Todtnauberg
Les souvenirs demandent quelques efforts de mémoire pour devenir plus précis et parfois des recherches.
J'ai toujours gardé un souvenir de bonheur de mon premier 'grand' voyage. En 1967, mes grand-parents Fauvel et mon oncle Jacques, m'avaient emmenés avec eux dans leur voyage jusqu'en Forêt Noire - Schwarzwald.
Les préparatifs du voyage avaient été l'occasion de courses complètement inhabituelles. Au Havre, Mamie Cécile m'avait emmené dans une maroquinerie! pour acheter une trousse de voyage. Je l'avais choisie en cuir noir avec un fond rouge. Je l'ai toujours gardée depuis comme un trésor inestimable, elle m'accompagne dans tous mes voyage!
Je me souviens assez confusément d'un sentiment d'impatience extrême, d'une hâte secrète et que je n'avais probablement pas due exprimer. Pour découvrir l'itinéraire méticuleusement établi par Pépère Fredo, je devais attendre chaque étape qui annonçait la suivante. La Normandie derrière nous, la visite de la cathédrale d'Amiens ouvrait les commentaires de mon grand-père sur l'art gothique. Puis celle de Reims fut l'occasion de parcourir l'histoire de France. Je n'oublie pas la visite des caves de Champagne à bord d'un petit train. Après les scènes rurales assez pauvres de Lorraine, la beauté de la place Stanislas de Nancy m'avait complètement conquis. La conquête du ballon de Guebwiller fut mon premier exploit de marche. L'Alsace était fascinante et si différente. C'était le domaine des cigognes! Le vieux château de Haut-Koenigsbourg m'emportait dans le monde médiéval comme je ne l'avais jamais imaginé, Thierry La Fronde combattait dans des murs moins extraordinaires. La très belle cathédrale de Strasbourg était intimidante, et seuls les facéties de son horloge astronomique ont pu en dégager le vertige.
Après ce long voyage en Deux-cheveaux, nous avions pris pension dans un joli village entouré de collines, Todtnauberg. J'ai eu beaucoup de mal à en retrouver l'orthographe correcte. Delà nous avions fait de nombreuses excursions, Schluchsee, Titisee, la piscine impressionnante de Freibourg avec de grandes verrières... Les meilleurs souvenirs restent le retour sonore des vaches le soir à l'étable. J'avais été complètement bluffé, elles rentraient toutes seules en bringueballant leur cloche autour du cou. C'était inimaginable pour un p'tit normand qui ne les voyaient habituellement que tranquillement perdue au milieu des champs. Le deuxième souvenir indélébile était le goût délicieux des tartes aux myrtilles, ce fruit très exotique pour moi à cet époque, recouvertes de crème fouettée. "Mit oder ohne Sahne?" ma réponse était toujours la même, "Mit bitter" ! Et je m'en pourléchais certainement très maladroitement les lèvres! C'était aussi l'attrait de mes premières photos, prises avec une précieuse boite photographique très rudimentaire que m'avait donnée Mamie Cécile. En grand conservateur, cet instrument 'antique' fait partie de ma collection d'objets divers...
En recherchant des informations sur le net à propos de Todtnauberg, j'ai découvert que Martin Heidegger y avait un chalet. Je ne serais pas surpris que mon grand-père ait choisi cette destination pour marcher sur les pas de l'érudit et peut-être méditer ... Est-ce la raison de cette destination, je ne le saurai jamais probablement. Étonnement supplémentaire, mon voyage date de juillet 1967, c'est aussi la date de la rencontre de Celan avec le philosophe. Le poète écrivit un poème intitulé Todtnauberg et une lettre à Franz Wurm, datée du 7 août 1967 qui évoque sa visite à Todtnauberg et dit que « tout s'était très bien passé ».
Tout comme le retour de se voyage qui permit de découvrir les Chutes du Rhin, la sévère Genève et son fantastique jet d'eau... (j'étais si triste qu'il n'y ait pas de chalet en ville!...) et l'aiguille du Midi à Chamonix.
Arnika, Augentrost, derTrunk aus dem Brunnen mit demdraft Sternwürfel drauf,in derHütte,die in das Buch- wessen Namen nahms aufvor dem meinen? -,die in dies Buchgeschriebene Zeile voneiner Hoffnung,heute, auf eines DenkendenkommendesWortim Herzen,Waldwasen, uneingeebnet,Orchis und Orchis, einzeln,Krudes, später, im Fahrendeutlich,der uns fährt, der Mensch,der's mit anhört,die halb- beschrittenen Knüppel -pfade im Hochmoor,Feuchtes,viel.



























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