derain - Effets du soleil sur l'eau, ... beaucoup d'autres encore et même Félix Vallotton avec la Grève blanche, sont enthousiasmant !



  
Bien plus que ... Le triptyque "les Trois études de Freud" de Bacon, qui est pourtant l'oeuvre la plus coûteuse qui n'ait jamais été.
Non seulement ça me dérange mais plus encore, je déteste ! Ça fait du bien d'affirmer aussi ce que l'on n'aime pas ...

samedi 2 novembre 2013

Gorgeous

Picture of light hitting mountain faces in Chile
Mountains, Chile Photograph by Richard Duerksen, National Geographic

lundi 28 octobre 2013

Heptagone malhornien

« Aucun bien matériel n'a d'importance, en comparaison avec la faculté de l'homme de projeter l'univers. »
Jérome CAMUT Malhorne 2004

« Malhorne ? C'est simple, c'est le nom d'un arbre chez les elfes dans l'univers de Tolkien. L'orthographe est différente. Chez Tolkien, un malhorne est un Mallorn. J'y ai ajouté un e et un h et lui ai trouvé un sens en vieux français. »

dimanche 6 octobre 2013

Bruno Le Floc'h

né en 1957 en Bretagne à Pont l'Abbé, décédé en 2012.
Trois éclats blancs, Delcourt, 2004
Au bord du monde en 2003  One shot Paysage au chien rouge en 2007  Terminée Saint-Germain, puis rouler vers l'ouest ! en 2009  One shot Trois éclats blancs en 2004  One shot Une après-midi d'été en 2006  One s

samedi 5 octobre 2013

Apollinaris

lundi 16 septembre 2013

T'es pas dans le coup !

Je n'ai pas vu la 'prestation' de François Hollande hier soir et je découvre cette après-midi une photo qui me convainc encore davantage de l'inutilité de l'avoir fait. Ce qui m'a immédiatement gêné, n'est pas l'escarpin de Clair qui aurait dû rester hors du champs, ni la bedaine révélatrice d'un laisser aller peu flatteur qu'il eut mieux valu cacher par un habile cadrage. Non, c'est le choix de la mappe-monde en arrière plan ! L'objet est certes beau mais il y figure une carte qui n'est plus d'actualité depuis bien longtemps, et laisse ainsi à penser que le discours s'accorde avec une diplomatie d'un autre âge ... et l'impression pouvoir se résumer à : 
T'es pas dans le coup !
Si tout autour du président est à l'image de sa Communication, c'est désastreux. Même le Concordia pourrait paraître en moins mauvaise posture ... et le navire a 'l'assurance' d'être renfloué, nos impôts risquent d'être vraiment insuffisants !

lundi 15 juillet 2013

A Thing of Beauty

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make '
Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
All lovely tales that we have heard or read:
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.
Un joli poème de John KEATS
Je propose une traduction libre pour les premiers vers, et une photo ...
Un brin de beauté, toujours génère du bonheur,
Plus sa beauté est grande, plus il pérenne.
Le néant s’efface devant sa vive présence,
Son havre paisible alors propice aux songes
Nous offre de doux rêves calmes et salvateurs.
Ainsi, chaque jours et sans fin, tresserons-nous
Une étole de fleurs pour nous lier à la terre,
Malgré le désespoir, l'inhumaine incurie
En nobles créatures, surgies des sombres jours,
Vainqueurs des mille miasmes des chemins ténébreux.
Oui, hormis tout, continuons notre quête,
Soudain la beauté prend corps et jette son voile
Sur nos esprits en deuil. Le soleil ou la lune,
Animeront les ombres d'arbres de tout âge,
Où bêlent des brebis, tapies dans les jonquilles
Des vertes prairies où l'onde de clairs ruisseaux
Coule tranquille sous leur fraîche frondaison.
A l'heur estival, le parfum musqué des roses
Envoûte le monde des essarts, des bosquets.
Telle la grandeur de tous les tristes destins
Imaginés, chantés pour nos vieux héros morts;
Des sagas, des récits merveilleux du passé :
Source intarissable de l'ambroisie des dieux,
Qui coule pour nous seuls, aux confins des cieux.


