Ambroisie
Les espèces de cette famille sont remarquables par leurs fleurs de deux sortes, se trouvant sur la même plante.
Les fleurs staminées, placées au sommet des tiges, sont groupées en capitules globuleux qui se détachent après la floraison et qui sont entourés chacun d'un involucre composé de bractées disposées sur un seul rang; chacune des fleurs staminées a le calice non développé, la corolle en tube et à cinq dents, et cinq étamines dont les filets sont soudés à la corolle par leur partie inférieure et dont les anthères sont libres entre elles.
Les fleurs pistillées, situées au-dessous des fleurs staminées sur des rameaux latéraux, sont, au nombre de une ou deux, logées dans un involucre dont les bractées sont munies d'épines; ces fleurs ont un calice entièrement adhérent à l'ovaire et sans partie libre visible, sont dépourvus de corolle, et présentent un style se divisant en deux branches qui portent les papilles stigmatiques.
Le fruit est sec, coriace, et contient une ou deux graines.
Ce sont des plantes plus ou moins couvertes de poils, dont les feuilles sont simples, pourvues de pétiole et sans stipules, 1es fleurs jaunâtres ou verdâtres.
On a décrit 48 espèces de cette famille, qui croissent dans les contrées chaudes et tempérées.
LIAISONS ENTRE LES GENRES ET AFFINITÉS DES AMBROSIACÉES AVEC LES AUTRES FAMILLES.
Les deux genres de notre Flore (Ambrosia, Xanthium) se relient étroitement par leurs inflorescences en capitules et par leurs fleurs de deux sortes que l'on trouve séparément sur la même plante.
Les Ambrosiacées se rapprochent beaucoup des Composées auxquelles on les réunit parfois. Cependant divers caractères, entre-autres celui des étamines non soudées entre elles par leurs anthères, ont conduit à les classer dans une famille distincte.
Genre AMBROSIA : Ambrosia. Ambroisie
(du mot grec ambrosia ‘ambrosia’ ; odeur exhalée par les feuilles).
Les plantes de ce genre présentent des capitules globuleux de fleurs staminées enserrés par un involucre dont les bractées sont largement soudées entre elles, formant par leur ensemble une sorte de coupe qui entoure les fleurs.
Les capitules pistillés ne renferment chacun qu'une seule fleur pistillée.
Les fruits sont coriaces, relativement petits, et comprennent l'involucre persistant portant un seul verticille d'épines courtes un peu au-dessus du milieu du fruit; chaque fruit ne contient qu'une seule graine.
Ce sont des plantes à feuilles moyennes divisées en nombreux segments, eux-mêmes divisés et placés à droite et à gauche, avec un segment terminal; 1es fleurs sont verdâtres, et les capitules sont disposés en épis allongés, simples, terminant la tige ou les rameaux.
On a décrit 16 espèces de ce genre qui croissent dans les contrées chaudes et tempérées de l'Ancien et du Nouveau continents.
Espèce Ambrosia artemisiaefolia L. Ambroisie à feuilles d’Armoise
C'est une plante annuelle, à tige florifère dressée à port en candélabre, rameuse, souvent rougeâtre, plus ou moins velue, sillonnée dans sa longueur, à racine principale développée. Cette plante généralement haute de 30 à 60 cm peut atteindre 1,20m. L‘Armoise s'est naturalisée en quelques contrées de notre Flore, dans les endroits vagues, les champs ou près des cours d'eau.
Ses fleurs verdâtres se montrent en août et septembre.
Les fruits sont de forme ovoïde, lisses, et portent, au-dessous du sommet, un verticille de 5 à 6 épines courtes, aiguës, non en crochet à leur extrémité; chaque fruit est terminé par un bec dont la division en deux est à peine indiquée à sa partie supérieure.
Stade de plantule:
Les cotylédons sont charnus, moyens longuement persistants avec pétiole bien visible.
Les premières feuilles sont divisées en 3 folioles, parfois juste trilobées. Le nombre de divisions augmente sur les feuilles suivantes.
Stade végétatif:
Les feuilles du stade végétatif sont très découpées, avec une face inférieure de même couleur que la face supérieure. Pas d'odeur quand on froisse la feuille dans les doigts. Les feuilles moyennes sont opposées et les supérieures alternes; leur limbe, à contour ovale-triangulaire, est profondément divisé en segments qui sont eux-mêmes divisés en lobes aigus ou tout au moins profondément dentés.
La tige est velue, ramifiée à la base, devenant rougeâtre sur la plante âgée.
Stade floraison:
L’inflorescence présente de longs épis situés au sommet des tiges. Les petits capitules de fleurs sont disposés en épis, les capitules supérieurs staminés jaunâtres (capitules mâles) sont nombreux, en forme de cupules renversées, sans bractée développée à leur base; les capitules inférieurs (capitules femelles) sont peu nombreux, insérés à l'aisselle des feuilles supérieures.
