Jean-Léon Gérôme
La 'Réception de Condé à Versailles'
est une huile sur toile (H. 96,5 ; L. 139,7 cm) datée de 1878
de Jean-Léon Gérôme(1824-1904) nouvellement acquise par le musée d'Orsay.
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J'ai habité tout près de Chantilly à Senlis.
Je profite de cette actualité pour raviver mon souvenir.
Le matin, le car qui m'emmenait au lycée de Chantilly, prenait très souvent la route au milieu de la forêt. Le trajet composait une mise en scène chaque jour renouvelée. La descente de Vineuil conduisait aux champs qui cédaient le terrain à la forêt. Le car sinuait dans l'avant bois, il ne semblait pas que nous allions en classe. La forêt s'installait en majesté ouvrant un sentiment momentané de bonheur et d'évasion. Le festival automnal des feuilles rousses et or, s'effaçait lentement laissant les légions de troncs dénudés barrer la neige assaillante et protectrice de l'hiver. Et puis quand la douceur printanière réveillait la sève endormie, les rayons du soleil dansaient entre les pièges des premières feuilles vert tendres, nous faisant complètement oublier la rudesse de l'hiver.
Mais toujours, au sortir de la forêt, le château du Grand Condé étalait sa grandiose esplanade dans la brume matinale ou l'éclat brutal du jour des grands froids ou la morne tristesse de la pluie qui réveillait l'odeur de l'humus. La longue ligne droite le long du célèbre champ de course, parcourue en sens inverse, semblait interminable. Nous serions de toute façon, livrés aux portes de notre lycée encerclé par la forêt.
Quelque fois lorsque je gagnais avec courage le lycée en vélo, l'osmose avec la forêt s'amplifiait, les odeurs enfonçaient puissamment dans mon être, la conquête du monde irrésistible du monde végétal devenait totale. Seule la fraîcheur humide de l'air, et la violence des coups de pédales m'évitaient de m'y diluer et de m'y perdre...
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