(Endymion)

dimanche 14 juillet 2013

Arenotropisme

Je ne suis qu'un très mauvais collectionneur, mais l'idée de collectionner les grains de sable me semble une expérience des plus intéressantes. J'ai commencé à faire quelques prélèvement au hasard des voyages ... mais je suis très loin de devenir un arénophile !
micro-grenats de l'île de Siec

mardi 9 juillet 2013

Tissu vivant et social

Rendre pérennes nos tissus biologique, ne nous permettra pas de rendre pérenne le tissu social dans lequel nous vivons ! Et comme l'Homme est un animal social, il risque fort de trouver sa vie prolongée, un peu triste dans sa solitude existentielle ... De toute façon, supporter les cons toute une éternité, voilà bien ce qui se rapproche de l'Enfer !
Ai-je vraiment envie de faire garder quelques unes de mes cellules, même sous forme de cellules souches pluripotentes ? Pas tant. Je n'aspire pas à l'éternité. Mais la possibilité de se régénérer est vraiment attrayante ... Voilà une petite réaction à deux articles qui se succèdent de manière étonnante. Convergence ! 
Réaction à l'article du Nouvel Obs :
25 octobre 2023. Los Angeles. Sur son terrain de golf préféré, Edward, 59 ans, comédien star de Hollywood est terrassé par un infarctus. Il risque de ne plus jamais récupérer une vie normale. Heureusement, ce passionné d’innovation a souscrit, dix ans plus tôt, un contrat avec la société Scéil. Du coup, son chirurgien va pouvoir restaurer ses tissus coronariens, avec des cellules cardiaques contenant l’ADN même d’Edward. Zéro risque de rejet immunitaire ... Science-fiction ? En partie seulement. Car la société de biotechnologie française Cellectis annonce, ce soir, une première mondiale ! Son P-DG André Choulika, est en tournée cette semaine à New York et Los Angeles pour lancer sa nouvelle filiale Scéil, qui propose ce contrat futuriste. Un pari audacieux sur les progrès de la pharmacie et de la médecine, qui demain, affirme-t-il, développeront de manière routinière médicaments personnalisés et thérapies régénératrices.
"C’est un peu comme si l’on pouvait se faire une sauvegarde génétique pendant qu’on est en pleine forme, et la mettre de côté pour se réinitialiser un jour", explique Choulika. Comme on sauvegarde le disque dur d'un ordinateur ! L’argument de vente de Scéil ? "Capitalisez maintenant sur les promesses de demain !
Prélèvement de peau
Scéil propose un service de base à 60.000 dollars (47.000 euros), plus un forfait de maintenance (500 dollars/an après la 3ème année). Pas à la portée de toutes les bourses… Pour démarrer, le service n’est disponible que dans les régions du monde où la législation le permet : Etats-Unis, Moyen-Orient (Dubaï) et Asie (Singapour). Et demain, sans doute, en Suisse. "La réglementation française, en revanche, rend ce type d’offre impossible, puisqu’elle exige de spécifier l’usage futur de tout prélèvement biologique", explique le secrétaire général de Cellectis, Philippe Valachs.
Une fois la somme acquittée, le client se fait faire un prélèvement de peau d’environ 3 mm de diamètre, qui est ensuite expédié dans le laboratoire de Singapour, où les cellules du derme (fibroblastes) sont cultivées en qualité clinique, puis conservées dans de l’azote liquide (-180°C). Mais - là est la nouveauté - une partie d’entre elles est aussi reprogrammée pour donner naissance à ce qu’on appelle des "cellules souche pluripotentes induites" ou iPS, elles-mêmes cryogénisées.
Thérapies cellulaires régénératrices
Leur particularité ? Inventées par le prix Nobel de médecine 2012, le japonais Shinya Yamanaka, ces iPS ont bien l’ADN du donneur, mais ont retrouvé toutes les caractéristiques de cellules souches embryonnaires. C’est à dire que l’on peut, pour régénérer les organes endommagés, provoquer à nouveau leur différenciation en cellules du cœur, du sang, du foie, du pancréas, du cartilage, du cerveau… Techniques dont Cellectis, un leader mondial de l’ingénierie du génome, est justement spécialiste.
L’un des gros avantages de ces iPS est d’éteindre toute polémique d’ordre religieux. Puisque, contrairement aux vraies cellules souches, elles ne proviennent pas d’embryons surnuméraires de fécondation in vitro, elles sont compatibles à la fois avec la Bible et la Charia ! La semaine sera justement placée sous le sceau du débat bioéthique, puisque l’Assemblée Nationale examine, jeudi 11 juillet, une loi libéralisant l’usage des cellules souche.
Ce qui signifie que si, même dans un lointain avenir, le client de Scéil a un pépin de santé, ses médecins pourront à volonté "commander" l’ingénierie de cellules 100% compatibles (c’est lui le donneur) du tissu souhaité. Ils pourront alors vérifier in vitro l’innocuité de tel ou tel médicament. Et surtout développer des thérapies cellulaires régénératrices.
La "techno médecine" est en marche
Pour l’instant, les iPS commencent seulement à être utilisées pour tester des molécules. Procédé qui peut permettre aux laboratoires pharmaceutiques d’éviter la mise sur le marché de médicaments aux effets secondaires toxiques, voire mortels… Demain peut-être, elles se substitueront aux cellules souche embryonnaires dans des biothérapies très innovantes. Car la "techno médecine" est déjà en marche : partout sur la planète, des chercheurs s’apprêtent à démarrer des essais cliniques pour réparer le cartilage du genou, lutter contre la dégénérescence maculaire de l’œil, greffer les grands brûlés, reconstituer le tissu cardiaque, lutter contre la leucémie…
"Un bébé né cette année a une espérance de vie de 140 ans. Dès 2020 ou 2030, les gens se feront couramment soigner comme cela", affirme André Choulika, qui y voit une source d’innovation et de croissance pour les décennies à venir. Une révolution silencieuse capable de faire reculer la mort, qui posera des problèmes sociétaux et éthiques dont on peine encore à cerner les contours.

