- L'amer pour rentrer au port -

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samedi 28 octobre 2006

Vincent Delecroix

"..., ces petits fragments de souvenirs, ces tessons de sensations qui affleurent à la surface de mon existence ou qui insistent désagréablement sur la couche supérieure de mon épiderme." p.28
J'aime assez la pertinence de Vincent Delecroix, en dépit de l'atmosphère somme toute assez sinistre de l'histoire. Elle est racontée à plusieurs personnages. Et assez habilement, la narration progresse entre les chicanes de leurs remarques... Le procédé est exploité de façon assez peu commune et d'une façon plus élégante que la lourdeur absconde du 'Nouveau roman'...
¨ Ce soir, j'en termine la lecture... Alors que Vincent dans une course éperdue dans les jardins de Versailles pour rattraper un piccolo gatto nero - Monsieur Dunkel -, Vincent perd la lettre tant attendue de son ex-bien-aimée, Vincent tombe en arrêt extatique devant le gracieux reflet de Maren, une passion commence, ... Elle continue pour moi allongé sur le canapé au doux contact du cuir. Je respire dans la maison du bonheur. Autour de moi, mes deux filles jouent à la game cube avec leur cousine, Mélanie, en vacances chez nous ainsi qu'Aliciane (une copine d'équitation de Delphine).
¨ Finalement, en essayant de retrouver ce qui est perdu, on trouve ce qui nous attendait... si l'on veut se donner la peine de chercher.
¨ J'aime bien le commentaire d'Erwan Desplanques trouvé sur le net:
"Chez le coiffeur, les philosophes veulent toujours couper les cheveux en quatre. Qu’ils glosent sur leur dernière rupture amoureuse ou qu’ils évoquent leur prochaine biographie de Kierkegaard, ils pinaillent, cogitent et ergotent. Le héros de Vincent Delecroix est un philosophe drôle, à l’image de l’auteur, un cérébral sympa, un peu jobard et lunaire, planté là, dans l’agora d’un salon de coiffure, à disserter sur sa douleur entre deux coups de ciseaux. Tandis qu’on lui rabote la nuque, le bonhomme ratiocine sur la philosophie danoise, digresse sur son ami spécialiste de Husserl devenu lanceur de javelot, parle de sa fiancée qui est perdue et de l’argent de poche qu’il gagne en trimbalant des touristes dans un minibus. C’est ce décalage qui fait la force du livre, cet hiatus si fécond entre gravité de pensée et trivialité de contexte. Entre un point de départ minuscule et le récit ingénieux que Delecroix en tire, un texte capillo-ciselé où se mêlent dérision douce et réflexion sur l’existence. De fait, la pensée de Kierkegaard infuse tout le roman avec la discrétion du palimpseste. Vincent Delecroix tricote sa fiction comme un conte voltairien, préférant la fausse légèreté à la thèse péremptoire. Dès lors, se faire élaguer le caillou devient aussi une métaphore de la perte. "

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