- L'amer pour rentrer au port -

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dimanche 1 octobre 2017

L H - Phare de la Hève

Émile Wanhout,
Les Phares de la Hève,
Tirage à partir d’une plaque de verre,
Le Havre, archives Municipales
« La navigation au large de la Hève est si dangereuse qu’une tour à feu, dénommée feu des Castillans, est bâtie dès le xιve siècle sur le groin de Caux pour signaler les écueils aux navigateurs. Il n’en reste plus trace quand, en 1765, la chambre de commerce de Rouen, qui assure l’administration des phares et balises de la Seine et de la Manche, décide de construire deux phares au sommet de la falaise de la Hève.  
D’une belle architecture néoclassique due à Paul-Michel Thibault, ces phares, séparés de 97 mètres l’un de l’autre, entrent en service en 1775. Les deux phares du cap de la Hève font l’objet de la première application de la lumière électrique dans les phares en 1863. Trente ans plus tard, le feu du phare sud est éteint quand celui du phare nord est modifié en feu électrique scintillant avec une périodicité de cinq secondes, rythme toujours utilisé de nos jours. Sa puissance est alors multipliée par cinq cents environ. Dans Pierre et Jean, paru en 1889, Guy de Maupassant compare ces phares hauts de 17 mètres à des « cyclopes monstrueux et jumeaux ». La promenade aux phares devient une sortie à la mode pour les Havrais et entraîne le développement d’une véritable économie touristique avec l’installation de restaurants et l’arrivée du tramway à leurs pieds. En 1924, les lampes sont remplacées par des lampes à incandescence. Le phare de la Hève est alors le plus puissant d’Europe avec une portée lumineuse de 26 milles marins. La tour sud sert à partir de cette époque de feu d’alignement rouge.  
Les phares sont détruits durant les bombardements de 1944 et sont aujourd’hui remplacés par le phare actuel, construit en 1951 par l’architecte Henri Colboc. » 
Je me souviens dans mon enfance que le puissant rayon de ce phare balayait le mur, couvert d'un papier peint jaune avec un motif vermiculé, en face de mon lit dans notre maison rue d'Ignauval à Sainte-Adresse. J'aimais son jeu régulier et pour laisser son rythme incessant nous bercer, on n'occultait pas avec des rideaux ou des volets, la fenêtre qui donnait à l'ouest. Je ne comptais jamais bien longtemps les passages lumineux apaisants avant de tomber dans un profond sommeil.
Source : MuMa

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