dimanche 7 juillet 2013

Moebius


Convergence vers l'Infini

« Dans la "hiérarchie sans fin d'infinis", 
chaque infini est plus grand que l'infini précédent »
L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan publie un livre sur la vertigineuse question de l'infini, où il convoque les lumières des scientifiques et des poètes. Entretien qui donne le tournis

Le Nouvel Observateur 05-07-2013

Fabien Gruhier pour le Nouvel Obs' 
Dès le moment où il a su compter au-delà de 3, l'homme a été confronté à cette incompréhensible notion d'infini... 
Trinh Xuan Thuan 
Puisque, par définition, l'infini va au-delà de tout, il dépasse aussi notre propre entendement - ce qui, avouons-le, reste vrai aujourd'hui. Dès que l'homme a su compter ses moutons, il s'est aperçu qu'on pouvait toujours en ajouter un de plus, et qu'aucune limite ne pouvait être imaginée. Les philosophes grecs de l'Antiquité se sont vite aperçus que cette notion suscitait des paradoxes insurmontables. Comme celui dit « de Zénon », selon lequel l'infini interdirait à un coureur d'atteindre un but, sauf à disposer d'un temps infini : il lui faudrait une infinité d'étapes pour parcourir la moitié de la distance restante - puisque, si petite soit-elle, il restera toujours une moitié de distance à franchir ... Les Grecs avaient malgré tout compris la notion de convergence. Tel Archimède, montrant que l'on pouvait enfermer un cercle entre deux polygones réguliers, l'un intérieur (inscrit), l'autre extérieur (circonscrit), et que, en multipliant le nombre de leurs côtés - à l'infini -, les deux polygones finissaient par se confondre avec le cercle. Le cercle constitue donc un aboutissement concret, tangible, de l'infini.Néanmoins, cette notion posait tellement de problèmes qu'on a préféré, durant très longtemps, la mettre entre parenthèses: selon Aristote, l'infini n'était pas une réalité « actuelle », mais un simple « potentiel ». Ainsi le moine dominicain Giordano Bruno a-t-il, sur le bûcher, à Rome, en 1600, payé de sa vie le fait d'avoir soutenu que l'Univers était infini, avec une infinité d'étoiles et de mondes habités. L'Eglise ne pouvait admettre une pareille idée - à cause du péché originel, qui aurait entraîné la nécessité d'une infinité d'avatars du Christ sauveur...
Georg Cantor a eu l'immense mérite de prendre l'infini à bras-le-corps et de s'y attaquer comme à un concept purement mathématique - un grand scandale pour la plupart des mathématiciens contemporains. Cantor a par exemple montré que, si la suite des nombres entiers était infinie, alors la suite de leurs carrés l'était tout autant - bien que la suite des carrés de nombres entiers soit contenue dans la suite des nombres entiers. Il établit ainsi que les parties d'un ensemble infini ne sont pas nécessairement moins grandes que le tout.
L'infini, lui, a été enfin « sauvé » par le mathématicien Georg Cantor, dans la seconde moitié du XIXe siècle ?

