Coraux
La France possède un dixième des récifs mondiaux. Les récifs coralliens français couvrent 55.000 kilomètres carrés et sont situés dans les onze collectivités territoriales d'Outre-Mer : la Guadeloupe, Saint Barthélemy, Saint Martin, la Martinique, la Réunion, Mayotte, les Iles Eparses, la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Clipperton. Les récifs calédoniens ont été classés au Patrimoine mondial de l'humanité. Il est nécessaire de constituer des aires marines protégées pour que les 700 espèces de coraux, 6.000 espèces de mollusques et 4.000 espèces de poissons continuent de vivre dans ces écosystèmes marins [Écosystème = Subdivision de la biosphère constituée d'un ensemble d'espèces (biocénose) et du milieu (biotope) où il se déploie].
Au cours du passé, le niveau des océans n'est pas resté constant. Son niveau actuel dépasse de 120 mètres celui qu'il avait au moment du plus fort de la période glaciaire, il y a 20.000 ans. La fluctuation du niveau des eaux a donc été de grande ampleur, mais sa progressivité a permis la formation et la croissance des récifs coralliens.
Cinq forages réalisés dans le récif d'Urélapa de l'île d'Espiritu Santo -Vanuatu, on permis de reconstituer l'histoire de ce vieux récif postglaciaire du Pacifique dont la croissance en continu couvre 17.000 ans (entre 23.000 ans et 6.000 ans avant notre ère). Les analyses sédimentologiques, paléontologiques, radiochronologiques (datation des coraux), paléoécologiques (étude des organismes fossiles tels que coraux, algues, mollusques) et la morphologie des coraux et des espèces d'algues calcaires associées, apportent de précieuses informations sur le développement du récif selon deux modes de croissance successifs adaptés aux variations des conditions environnementales (niveau marin, salinité, quantité de nutriments, températures).
De ~ 23.000 à ~ 11.300 ans avant nos jours, le récif constitué de coraux ramifiés et d'algues rouges s'est développé de façon continue en milieu peu profond (moins de 6 mètres) au fur et à mesure de la remontée des eaux en constituant une trame récifale encroûtante spécifique des petites profondeurs.De ~ 11.300 à ~ 6.000 ans, les espèces coralliennes dominantes sont de forme plus massive et qui vivent plus profondément(10 à 20 m).
L'écosystème marin récifal est donc très complexe. L'histoire nous montre qu'il possède une étonnante capacité adaptative à l'évolution de l'environnement marin. Mais l'actualité nous montre aussi qu'il est très fragile. Depuis les mesures humaines, un cinquième des récifs coralliens aurait disparu suite à l'activité humaine. Elle génère un afflux de particules dans les eaux qui étouffe les coraux. Directement avec la dispersion des eaux usées riches en polluants chimiques (métaux, hydrocarbures, polluants organiques persistants, pesticides, cyanures) et chargées bactériologiquement, indirectement avec la déforestation qui augmente le ravinement des eaux de pluie qui relargue des effluents plus turbides. Les agents protecteurs des crèmes solaires arrêtent les U.V. nécessaires à la vitalité des zooxanthelles symbiotiques. Le réchauffement de la température de l'eau provoque le blanchissement des coraux qui expulsent des algues microscopiques colorées symbiotiques (1998 a été une année marquée par un important blanchissement).
A tout cela, s'ajoute le piétinement des touristes, les prélèvements de matériaux de construction (sable et blocs coralliens) et les aménagements de ports qui provoquent une destruction directement visible. L'Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) et l'Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor) dressent un bilan mondial alarmant: 19 % de ses récifs ont disparus, 15 % sont en danger et risquent de disparaître dans les dix ou vingt prochaines années.






























Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire