- L'amer pour rentrer au port -

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dimanche 20 juillet 2008

Tibet - Histoire

C'est bientôt le début des Jeux Olympiques et bien sûr, les médias immanquablement reparleront du Tibet. Je me suis fait un petit topo historique et géographique sur le sujet afin d'être un peu moins influençable!...
Le Tibet est souvent appelé le 'Toit du Monde', mais il est aussi la 'Source des Fleuves', le Yang-zi Jiang, le Huang He, le Mékong, l'Indus, le Brahmapoutre, le Salween, l'Irrawaddy, le Sutlej y trouvent leur source ainsi que deux des affluents du Gange, le Ghaghara et le Gandaki. Lhassa a toujours été la capitale administrative, historique et religieuse du Tibet. La zone linguistique tibétaine (plus de 5 millions de tibétophones) s'étend sur trois régions et correspond au 'Grand Tibet' historique (2.500.000 km²) ...
M - le Ü-Tsang (prononcé [ytsaŋ] en tibétain) correspond à la province chinoise du Wei-Zang 卫藏 , c'est la Région autonome du Tibet (2.616.000 habitants en 2000),
M - l'Amdo (An-duo 安多) s'étend sur les provinces chinoises du Qinghai et du Gansu,
M - le Kham (Kang 康) partagé entre les provinces chinoises du Xizang, du Sichuan et du Yunnan.
4 Au VIIe siècle, Songtsen Gampo (609 - 650) unifie l'ensemble de ces 3 régions, en y intégrant de larges portions de territoires chinois. Le 33e souverain de la dynastie Yarlung consolide ses conquêtes militaires par d'habiles alliances nuptiales et politiques. Deux de ses nombreuses épouses, la princesse Bhrikuti népalaise et la princesse Wencheng, nièce de l'empereur chinois vaincu, sont bouddhistes et renforcent l'influence du bouddhisme. Songtsen Gampo fonde Lhassa et y fait construire le premier Palais du Potala. L'empereur tibétain organise ce territoire autour de sa capitale où s'installe son administration tibétaine qui utilise une écriture dérivée de l'alphabet indien. Il fait recenser la population, en assimilant d'anciennes populations non tibétaines (des Hans et des Mongols). Il établit des relations diplomatiques avec les pays voisins et envoie des 'étudiants' tibétains en Chine et en Inde car l'influence du puissant voisin indien est alors plus grande que celle de la Chine. Il favorise l'établissement des premiers monastères et écoles bouddhistes. Le bouddhisme devient la religion officielle en 779.
4 En 1260, le lama Drogön Chögyal Phagpa est nommé Régent Impérial par l'empereur mongol Kubilai Khan qui deviendra empereur de Chine (lama signifie 'maître spirituel'). Il devient le premier vice-roi qui gouverne théocratiquement le Tibet central. Le Kham et l'Amdo, les 2 autres provinces de l'ancienne Empire tibétain, restent sous le contrôle mongol direct.
4 En 1368, la dynastie des Ming hérite de la dynastie Yuan le pouvoir d'administration du Tibet.
4 Sonam Gyatso (1543–1588) reçoit officiellement des Mongols le titre de dalaï-lama qui est une combinaison de 'dalai' (mongol='océan de la sagesse') et de 'lama' (tibétain=gurû) qui signifie "professeur à la sagesse grande comme l'océan"... Dans la hiérarchique spirituelle tibétaine, il est suivit par le panchen-lama [Panchen est une combinaison de pan (sanscrit=érudit) et de chen (tibétain=grand) qui signifie 'grand érudit'].
4 En 1640, l'Empereur mongol Güshi Khan envahit le Tibet et place le 5e dalaï-lama comme chef temporel du Tibet.
4 A la fin du XVIIe siècle, le Tibet passe de l'influence mongole à celle chinoise sous la dynastie Qing, après des luttes de pouvoir entre le dalaï lama et les chefs de l'aristocratie tibétaine qui installent à leur profit, une monarchie laïque soutenue par la Chine. Et déjà à cette époque, le chef spirituel des Tibétains est 'surveillé' par un pouvoir temporel manipulé par la Chine. La dynastie mandchoue accentue son contrôle sur le Tibet et établit même un "protectorat" à l'occasion d'une invasion népalaise... sans que les quelques révoltes sporadiques des moines ne bouleversent l'intégration de fait du Tibet à l'Empire du Milieu. L'écriture tibétaine figure parmi les cinq langues de la dynastie Mandchoue des Qing, tout comme les sinogrammes, le mandchou, le mongol et l'ouïghour, sur la majorité des bâtiments impériaux chinois...
4 L'influence de La Chine ne commence à décliner que lorsque l'Empire du Milieu subit des attaques extérieures anglaises et françaises, ce qui permet très opportunément au dalaï lama de reprendre le pouvoir de façon très brève.