Plus extraordinaire encore, il a démontré qu'il existait une sorte de « hiérarchie sans fin d'infinis », chaque infini étant de taille plus grande que celui qui le précède. Mais comment être plus grand que l'infini ? Comment un sous-ensemble peut-il être aussi grand que l'ensemble dont il ne constitue qu'un élément minoritaire ? Comment se peut-il que la partie ne soit pas plus petite que le tout ? Tel est l'insondable paradoxe de l'infini, celui qui heurtera toujours notre intuition.
Georg Cantor est mort dans un asile d'aliénés. Tout comme cet autre mathématicien, Gödel, victime d'un complexe de persécution.   
L'infini rend-il fou ?
Les idées de Cantor ont été violemment combattues par son mentor initial, Leopold Kronecker. Celui-ci l'avait découvert à l'université de Berlin et lui avait obtenu un poste dans la relativement médiocre université de Halle, dont il ne put jamais sortir, à cause des persécutions de ce même Kronecker : ce dernier ne supportait pas que l'on ait pu faire de l'infini un vrai sujet mathématique ... et il était sans doute jaloux de l'immense notoriété acquise par son ancien élève. Quant à Kurt Gödel [1906-1978], grand ami d'Einstein, il a en somme démontré qu'il existait des limites au raisonnement logique et que la nature fondamentale de l'infini nous échapperait à tout jamais. Mais il s'était aussi attaqué au problème de la démonstration de l'existence de Dieu par la logique mathématique - un problème face auquel il échoua... Ensuite, il devait bizarrement se persuader que quelqu'un cherchait à l'empoisonner. En bonne logique, il finit par refuser toute nourriture et mourut alors qu'il ne pesait plus que 30 kilos. Mais il n'est pas prouvé que la quête de l'infini ait quelque chose à voir avec de telles pathologies.
On sait depuis longtemps que la Terre n'est pas le centre du monde mais, aujourd'hui, est-on vraiment sûr que l'Univers lui-même est infini ?
Depuis toujours ou presque, on assiste à ce propos à une valse-hésitation, aussi bien chez les scientifiques que de la part des philosophes et des théologiens. Aristote a postulé que l'Univers était fini, et cette vision s'est imposée pendant près de deux mille ans, bien que le Grec Archytas se soit déjà demandé, au IVe siècle avant notre ère, ce que l'on trouverait derrière la frontière présumée, si on passait un bras à travers. Giordano Bruno, on l'a dit, n'a pas réussi à briser cette vue « finitiste ». Aujourd'hui, la théorie acceptée est celle d'un Univers en expansion indéfinie et accélérée depuis l'instant du big bang, théorie dite «de l'atome primitif» selon son inventeur, l'abbé belge Georges Lemaître.
Le fameux « fiat lux », selon Pie XII ...
Oui, dans cette théorie, le pape avait vu une confirmation de la Genèse. Mais il est important de noter que l'abbé Lemaître avait aussitôt dénoncé une pareille interprétation, affirmant que la science et la théologie constituaient deux démarches totalement indépendantes. Aujourd'hui, les théoriciens n'ont que l'embarras du choix et sont pratiquement libres d'imaginer ce qu'ils veulent, avec des concepts comme la matière noire, l'énergie noire, la théorie des cordes, la courbure et la