Un pied d’ambroisie peut disperser 2,5 milliards de pollens. Ceux-ci sont petits 10 à 15 microns de diamètre et très allergisants.
NOMS VULGAIRES.
En français: Absinthe du pays.
En anglais: Bitterweed, Blackweed.
En allemand: Echtes-Trauben-kraut.
En flamand: Alsemambrosiä.
USAGES ET PROPRIÉTÉS.
Nuisible aux cultures.
Plante amère émolliente, employée en Amérique comme vermifuge et contre les saignements de nez. Les effets allergisants ont été constatés vers 1940 (coryza spasmodique, urticaire, oedème de Quincke, asthme bronchique). Alors que les classiques rhumes des foins apparaissent en mai-juin, les allergies provoquées par le pollen d'ambroisie sont beaucoup plus tardives: elles commencent en général vers la mi août et peuvent se prolonger jusqu'en octobre, avec un maximum d'intensité en septembre.
DISTRIBUTION.
Espèce originaire de l'Amérique du Nord; ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes. L’Ambrosia artemisiaefolia a été introduite en Europe comme espèce fourragère en 1865. L’ambroisie colonise des milieux fortement anthropisés (chaumes et friches, abords de routes, chantiers, terrains vagues).
En France, elle est subspontanée ou naturalisée en plusieurs localités; souvent fugace, très abondante puis devenant plus rare au même endroit: bords de la Loire et de l'Allier, Rhône, Saône-et-Loire, Manche, Nièvre, Puy de dôme, Vosges, Ain (Le Plantay), Loire (Saint-Galmier), Normandie, etc.
En Europe, elle est naturalisée ou subspontanée en Angleterre, France, Belgique, Hollande, Allemagne, Danemark.
L’Amérique du Nord est sont biotope d‘origine.
Remarque. L'Ambrosia tenuifolia Sprengel, espèce originaire de l'Amérique du Sud, est presque naturalisée en plusieurs Localités du littoral dans le département du Var. On reconnaît cette espèce à ses feuilles deux fois divisées, à segments étroits, aigus, blanchâtres en dessous. Il y a 5 ou 6 épines au-dessous de chaque involucre.
REGLEMENTATION:
Il n'existe au niveau national et européen aucun texte législatif ou réglementaire spécifique sur la lutte contre l'ambroisie. Le statut de cette plante sauvage non cultivée et non protégée relève de textes généraux issus des Codes de la santé publique (CSP), des collectivités territoriales (CGCT) et de l'environnement (CDE).
L'organisation de la lutte contre sa prolifération relève ainsi pour l'essentiel de procédures réglementaires et contractuelles mises en oeuvre au niveau local à l'initiative des élus locaux (Régions, Départements, Communes). Sa régulation, enjeux de santé publique, participe à l'évidence d'une politique de proximité et de prévention impliquant une large concertation. L'efficacité des actions préventives et curatives dépend en effet directement de la mobilisation et de la coopération d'une multitude d'acteurs publics et privés aussi bien au plan individuel que collectif. On pense immédiatement aux Maires, aux Préfets, aux directeurs d'établissements ou d'entreprises publiques mais aussi aux citoyens et aux agents locaux des services publics territoriaux sans lesquels l'action des décideurs resterait sur le terrain lettre morte .
Contenir l'impact de la plante à un niveau supportable nécessite la conjugaison des efforts de tous, au quotidien et dans la continuité des saisons conformément à la lettre et à l'esprit de l'article L.110-2 du Code de l'Environnement qui impose à chacun de veiller et de contribuer à la sauvegarde et à la protection de l'environnement .
MYTHOLOGIE:
Dans la mythologie grecque, l’ambroisie (en grec ancien ambrosia / ambrosía, de l’adjectif aμbρόσιος / ambrósios, « immortel, divin, qui appartient aux Dieux ») est une substance divine. Ce mot semble avoir été, à l'origine, identique à Athanasie, c.-à-d. immortalité, sens qui subsiste dans les adjectifs qui en dérivent chez Homère.
Comme la vie, chez les humains, n'existe pas sans nourriture, l'ambroisie désignait la substance spéciale destinée à entretenir l'immortalité des dieux. L’ambroisie constituée d’herbes, d’épices et de miel, accompagnait la boisson des dieux grecs de l’Olympe, le nectar. Les sources de l'ambroisie étaient situées au jardin des Hespérides.
BIBLIOGRAPHIE:
Flore Bonnet
Article Pierre Sellenet ‘La Garance Voyageuse’ N°38
http://www.ambroisie.info/





























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