- L'amer pour rentrer au port -

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vendredi 22 décembre 2017

Entêtement

Aux Nations Unies le 17 novembre 2017, la Résolution est très claire pour 128 des 193 pays membres, contre 9 tout esseulés (les Etats-Unis, Israël, le Guatemala, le Honduras, le Togo, la Micronésie, Nauru, Palas et les îles Marshall) avec assez peu d'abstentionnistes 35 acquis en partie par une certaine forme de violence économique plus tranchante qu'un couteau sous la gorge et 21 qui n'ont pas pris part au scrutin ...
Quand la diplomatie n'a plus que la seule arme de menacer de couper les vivres aux pays récipiendaires de leur aide financière, et qu'elle est inefficace, on ne peut que constater l'impasse diplomatique et le fourvoiement politique. Cette démonstration par l'absurde rend hélas les processus de Paix bloqués pour une période certaine.
L'Europe elle aussi patine. Le volet préventif pour faire pression sur la Pologne semble inefficace, et risque de conduire l'Europe à passage à un volet répressif financier va laisser aussi un goût amer dans la cuisine européenne. Comme dans la résolution onusienne, l
e trio Pologne, Hongrie et la République tchèque se distingue encore. C'est symptomatique d'une divergence profonde. Et la cicatrice demandera des efforts de réparation considérables pour sortir de l'ornière diplomatique et faire progresser de nouveau l'Europe.
Ce triste épisode s'ajoute aux déboires de la désintégration\réintégration de l'espace politique européen.
Le Brexit en cours qui conduit à un mic-mac frontalier en Irlande propice à la perfidie, et à l'espérance pour les Ecossais de rester dans l'Europe plutôt que de sombrer avec Albion. La Catalogne elle aussi, veut quitter l'Espagne, tout en restant en Europe en tant que nouveau membre indépendant. L'Europe pour l'instant reste sourde à ces revendications 'régionales'. Les Etats membres et la Commission européenne préfèrent ne pas intervenir dans ce qu'ils considèrent comme des problèmes nationaux. Ils ne veulent pas tirer sur la chevillette car la bobinette alimenterait alors toutes les revendications séparatistes anciennes, du Pays basque, de la Lombardie, de la Corse, de la Bretagne, de la Savoie ... Les urnes catalanes renvoient le gouvernement espagnol dans les cordes, et rendent encore plus aphones, les cordes vocales européennes...Il est évident qu'il faudrait respecter les aspirations des singularités fondamentales, culturelles, linguistiques et historiques pour les agréger avec plus d'ambition, à un plus grand destin commun, celui de l'Europe. L'espace politique des structures des états semble certes un peu étriqué. Mais l'espace politique supra-national est-il le bon ? On peut en douter ... sans plonger dans les scenarii de Stars War. 'Indépendance n'est probablement pas l'unique solution. Mais reste à imaginer ou inventer des instances institutionnelles pour que les revendications démocratiques autonomistes puissent se faire entendre sans que l'état de Droit des Etats ne les étouffe. La subsidiarité à plusieurs échelons.
Mais hélas parfois comme dans les couples, le divorce ou la séparation deviennent nécessaires quand l'affectio societatis est perdu. L'entêtement amène la désillusion, conduit assurément à la violence et se termine par cette perte irréversible.
Le rassemblement ne peut se faire que dans l'engouement de l'espérance !
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add.
Suite à la lecture de "Réveils identitaires multiples". Je trouve très intéressantes les thèses développées par Anne-Marie Thiesse qui sont rapportées dans l'article du Monde, dont j'ai rapporté la dernière partie en extrait. Les réponses institutionnelles historiques du XIXe aux enjeux géopolitiques ne sont plus les constructions nationales centralisées mais un étage local identitaire couplé à une structure supranationale protecteur. L'Europe devrait être une aubaine !
« ... Ce réveil du régionalisme catalan vient rappeler avec vigueur les thèses développées par Anne-Marie Thiesse dans La Création des identités nationales (Seuil, 1999), dans lequel elle explique que c’est parce que la nation est apparue à l’époque comme l’espace où chacun dispose de droits sociaux et peut lutter pour les défendre et les accroître que les Etats-nations ont pu s’imposer. Or, la mondialisation des échanges, la puissance des entreprises multinationales et la mobilité du capital font aujourd’hui des Etats européens des gestionnaires des conséquences sociales de décisions économiques sur lesquels ils ont de moins en moins de prise.
Les réveils identitaires sont multiples dans un contexte où le progrès social paraît de plus en plus inatteignable pour toute une partie de la population, celle des « perdants » de la mondialisation : installation du fondamentalisme au Moyen-Orient, mise en avant de « l’identité blanche » dans le cas de deux événements marquants de 2016 : le Brexit et l’élection inattendue de Donald Trump. « Pour une personne à faible revenu ou tout en bas de la hiérarchie sociale, explique le sociologue Jean-Claude Kaufmann, la part de l’identité innée, comme la couleur de peau ou le pays d’origine, devient plus valorisante que l’identité acquise », celle que l’on se construit au fil du temps.
C’est parce que cet étiolement identitaire est une forme d’impensé politique que nous sommes toujours surpris : Brexit, Trump, Catalogne… Là où les populations ont le plus pâti de la mise en concurrence, dans les régions à dominante agricole ou industrielle, comme la Catalogne, la perte de perspective d’ascension sociale par le travail et d’un capital culturel lié à une profession peut provoquer un vide identitaire qu’il faut combler.
La lutte contre les inégalités fiscales et territoriales est donc une urgence, via le développement d’infrastructures adaptées à la réalité du XXIe siècle, une politique fiscale redistributive assumée et une lutte acharnée contre la concurrence fiscale en Europe, qui amenuise continuellement les ressources des Etats. A défaut, l’indépendantisme a encore de beaux jours devant lui. »

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