topologie de l'Univers (est-il condamné à terme à retomber sur lui-même pour rebondir ?), etc. Il y a même de nombreuses raisons de penser que notre Univers n'est pas le seul et qu'il en existe une infinité d'autres, parallèles au nôtre ... et tous inaccessibles à l'observation directe. C'est le groupe des théories dites « des multivers ». Lesquelles m'amènent à me poser cette question : lorsqu'on échafaude des hypothèses qui n'offrent pas la moindre possibilité de vérification expérimentale directe, est-ce que l'on fait encore de la science ?
L'infini a inspiré non seulement les philosophes, théologiens, mathématiciens et astrophysiciens, mais aussi des artistes, des écrivains, des poètes ...
Forcément, la notion d'infini interpelle le bon sens de chacun, alors elle fascine aussi les créateurs. Mon livre s'ouvre sur un chapitre consacré notamment à l'art décoratif musulman du XIVe siècle, celui qu'on peut par exemple admirer à l'Alhambra de Grenade, et qui se caractérise par la splendide répétition de motifs géométriques. Une répétition à l'infini, qui a influencé beaucoup plus tard le peintre et graphiste néerlandais Maurits Escher. Certains écrivains ont admirablement parlé de l'infini, comme le fascinant Jorge Luis Borges, avec les labyrinthes sans fin de sa « Bibliothèque de Babel ». On pourrait allonger la liste - pas toutefois jusqu'à l'infini. Mais citons encore William Shakespeare, qui fait dire à Hamlet : « Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix et me regarder comme le roi d'un espace infini » - cela à une époque où l'on débattait justement de la taille de l'Univers. Citons encore Edgar Poe qui, faisant preuve d'une intuition fulgurante, avait imaginé un Univers peuplé d'étoiles situées « à une distance si prodigieuse qu'aucun rayon n'en soit jamais parvenu jusqu'à nous ». Près de cent vingt ans avant les scientifiques, Poe avait ainsi entrevu la raison pour laquelle le ciel de nos nuits reste noir, même dans un Univers infini contenant un nombre infini d'étoiles : parce que l'Univers a eu un commencement dans le passé, la lumière des objets célestes les plus lointains n'a pas eu le temps de nous parvenir, et nous ne voyons que de l'espace noir dans leur direction.
Vous vous déclarez de tradition bouddhiste. Cela a-t-il une influence sur votre vision de l'infini ?
En tant que bouddhiste, je crois en une succession de vies. Mais le but ultime est d'atteindre l'« éveil » - la connaissance suprême, accompagnée d'une compassion infinie -, c'est-à-dire d'échapper à ces cycles de renaissance. Les cycles de vie ne sauraient donc être éternels (c'est-à-dire infinis), car ils s'interrompent. Ce qui me convient tout à fait ...

05 07 13 TrinhXuanThuan SIPA
TRINH XUAN THUAN, né à Hanoi, au Vietnam, docteur en astrophysique de l'université de Princeton, est actuellement professeur à l'université de Virginie. Auteur de plusieurs ouvrages à succès, dont « la Mélodie secrète », il a reçu en 2009 le prix Kalinga de l'Unesco - la récompense suprême en matière de vulgarisation scientifique. Il vient de publier chez Fayard 
« Désir d'infini. Des chiffres, des Univers et des hommes ». 
(©Baltel / Sipa)