- L'amer pour rentrer au port -

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mardi 23 mai 2006

Biodiversité - Sélection disruptive

La biodiversité c’est la diversité des espèces et des milieux dans lesquels elles vivent. La biodiversité, c’est aussi la connaissance et l’inventaire des espèces présentes sur terre. Il s’agit de décrire et répertorier toutes ces espèces. C'est également la diversité génétique de ces espèces et la diversité des systèmes écologiques (fleuves, lacs, tourbières, etc.) dans lesquels elles vivent et dans lesquels elles ont évolué.

S’intéresser à la biodiversité, c’est donc s’intéresser à la dynamique et aux interactions entre les espèces, leurs gènes et les écosystèmes. Quels sont les impacts des activités humaines dans cette diversité ?

Le 22 mai est proclamé Journée mondiale de la biodiversité.

Vingt-cinq "points névralgique de la biodiversité" (hotspots), où des concentrations exceptionnelles d'espèces endémiques sont soumises à d'exceptionnelles pertes d'habitat.

D'après Myers et al (2000)

http://www.futura-sciences.com/news-journee-biodiversite-week-end-decouverte-preserver_8936.php

http://www.x-environnement.org/Jaune_Rouge/JR01/hadley.html

  • 16 119 : nombre d'espèces menacées d'extinction, selon la liste rouge 2006 de l'Union mondiale pour la nature (IUCN). On distingue, dans l'ordre décroissant, les espèces en danger critique d'extinction, en danger vulnérables, quasi menacées, et celles qui sont une préoccupation mineure.
  • 15 000 000 : estimation moyenne du nombre d'espèces peuplant la Terre.
  • 1 800 000 : nombre d'espèces décrites par les naturalistes.
  • 2 180 : nombre d'espèces en péril en Equateur, pays où la biodiversité est la plus menacée, devant les Etats-Unis (1 178) et la Malaisie (917).
  • 644 : nombre d'espèces menacées sur le territoire français, dont 133 en métropole. La France se situe au neuvième rang mondial.
  • 784 : nombre d'espèces éteintes depuis l'an 1500.

On sait comment et pourquoi les espèces viennent à disparaître. Appréhender les mécanismes qui président à leur naissance est plus délicat. Une récente étude, menée sur deux espèces de poissons du lac Apoyo, au Nicaragua, démontre sans équivoque l'existence d'un processus de spéciation - c'est-à-dire de séparation d'une espèce en deux espèces-filles - qui n'était, jusqu'à présent, que timidement suspecté par la théorie de l'évolution.

  • La doxa veut qu'au sein d'une population homogène deux groupes doivent être séparés - donc soumis à des pressions environnementales différentes -, et ce pendant de longues périodes, pour qu'ils se différencient en deux espèces distinctes. C'est la "spéciation allopatrique".
  • Récemment publiés dans la revue Nature, les travaux de l'équipe d'Axel Meyer, chercheur au département de biologie de l'université de Constance (Allemagne), permettent de démontrer que deux espèces peuvent provenir d'une même population sans avoir été géographiquement séparées. Ce que les spécialistes appelleront un cas de "spéciation sympatrique".

Axel Meyer et ses coauteurs ont jeté leur dévolu sur un petit lac de cratère (5 km de diamètre et 200 m de profondeur) dont ils savent qu'il s'est formé voilà moins de vingt-trois mille ans. Dans ce lac se trouvent deux espèces de cichlidés - Amphilophus zaliosus et Amphilophus citrinellus - dont l'analyse génétique montre qu'elles sont monophylétiques, c'est-à-dire issues d'une seule espèce. "Les chercheurs montrent également qu'il y a des différences écologiques entre les deux populations, grâce à l'analyse des contenus stomacaux et des dents pharyngiennes". Pourquoi deux espèces se sont-elles différenciées ? "L'ancêtre commun aux deux espèces est un poisson de rivière qui vit à de faibles profondeurs. Ces animaux arrivent dans un lac dont la colonne d'eau est de 200 mètres environ. Il va donc y avoir des possibilités de spécialisation : certains vont demeurer près des rives, d'autres vont exploiter les niches écologiques situées en profondeur." Ainsi, alors qu'aucune barrière physique ne les sépare, les deux groupes vont évoluer très rapidement - en moins de vingt-trois mille ans - vers deux espèces distinctes. "SÉLECTION DISRUPTIVE" Les auteurs de ces travaux invoquent un processus de "sélection disruptive". Soumis à un changement d'environnement, un petit groupe peut évoluer de façon à favoriser les individus situés aux deux extrêmes d'un trait de caractère - par exemple les géants et les nains. Le processus de spéciation sympatrique, démontré dans le règne animal sur un unique cas, est-il une banalité de l'évolution ? Il pourrait expliquer, par exemple, la grande diversité d'espèces de poissons des récifs coralliens. Ou encore l'existence de plusieurs centaines d'espèces monophylétiques de cichlidés dans certains grands lacs africains, comme par exemple le lac Tanganyika.

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La naissance des espèces, un processus à surprises LE MONDE 22.05.06 13h17 • Mis à jour le 22.05.06 13h17

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