- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 25 octobre 2008

Il est très intéressant de lire a posteriori, les infos plus précises sur les évênements récents, cela permet de mieux comprendre leur portée historique...
selon l'économiste russe Andreï Illarionov, un ex-conseiller de M. Poutine.
... la guerre russo-géorgienne de l'été ... a constitué la plus grande secousse dans la région depuis l'éclatement de l'URSS...
Premièrement, le pouvoir de Vladimir Poutine avait décidé de tenter de renverser par différents moyens le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili dès 2004, un an après son arrivée au pouvoir à Tbilissi. Le conflit du mois d'août fut une étape spectaculaire de cette stratégie, qui n'a cependant pas atteint son but.
Secondement, Mikheïl Saakachvili a coupé court aux plans des militaires russes en lançant, le 7 août, ses forces à l'assaut de Tskhinvali, le chef-lieu d'Ossétie du Sud. Il a ainsi gagné le temps nécessaire pour rallier des soutiens à l'étranger et prévenir une entrée des forces russes dans sa capitale, Tbilissi. ... " L'objectif russe était de renverser Saakachvili, de rentrer dans Tbilissi sous couvert d'une révolution ou d'un coup d'Etat accompagné d'incidents militaires ... sans que cela n'émeuve grand-monde à l'étranger " ... C'est au printemps 2004 que le pouvoir russe a commencé à vouloir se débarrasser de M. Saakachvili, qui venait de reprendre le contrôle de la région de l'Adjarie. Dans les années suivantes, les réformes économiques menées par la Géorgie, susceptibles de fournir des arguments pour un rapprochement de la Géorgie avec les structures euro-atlantiques, avaient accru le ressentiment de Moscou. Les Russes avaient alors tenté d'étouffer la Géorgie sur le plan énergétique. Tbilissi fut l'objet de diverses formes d'embargo et de déstabilisation. A l'été 2008, déjouant apparemment l'attention des services de renseignements occidentaux, Moscou prépare son assaut en massant d'importantes forces armées face à l'Ossétie du Sud, sous couvert de manoeuvres militaires. Le 7 août, affirme l'ancien " sherpa ", avant même l'attaque géorgienne contre Tskhinvali, les forces russes et ossètes en Ossétie du Sud ... comptaient environ 20.000 hommes. Plus de 200 tanks russes se trouvaient déjà sur ce territoire séparatiste. En face, l'armée géorgienne ne disposait que de 42 tanks, dans la région de Gori, et d'environ 4.000 hommes, le gros de ses forces étant soit en Irak, soit face à l'Abkhazie. Le 7 août, en prenant les devants, le président géorgien " a sacrifié trois choses ", selon M. Illarionov :
> " son armée "... détruite mais les trois jours de combats ont ... ralenti l'avancée russe et permis de mobiliser la communauté internationale ,
> " sa réputation " - la responsabilité du conflit allait pouvoir lui être imputée -,
> " les deux régions " sécessionnistes. "
Mais le président Saakachvili a aussi gagné trois choses :
> il est resté en vie,
> la structure de son pouvoir a été maintenue,
> ses réformes vont recevoir un fort soutien financier occidental. "
... le principal " maillon faible " dans l'ex-URSS est désormais l'Ukraine.

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