Langue bretonne
Au cours d'une agréable
discussion avec Maurice Pantaloni, sous la pluie après le dépouillement des votations du premier tour,
au coin de la rue, j'ai avancé que le premier livre occidental en
langue vulgaire, autre que le latin, avait été écrit en breton ... mais j'avais
été très imprécis et inexact !
En fait c'est un traité de
botanique qui est le plus ancien, davantage que les textes en langue allemande
ou française. Et non pas la bible à laquelle j'avais fait allusion qui est
effectivement beaucoup plus tardive. Il y avait du flou sur l'objet de mon
souvenir, ainsi que sur les dates ! Désolé, j'apporte correction et précision
avec un extrait d'un billet de mon blog en 2007 :
- Le plus ancien manuscrit breton
connu est antérieur au plus ancien manuscrit français! Il est conservé à la bibliothèque de
l'université de Leyde aux Pays Bas. C'est un traité de botanique, daté de 590, PARTIELLEMENT écrit en
breton.
- La première traduction de la Bible
en breton devance la traduction française grâce à Anne de Bretagne qui l'avait
fait traduire tout spécialement pour sa fille Renée de France, Duchesse de
Ferrare !
- Le premier dictionnaire breton
connu est aussi le plus ancien dictionnaire français (dictionnaire trilingue !
breton/français/latin daté de 1464 écrit par Jehan Lagadeuk). Il est appelé
le catholicon.
Du coup, j'ai fait d'autres
recherches sur le 'Breton' en tant que
langue, j'ai lu grâce à Madame Lacqueline Le Nail, bibliothécaire, sur la page
:
- qu'un méchant homme, ministre de
l’Instruction publique, Anatole de Monzie, en 1925 osa dire :
« pour l’unité linguistique de la France, la langue
bretonne doit disparaître ».
Zut !
Pour tous les Bretons, il est voué
aux gémonies !
Jacqueline Le Nail semble bien
valider ces infos que j'avais rassemblées.
Par ailleurs, j'ai lu le site
:
qui
fait une présentation élégante de langue bretonne, mais pas toujours très
exacte. Car d'après le très intéressant exposé d'Annie Dennery sur les notations
musicales du Moyen Age " Les Bretons, (ne seraient pas les) inventeurs
des neumes " comme l'avançait Tybreton. Dommage, c'était
plaisant.
Une recherche sur Persée présente
un compte rendu de l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres bien
intéressant. Est-ce que tout le monde est toujours d'accord ?

Mais la résistance des Bretons arrivait à son terme.
En fait, il semblerait que la moindre utilisation du breton à la fin du
Moyen-Age comme langue de communication par la bourgeoisie et la noblesse,
s'expliquerait beaucoup par un désir de 'Modernité', car dès le XIIème
siècle le duché de Bretagne avait abandonné le latin pour le français, la langue du prestigieux voisin, comme langue administrative bien plus d’un siècle
avant que François 1er ne l'imposa ... en France.
Patatras, cela s'est retourné contre les Bretons qui
se sont ensuite faits 'baisés' par les Français, politiquement,
fiscalement, commercialement et administrativement.
Vive Richelieu et ses
successeurs.



























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