- L'amer pour rentrer au port -

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dimanche 1 octobre 2006

Mes grands-pères

J'avais d'abord inséré ce billet dans l'article de François Bayrou. Il rebondissait sur l'Etat Civile et sur la Claque de Strasbourg... Mais finalement je préfère le publier à la suite en écho.
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Pendant de longues années, mon grand-père paternel a été Secrétaire de Mairie à Gainneville (76). Il tenait le Registre d'Etat civile. Peut-être, est-ce une des raisons de ma grande sensibilité sur ce sujet. Certes, l'Etat civile d'une Personne est juridiquement très important, mais il est aussi historiquement essentiel pour l'individu. J'ai découvert à la mort de mon grand-père en lisant le carnet militaire de son père que je portais le nom de sa mère, Marie-Césarine Fauvel, et nom pas celui de son père, Honoré L'Hospice!... Ah! les secrets de familles ont la vie dure.
.../... CLAQUE et CLAQUE ...
Mon grand-père Alfred, je disais pépère Frédo à l'époque, ne m'a jamais mis de claque. Sa prestance sévère et rigoureuse, lui permettait tout simplement de se passer d'avoir à nous menacer de nous en coller une! Jamais mon frère et moi, nous n'aurions eu l'idée de faire quoi que ce soit de travers.
Mon grand-père maternel, Pierre ou mieux pépère Pierrot, m'en a collé un seule. Mais, je m'en souviens encore...
Je passais le début de mes vacances en tête à tête avec lui, à Locquirec en Bretagne. J'avais peut-être 13 ans. C'était au mois de juin au fond du jardin. Comme j'étais bien sage, je l'accompagnais à la chasse aux merles dans le verger qui me paraissait tellement extraordinaire. Après qu'il eut tiré avec la carabine et abattu le merle pilleur du jardin, Il m'a confié la carabine, déjà rechargée, pendant qu'il allait ramasser son tableau de chasse pris dans la haie luxuriante au milieu des seuls bambous que je connaissais... et confèraient un charme exotique unique à ce petit paradis. Et moi resté en arrière, je fus pris d'une envie incontrôlée, sans réfléchir, j'ai appuyé sur la gachette et tiré dans la terre devant moi, et ... je n'ai pas eu le temps de respirer qu'avec une vitesse surnaturelle pépère était déjà sur moi et ... la claque aussi! Ce fut notre secret, la claque avait été aussi violente que la peur qui l'avait eu pour moi et qui l'avait bouleversé aussi brutalement que le tir. J'étais honteux de mon inconscience, ... je n'avais même pas eu l'idée de lui demander la permission de tirer, alors qu'il me l'aurait assurément accordée. J'étais si sage... Dès que je retourne à Locquirec, ma première ballade m'emmène respirer au milieu des pommiers du verger, entre les talus hirsutes au milieu de l'herbe folle, vers le chétif bambou qui survit. J'aime cet endroit.

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