GALLUS = COQ
- En latin, les mots « coq » et « gaulois » sont homonymes (gallus). Les Romains se moquaient des Gaulois en les assimilant à l'oiseau braillards, vantard et pas toujours très malin, grâce au jeu de mots facile... De plus ils pouvaient ainsi se gausser que le coq ne faisait pas le poids face à l'aigle romain! Mais l'emblème des Gaulois restait l'alouette.
- Le nom COQ est employé au masculin au XIIe siècle. Il est tiré d'une onomatopée : coccus, en bas latin, et coco, déjà en latin impérial. Coquart signifie fanfaron, coquebert niais ou sot. Le Roman de Renard fait de Chanteclerc, le coq, la dupe attitrée du goupil qui ne cesse de le mettre dans des situations dangereuses ou ridicules.
- Lors de la guerre de cent ans, les Anglais considéraient les Français et plus particulièrement le roi Philippe-Auguste, comme aussi orgueilleux que l'animal de basse-cour. Aux XIIIème et XIVème siècles, ce sont les italiens, hostiles à la présence française dans la péninsule, qui reprennent à leur compte les quolibets anglais de la guerre de Cent Ans quand le fier léopard britannique dévastait les lys et faisait fuir les coqs.
- Cet emblème a donc quelque chose de paradoxal puisque qu'à plusieurs reprises il n'a pas été choisi, mais imposé par les ennemis du royaume... en nous associant au gallinacé de façon peu flatteuse pour ce que nous serions sots et fous quasiment des imbéciles. Certainement par esprit de contradiction, les Français ont gardé l'animal comme emblème, sans oublier de préciser que le coq était cité dans la Bible.... où il y est décrit comme un oiseau courageux, un ami de Jésus-Christ. En effet, il révèle au petit matin le manque de foi de Saint-Pierre. L'oiseau représente la lumière et la foi, il devient ainsi l'ennemi du mal et des ténèbres, etc...
- A la Renaissance le coq redevient attaché à l'idée de Nation française. La mode est à la Grèce antique, le coq blanc, l'oiseau de Jupiter et de Mercure devient célébré et accepté. L'attitude bravade du coq intéresse trois rois de France successifs qui l'adopte emblème..
- Un moine mendiant italien, Jean de Legonissa, dédie vers 1495 à Charles VIII, l'Opus Davidicam. La page de garde s'ouvre avec deux coqs blancs qui soutiennent l'écu de France et foulent aux pieds un serpent et un renard. Il avance trois prophéties. Primo, le coq royal s'empare et règne sur l'empire occidental et oriental enfin converti. Secundo, le coq blanc ''sauve la nef de Saint Pierre et la conduit au port du salut''. Tercio, le coq blanc de la fin des temps rétablit partout joie, abondance et vraie paix. Si bien que Louis XII et surtout François Ier, y firent référence.
- Les rois Valois et Bourbons gardent l'oiseau en emblème mineur, que l'on retrouve sur les gravures, monnaies, en-têtes de papier timbré, peintures, au Louvre et à Versailles.
- Sous Louis XIV, 1665 devient une date clé puisqu'une médaille officielle est frappée à l'occasion de la victoire des troupes françaises à la bataille du Quesnoy contre les Hollandais "le coq gaulois perché sur un olivier met en fuite le lion de Flandre". C'est en effet une étape décisive dans le règlement de la guerre de Succession d'Espagne où le petit-fils de Louis XIV, Philippe V d'Espagne et l'empereur Charles VI du Saint-Empire se disputent le trône d'Espagne. L'armée hollandaise y fut entièrement détruite si bien que la Hollande cessa de mettre obstacle à la paix que voulait l'Angleterre. Les négociateurs français firent des prodiges d'habileté au traité d'Utrecht, l'Angleterre et l'Europe consentirent (qui l'aurait cru ?) à laisser le petit-fils de Louis XIV sur le trône d'Espagne...
- L'usage de cet emblème devient plus fréquent à la Révolution, il orne l'écu du bonnet phrygien et le sceau du Premier consul. Il figure sur toutes les églises et il annonce le lever du jour (le chant du coq - au premier chant du coq, très tôt, dès l'aube). C'est le symbole de la Vigilance, à l'image du Soleil de justice.
- Le Directoire le conserve sur son sceau, il somme le casque de la France.
- Mais ensuite Napoléon Ier n'en veut plus: "Le coq n'a point de force, il ne peut être l'image d'un empire tel que la France."
- L'imagerie populaire s'empare de nouveau du coq lors de la révolution de 1830. Le 30 juillet une ordonnance installe le coq gaulois sur les drapeaux tricolores de l'armée et les boutons d'habit de la garde nationale. Le coq remplaçe l'aigle impériale. Sa patte dextre s'appuie sur une boule marquée du mot France. Sur les figures héraldiques des blasons, le Coq hardi a la patte dextre levée.
- Le sceau de l'État de la IIe République (encore utilisé de nos jours) représente la Liberté assise tenant un gouvernail marqué d'un coq dont la patte est posée sur une boule. Le coq somme la grille du palais présidentiel de l'Élysée du côté des Champs-Élysées, elle est devenue la "grille du coq" et orne la pièce de 20 francs or émise en 1899.
- Lors de la Première Guerre mondiale, le coq gaulois reprend du service et s'oppose graphiquement à l'aigle prussien. La France aux origines paysannes, fière et opiniâtre affirme son sentiment patriotique avec cet animal familier. Et l'exclamation "cocorico!" devient le qualificatif parfois ironique du patriotisme français.
Le coq sur les maillots:
Le coq français
Bien qu'il n'ait jamais été choisi comme symbole officiellement, les fédérations sportives utilisent très souvent le coq comme symbole de la France. Avant 1911, le maillot du XV de France était blanc, avec deux anneaux (rouge et bleu). Mais en 1911, après la première victoire de l'équipe de France, contre l'Écosse, le capitaine Marcel Communeau impose le coq en écusson. Le maillot des Français ne devient bleu qu'à partir de 1945. L'écusson est brodé et multicolore puis doré après 1970.
Bien qu'il n'ait jamais été choisi comme symbole officiellement, les fédérations sportives utilisent très souvent le coq comme symbole de la France. Avant 1911, le maillot du XV de France était blanc, avec deux anneaux (rouge et bleu). Mais en 1911, après la première victoire de l'équipe de France, contre l'Écosse, le capitaine Marcel Communeau impose le coq en écusson. Le maillot des Français ne devient bleu qu'à partir de 1945. L'écusson est brodé et multicolore puis doré après 1970.



























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