- L'amer pour rentrer au port -

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jeudi 14 juin 2012

Langue bretonne


Au cours d'une agréable discussion avec Maurice Pantaloni, sous la pluie après le dépouillement des votations du premier tour, au coin de la rue, j'ai avancé que le premier livre occidental en langue vulgaire, autre que le latin, avait été écrit en breton ... mais j'avais été très imprécis et inexact !
En fait c'est un traité de botanique qui est le plus ancien, davantage que les textes en langue allemande ou française. Et non pas la bible à laquelle j'avais fait allusion qui est effectivement beaucoup plus tardive. Il y avait du flou sur l'objet de mon souvenir, ainsi que sur les dates ! Désolé, j'apporte correction et précision avec un extrait d'un billet de mon blog en 2007 :
  • Le plus ancien manuscrit breton connu est antérieur au plus ancien manuscrit français! Il est conservé à la bibliothèque de l'université de Leyde aux Pays Bas. C'est un traité de botanique, daté de 590, PARTIELLEMENT écrit en breton.
  • La première traduction de la Bible en breton devance la traduction française grâce à Anne de Bretagne qui l'avait fait traduire tout spécialement pour sa fille Renée de France, Duchesse de Ferrare !
  • Le premier dictionnaire breton connu est aussi le plus ancien dictionnaire français (dictionnaire trilingue ! breton/français/latin daté de 1464 écrit par Jehan Lagadeuk). Il est appelé le catholicon.
Du coup, j'ai fait d'autres recherches sur le 'Breton' en tant que langue, j'ai lu grâce à Madame Lacqueline Le Nail, bibliothécaire, sur la page :
- qu'un méchant homme, ministre de l’Instruction publique, Anatole de Monzie, en 1925 osa dire :
 « pour l’unité linguistique de la France, la langue bretonne doit disparaître ».
Zut ! 
Pour tous les Bretons, il est voué aux gémonies !
Jacqueline Le Nail semble bien valider ces infos que j'avais rassemblées.
Par ailleurs, j'ai lu le site :
                              qui fait une présentation élégante de langue bretonne, mais pas toujours très exacte. Car d'après le très intéressant exposé d'Annie Dennery sur les notations musicales du Moyen Age " Les Bretons, (ne seraient pas les) inventeurs des neumes " comme l'avançait Tybreton. Dommage, c'était plaisant. 

Une recherche sur Persée présente un compte rendu de l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres bien intéressant. Est-ce que tout le monde est toujours d'accord ?
 
Mais la résistance des Bretons arrivait à son terme. En fait, il semblerait que la moindre utilisation du breton à la fin du Moyen-Age comme langue de communication par la bourgeoisie et la noblesse, s'expliquerait beaucoup par un désir de 'Modernité', car dès le XIIème siècle le duché de Bretagne avait abandonné le latin pour le français, la langue du prestigieux voisin, comme langue administrative bien plus d’un siècle avant que François 1er ne l'imposa ... en France.
Patatras, cela s'est retourné contre les Bretons qui se sont ensuite faits 'baisés' par les Français, politiquement, fiscalement, commercialement et administrativement. 
Vive Richelieu et ses successeurs.

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