4 En 1904, pour consolider l'Empire britannique établi et étendu en Inde, les Anglais pénètrent à Lhassa, ce qui contraint le dalaï lama a fuir en Mongolie. La Chine s'immisce alors dans le conflit et conclue en 1906, un accord international avec la Grande-Bretagne qui reconnaît et confirme la suzeraineté de la Chine sur le Tibet. Toute l'administration tibétaine passe donc sous le contrôle chinois.
4 En 1912, la chute de la dynastie Qing en Chine, permet au 13e dalaï lama de rentrer à Lhassa et de reprendre le pouvoir... Il choisit le drapeau tibétain que l'on connaît et permet au Tibet d'accéder à son indépendance. La suzeraineté chinoise ne reste alors plus que théorique car le Tibet établit des relations diplomatiques dans le monde sous la direction d'un ministère des Affaires étrangères, indépendamment de Pékin. Le régime se durcit jusqu'à la mort du 13e dalaï lama en 1933. La désignation tardive (1940) de son successeur déstabilise le pays sans empêcher un essor économique important.
4 En 1949, le désengagement de la Grande-Bretagne en Asie, l'indépendance indienne et l'instauration de la République populaire de Chine, changent la donne géopolitique de la région. En maintenant l'archaïsme de la société féodale tibétaine, le Pouvoir s'expose aux revendications des réformistes démocratiques et des communistes tibétains pilotés la Chine. Le gouvernement tibétain décide d'une "chasse aux sorcières" contre les Chinois si bien que les relations entre les deux pays s'enveniment.
4 En 1951, l'armée chinoise occupe Lhassa et abolit l'ancienne théocratie féodale. Et depuis, malgré des révoltes tibétaines réprimées, la République populaire de Chine dirige l'administration et l'économie du Tibet. Les moines sont obligés de travailler, les terres sont redistribuées, les corvées de servage envers les seigneurs et le clergé sont abolies, de nouvelles routes construites apportent une modernisation à cette région jusqu'alors isolée. De nombreux Chinois sont encouragés à s'installer au Tibet (actuellement un habitant de Lhassa sur cinq est chinois). Le contrôle de l'administration chinoise se régidifie, les réformes sont radicales et s'opposent aux valeurs traditionnelles tibétaines.
4 En 1959, le dalaï lama s'enfuit en Inde, à Dharamsala et instaure un gouvernement tibétain en exil.
4 En 1965, le Tibet est officiellement déclarée Région autonome au sein de la République populaire de Chine. Depuis la création d'une Assemblée populaire régionale à majorité tibétaine, des aides économiques importantes, des exemptions d'impôts, la reconnaissance de 'la culture tibétaine', une tolérance plus grande pour la liberté religieuse, l'éducation bilingue, les soins gratuits, la discrimination positive (les étudiants d’ethnie tibétaine bénéficient d'un bonus pour rentrer à l'université), n'ont pas suffit à apaiser les revendications autonomistes, voire indépendantistes, des moines tibétains qui sont toujours sévèrement réprimées.
: Plus que la position tampon géo-stratégique du Tibet avec l'Inde, ce sont les ressources tibétaines qui expliquent essentiellement pourquoi la Chine refuse de se désengager de cette région. En effet, le Tibet dispose d'importante ressources minières (bauxite, étain, arsenic, charbon, jade, saphir, quartz, sel, chrome, cuivre, borax, uranium, lithium, fer, or, argent, plomb, zinc et cobalt), hydroélectriques (30% des ressources hydrauliques chinoises) et probablement pétrolifère...
f Hélas les voies d'accès et l'exploitation des gisements miniers, décidées par Pékin, sont le plus souvent été réalisées sans tenir compte de l'environnement. Tant est si bien que les niveaux de pollution des eaux et des sols sont devenus alarmants.
De plus, la réserve forestières a été 'pillé' (déforestation à plus de 80 %...) sans souci de replantation. Les sols dénudés de l'ex-verdoyante région du sud-est, ne retiennent plus l'eau de ruissellement, ils subissent une très forte érosion responsable de violents glissements de terrain et d'inondations dévastatrices en aval.
P.S.1 : Je complète ce billet par un lien vers l'article très intéressant de mon très cher Rémi qui s'est déjà beaucoup imprégné de la réalité asiatique en vivant en Corée, au Japon et en visitant la Chine:
P.S.2 : du 13.03.09 Le cinquantième anniversaire me donne l'occasion d'ajouter un site très documenté sur l'histoire du Tibet - http://www.cosmovisions.com/ChronoTibet.htm

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