Jean Zay
Qui participa à la création du Festival de Cannes, du Musée de l'Homme, du Musée d'Art moderne, du CNRS, de la Cinémathèque française et inventa l'E.N.A. ? Qui promulgua le premier l'interdiction du port d'insignes politiques et religieux dans les établissements scolaires ?
Ce réformateur prodigue fut ministre de l'Education nationale et des Beaux-Arts du Front populaire. J'apprends aujourd'hui seulement qui était cette V.I.P. et j'approuve qu'il soit honoré de rejoindre la cohorte du Panthéon, pour cette volonté réformatrice et progressiste ainsi que pour avoir, alors même qu'il était emprisonné, animé l'âme résistante :
Jean Zay
sources :
On ne peut s'arrêter à un poème de jeunesse sur le drapeau dont la virulence ne fait qu’agréger la douleur des pertes humaines déplorables dues à la grande guerre qui n'était 'grande' que par la désolation qu'elle sema dans tous les villages de France.
Le drapeau est tout simplement utilisé comme le bouc émissaire poétique de la révolte, face à tant de morts.
Le drapeau est tout simplement utilisé comme le bouc émissaire poétique de la révolte, face à tant de morts.
Quinze cent mille !
Sa dernière phrase avant d'être assassiné veut tout dire :
Vive la France !
Ceux qui pensent que la France puisse être réduite qu'à un drapeau sont vraiment étroits du cœur et de l'esprit.
Et son antimilitarisme ne l'a pas fait se défiler alors qu'il aurait pu échappé à la mobilisation générale de 1939 puisque les ministres n’étaient pas mobilisables selon la loi et pouvaient demeurer en fonction.
« Je n’entends pas bénéficier de cette disposition. Âgé de 35 ans, je désire partager le sort de cette jeunesse française pour laquelle j’ai travaillé de mon mieux au gouvernement depuis 40 mois. Je demande donc à suivre le sort normal de ma classe. »
Le drapeau
Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays,
Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est-ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.
Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.



























Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire