- L'amer pour rentrer au port -

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mardi 28 novembre 2006

Jean-Léon Gérôme

La 'Réception de Condé à Versailles'

est une huile sur toile (H. 96,5 ; L. 139,7 cm) datée de 1878
de Jean-Léon Gérôme(1824-1904) nouvellement acquise par le musée d'Orsay.
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J'ai habité tout près de Chantilly à Senlis.
Je profite de cette actualité pour raviver mon souvenir.
Le matin, le car qui m'emmenait au lycée de Chantilly, prenait très souvent la route au milieu de la forêt. Le trajet composait une mise en scène chaque jour renouvelée. La descente de Vineuil conduisait aux champs qui cédaient le terrain à la forêt. Le car sinuait dans l'avant bois, il ne semblait pas que nous allions en classe. La forêt s'installait en majesté ouvrant un sentiment momentané de bonheur et d'évasion. Le festival automnal des feuilles rousses et or, s'effaçait lentement laissant les légions de troncs dénudés barrer la neige assaillante et protectrice de l'hiver. Et puis quand la douceur printanière réveillait la sève endormie, les rayons du soleil dansaient entre les pièges des premières feuilles vert tendres, nous faisant complètement oublier la rudesse de l'hiver.
Mais toujours, au sortir de la forêt, le château du Grand Condé étalait sa grandiose esplanade dans la brume matinale ou l'éclat brutal du jour des grands froids ou la morne tristesse de la pluie qui réveillait l'odeur de l'humus. La longue ligne droite le long du célèbre champ de course, parcourue en sens inverse, semblait interminable. Nous serions de toute façon, livrés aux portes de notre lycée encerclé par la forêt.
Quelque fois lorsque je gagnais avec courage le lycée en vélo, l'osmose avec la forêt s'amplifiait, les odeurs enfonçaient puissamment dans mon être, la conquête du monde irrésistible du monde végétal devenait totale. Seule la fraîcheur humide de l'air, et la violence des coups de pédales m'évitaient de m'y diluer et de m'y perdre...
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"Sur le grand escalier des Ambassadeurs, à Versailles, Louis XIV, en 1674, s'apprête à accueillir le Grand Condé, récent vainqueur de la bataille de Seneffe contre Guillaume d'Orange. Par ce geste, il met fin à un exil de près de quinze ans, destiné à punir "son cousin" d'avoir mené la Fronde contre le pouvoir royal. Dans une toile de format modeste, Gérôme condense ici toute sa passion pour la reconstitution historique. Afin de rendre la scène plausible, il s'aide de différentes sources iconographiques : gravures du château de Versailles ou portraits des personnages représentés. La composition est dynamisée par une vue en contre-plongée et par le décentrement du grand X qui la sous-tend. Gérôme déploie une palette raffinée, où la clarté de l'ensemble et la froideur des marbres sont ravivées par les couleurs des costumes et des drapeaux. Lorsqu'il peint ce tableau, Gérôme espère le vendre au duc d'Aumale qui aménage alors le château de Chantilly, ancienne propriété des Condé. La transaction échoue et le tableau est vendu au millionnaire américain William Henry Vanderbilt. Il est ensuite prêté au Metropolitan Museum de New York de 1886 à 1903, tandis qu'en France, la renommée de l'oeuvre est assurée par la diffusion de multiples gravures. Après la seconde guerre mondiale, elle tombe quelque peu dans l'oubli. "

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