Noces de Figaro
Chérubin, Cherubino, ce n’est pas un nom de baptême. Confondant sacré et profane, il est – irréductible contradiction – à la fois un ange, un enfant et l’Amour lui-même. Dans les tableaux de Raphaël et du Titien, les blonds chérubins voletants accompagnent la Vierge en son Assomption. Mais chez Fragonard, voletant toujours, ils mettent le feu aux poudres, se cachant derrière l’escarpolette ou riant au sommet des fontaines. Les personnages ne semblent pas les voir mais ils répandent sur la toile le sourire de l’amour, nous rappellent notre fatal besoin d’aimer, son bonheur et sa promesse de chagrin. Inspiré de Beaumarchais, le chef-d’oeuvre de Mozart et Da Ponte est représenté depuis bientôt quarante ans à l’Opéra de Paris dans la légendaire production de Giorgio Strehler. Elle a été revue et restaurée par ceux-là mêmes qui ont accompagné sa genèse – Ezio Frigerio, Humbert Camerlo et Marise Flach. Avec les plus grands mozartiens de notre temps, abreuvons-nous à la fontaine de jouvence que sont ces « Noces » poétiques et trépidantes.
L’œuvre Les Noces de Figaro est le premier des trois opéras que Mozart écrivit avec Lorenzo Da Ponte. Le livret est tiré de la pièce de Pierre Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, qui, parce qu’elle mettait en scène un valet qui se révoltait contre son maître, avait été interdite par la censure pendant plusieurs années. En Autriche, la représentation de la pièce en allemand avait aussi été interdite par l’empereur Joseph II et c’est en éliminant les traits de satire politique trop saillants que Mozart et son librettiste obtinrent des autorités la permission d’en faire un opéra. De ce fait, les auteurs semblèrent déplacer le centre de gravité de la pièce (son aspect «révolutionnaire») vers une question qui est au cœur de l’œuvre de Mozart et que ses futurs opéras reprendront et amplifieront (la question de l’amour et des rapports entre les individus). Mais même s’ils sont atténués, les conflits de classes n’en sont pas moins présents et s’expriment parfois avec une violence plus grande que dans l’original. Sur le plan de la construction musicale, Les Noces de Figaro marque une date dans l’histoire de l’opéra. Jamais jusqu’alors œuvre lyrique n’était allée aussi loin dans la diversité et la complexité de la forme pour traduire au plus juste la psychologie des personnages et l’évolution de l’intrigue. L’idée de mouvement est sans doute celle qui caractérise le mieux cette «folle journée». A ce titre, le finale du deuxième acte, qui va de coup de théâtre en coup de théâtre, est un des meilleurs exemples de la perfection de cette mécanique.
La création Les Noces de Figaro a été créé au Burgtheater de Vienne, le 1er mai 1786. La création parisienne eut lieu le 20 mars 1793, salle de la Porte Saint-Martin, dans une adaptation française de Beaumarchais lui-même.
L’œuvre à l’Opéra de Paris Après de nombreuses représentations en français à l’Opéra-Comique, l’œuvre en langue originale est à l’affiche du Théâtre Gabriel de Versailles, puis immédiatement après du Palais Garnier le 7 avril 1973, pour l’inauguration de la première saison de Rolf Liebermann. Sous la baguette de Sir Georg Solti, dans une mise en scène de Giorgio Strehler, des décors et des costumes d’Ezio Frigerio, Gundula Janowitz interprétait le rôle de la Comtesse, Mirella Freni celui de Suzanne, Tom Krause celui du Comte, José Van Dam celui de Figaro et Frederica von Stade celui de Chérubin. Cette production, qui obtint un succès triomphal, fut reprise de nombreuses fois et avec de multiples distributions. Elle a fait son entrée en décembre 1990 sur la scène de l’Opéra Bastille. Pour cette reprise, les décors viennent de la Scala de Milan (ceux de la production originale parisienne ayant été détruits après les dernières représentations de 2003), avec une partie des costumes originaux.
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Soirée très agréable à l'Opéra Bastille mardi soir il y a 10 jours. Il y a déjà 15 ans que j'avais vu et aimé cette oeuvre pour la première fois ! Cela semble incroyable.


























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