- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 6 janvier 2007

Agadir Tagadir

Samedi matin, de bonne heure, j'attends Hakim près de Marjane. Il doit m'y retrouver avec les chevaux. Il fait frais, le soleil est encore très bas mais le ciel est clair, la journée sera très belle. Nous allons traverser Agadir de sud en nord pour rejoindre la vallée qui finit aux pieds de la Kasbah. Les Klaxonnes, les pétarades des motos, les gymkhanas des voitures, nos chevaux restent placides tout le long de la traversée.
En route pour Tagadirt!
En route nous rencontrons des dromadaires en bande. Ils descendent de la montagne sans guide. Hakim m'avertit qu'ils peuvent être agressifs avec les chevaux, ... je me dépêche de ranger mon appareil et affermis la prise de mes brides...
Pour monter vers Tagadirt, on quitte la grande et belle piste, pour prendre un raccourci à travers les arganiers et les cactus.

Le chien du propriétaire des chevaux nous a accompagné tout le long. Il s'aventure sur les côtés. Serait-ce un chasseur? Il revient bredouille!...

Nous non, nous avons gagné l'escale attendue: Laïn s'ruila ... le ruisseau chaud! Nous allons profiter d'un hammam en plein air, alimenté par la source chaude réputée. La fatigue va s'évanouir d'un coup de jet magique. La chute de l'eau sur les épaules est miraculeuse. Le bassin se rempli progressivement et devient un jacuzzi.
BONHEUR !
Pendant ce temps là, un âne pâture tranquillement le tapis gras de l'herbe, de chaque côté du ruisseau. L'année dernière, des moutons occupaient ce jardin d'Arcadie. Sur les flancs du vallon, les cailloux nous observent.
Pendant ce temps là, un peu plus loin dans une maison à la cour blanche protégée par d'épais murs qui se fondent dans le paysage, une femme berbère nous prépare un tagine. Cette année, la chèvre remplacera le lapin...

Après le bain, nous remontons sur nos chevaux pour gagner par les ruelles la maison au bout du village où nous attend notre festin. On s'installe dans une grande pièce dénudée aux murs blancs. Un raie de lumière passe à travers la persienne, la porte à battant large ouverte inonde les tapis confortables de lumière. Le luxe des coussins m'étonne encore. Nous nous lavons les mains sous le jet que fait couler notre hôtesse d'un petit arrosoir rond en plastique bleu. L'eau est récupérée dans sont complément en forme de petit sceau, fermé par une bonde à ouverture comme un évier miniature. C'est très cérémonial et sympathique.

Maintenant on peut boire le thé à la menthe et picorer les délicieux gâteaux... Je peste que l'on ne puisse enregistrer les goûts et les parfums dans un appareil, comme les photos. C'est la cruelle invalidité du matériel des voyageurs.

Le pain maison est goûteux, comme un gâteau: un régale en soit. Je le trempe dans l'huile d'argan et dans une autre mixture dont je n'ai pas compris le nom. C'est bon.

Et avec les doigts, je coince les morceaux du délicieux tagine avec le bon pain. J'en salive encore. Notre hôtesse nous ramène un plateau de fruits.

C'est bombance! Il faudrait peu de chose pour ne pas vouloir repartir.

L'opulente et luxueuse richesse de l'Atlantic Palace, semble à mille lieux distante. Et pourtant après ce repas, le contentement bienheureux égale la splendeur des bons moments passés dans le parcours balnéo superbe et régénérateur.
Savoir apprécier chaque chose à sa juste mesure est une des marches pour gagner la Sagesse.

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